‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 689 sur 761 · CHAPITRE CCXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXVII

Gouuucnt la famine, la fiuerre et U pestilence bit grande et merveilleuse en plusieurs pajrs.

\u commencement de cet an, en continuant de mal en pis, la famine universelle , dont en autre lieu est faite mention, commença derechef être si très grande et si détroile que c'étoit piteuse chose à voir les pauvres gens mourir en grand' multitude par le moyen d'icelle famine. Et avecque ce fut très grand' mortalité en diverses parties du royaume de France, et par spécial en la comté de Flandre, et plus eo la ville de Bruges que ailleurs, et pareillement dedans la cité de Paris ; et d'autre part, la guerre étoit très âpre et dure merveilieuseoient en plusieurs divers lieux et pays. Pour lesquels trois inconvénients, plusieurs nobles hommes, et généralement tout le peuple du dit royaume et des pays à l'environ, furent en moull grande et douloureuse perplexité et moult amalis. Et entre-temps, les François qu'on nommoit en commun langage les ècorcbeurs , se tenoient en grand nombre sur les marches de Bourgogne, où ils faisoient de très grands et innumérables dommages, tant de prendre forteresses et prisonniers comme de luer et ravir hommes et femmes, tant nobles comme autres, en toute et pareille manière comme eussent pu faire les ennemis et adversaires du pays. Lesquelles entreprises venues Ct la connoissance du duc Philippe de Bourgo-

gne, en eut au cwur grand' déplaisance, tout pour l'amour du bien; aussi de la famine comme pour les mortalités qui étoient en plusieurs lieux de ses pays.

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