‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 697 sur 761 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Ternement, il envoya devant la dite forteresse certain nombre de gens de guerre , sous la conduite d'aucuns de ses capitaines , c'est à savoir Valeran de Moreul et Guy de Roye , et aucuns autres , lesquels les assaillirent et mirent à tel meschef qu'ils se rendirent en la volonté du dit comte d'Elampes. Desquels il fit pendre de vingt à trente , et la dite forteresse fut remise en la main du dessus dit Guy de Roye. Pour laquelle exécution le dit seigneur de Moy, qui étoit capitaine de Glermont , fit dedans bref temps ensuivant plus forte guerre que par avant à la ville de Mont-Didier, pour quoi il convint commettre en plusieurs lieux gens d'armes en garnison , tant en villes comme en forteresses , contre le dit seigneur de Moy.

Et par ainsi, toutes les marches à l'environ d'un côté et d'autre furent exilées et gâtées, et eurent plus à souffrir que devant et durant (rieine guerre

Et d'autre part , les Anglois prirent en ces propres jours les forteresses de Saint-Germainen-Laye et de Gerberoi, non mie de force, mais d'emblée ; et y mirent très grands garnisons, dont les Parisiens eurent moult à souffrir.

En ce même temps, advint une très grande, cruelle et merveilleuse chose en un village près d'Abbeville, car une femme y ftat prise et accusée d'avoir meurdri plusieurs petits enfants, lesquels elle avoit démembrés et salés secrètement en sa maison. Si fut celle grande cruauté accusée par le moyen d'aucuns brigands qui par nuit vinrent en sa maison et en trouvèrent des pièces, et pour cette cause ftit prise ; et après qu'elle eut connu sa malice, fut arse et exécutée par la justice du dit lieu d'Abbeville en Ponthieu.

Au temps dessus dit, ceux de Bruxelles eurent grand discord et dissension contre ceux de Louvain, Malines et autres bonnes villes de Brabant, pour ce qu'ils contraignirent par tout le territoire d'Anvers porter les blés en leur ville, au grand préjudice des bourgeois d'icellës bonnes villes, auxquels les blés étoient. Et pour eette cause s'émut très grande guerre et dissension entre ceux de Malines et eux, car les dits de Malines tendirent leurs chaînes sur la rivière, par quoi rien ne pouvoit aller à Bruxelk^ ; et assez tôt après coururent en armes l'un

contre l'autre; et en y eut plusieurs mis à mort entre icelles parties. Néanmoins, depuis, le duc de Bourgogne et son conseil y mirent moyen, et les apaisèrent de leur dissension.

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