LIVRE SECOND
' Mam un sien écuyer de récuyerie, nommé ' Dunol, de l'avoir voulu empoisonner, & la re- ' quile ei inslanoe, comme on disoit , d'aucuns ' grands seigneurs de l'bôlel du roi de France : I si fut pour cette cause très durement gêné , I questionné et examiné, et après noyé par Duit
■ en l'eau de Loir* ; mais du surplus fut peu de
■ nouvelles que la besogne vint à clarté contre il ceux qui étoient suspeclionnés.
! Durant aussi le temps dessus dit, si s'avan-
t cèrent environ huit vingts saquemenls de l'hô"
j tel du roi Charles, et allèrent au pays de
1 Hainaut, en une ville nommée Haussy, en
g laquelle avoit bel ehftlel ; et se logèrent là , et
:: s'y tinrent deux ou trois Jours. Si composèrent
I plusieurs villes et villages , tant de Hainaut
1 comme de Cambrésis, à grand' finance. Durant
j lequel temps , messire Jean df Croy, bailli de
t Hainaut , assembla aucune puissance de gens
^ d'armes au Quesnoy-le-Comte , et s'en vint
t pour les détrousser; mais une partie se retra-
. birent au dit ehâtel, lesquels furent tantôt as-
, saillis. Auquel assaut fut mort un moult notable
, geatilhomnoe assez ancien , nonuné Lordenois
, d'Oslerne. Et depuis fut fait traité du dit bailli
, avec iceux , par tel si qu'ils se départiroient
, en délaissant ce qu'ils avoient pris ; et avee ce
I lui donnèrent une somme d'argent, afin qu'il
les laissât partir. El en y avoit eu plusieurs
morts et détroussés , qui avoient été trouvés
en la dite ville de Haussy. Si se partirent tous
ensemble pour eux tirer vers la ville de Laon ;
Biais ils furent rencontrés des gens du eomle
de Saint-Pol, vers le pont au Nouvion , et du
tout détroussés , et la ph» grand' partie y de-
inenrërent morts en la place.