ALLOCUTION SUR LE SALUT
PAT. LL It. P. LB1 J.
Quid prodest homini si mundum . inimœ vero s:
Ututur?
se. vira à un bjmn.e d'avoir g l'univers, s'il vient à perdre son âruef (Malin., \\\.
Voyez-vous, M. E. : ces deux mots de Dieu, les comprenez-vous ? voulez-vous bien I - garder dans votre cœur: quid prodest. Ces deux paroles sont une lumière notre intelligence, et si vous les comprenez, le S m'accorde la grâce de vous taire comprendre ces deux mots, non seulement le succès de la retraite est assuré, mais encore tous feront une bonne communion, maiaj vous deviendrez des saints, et encore plus, vous de1, drez des apôtres. Voila qui est étonnant, n'est-ce pas! M. E. : vous ne savez pas la différence entre un saint et un apôtre; elle consiste uniquement dans la manière d un enfant, un élu du ciel, a compris ces mots : quid prai
dest? et s'il les a compris, il s'écrie : Mon âme! Il faut que je sauve mon âme! Il faut que j'arrive au Ciell Parler ainsi, c'est avoir bien compris ces deux mots : quid prodest? Mais un apôtre a compris mieux encore, et il dit dans son cœur, non content de sauver son âme, il en voit tant qui se perdent, il dit dans son cœur à Dieu : « Donnezmoi dos âmes, ô mon Dieu; il y en a tant qui vont en enfer, je voudrais pouvoir en sauver, donnez-moi des âmes. »
J'ai vu des enfants qui ont eu le bonheur de comprendre dans la retraite delà première communion cette parole sacrée: quid prodest? et ils ont fait la première communion comme des anges; et ils sont devenus des saints; et un jour ils seront dos apôtres, je n'en doute pas, j'en connais des exemples ; je vais vous en citer tout de suite.
I. Dans Paris, il y avait un homme qui était ambitieux, dominé par la soif de la gloire, que rien n'eût pu arrêter s'il n'eût été converti à Dieu. C'eût été un conquérant, peut-être un guerrier, je ne sais pas ce qu'il pouvait devenir, car jamais l'amour de la gloire n'avait été plus ardent dans un cœur humain. Eh bien! M. E., on lui disait tous les jours celte parole : quid prodest? Que voulez-vous chercher sur la terre? Et puis, quand vous aurez la gloire, si vous perdez votre àme, votre éternité, quid prodest? 11 ne comprenait pas, il était emporté par les passions du cœur; il eût été damné, c'est certain ; quand un jour un homme qui lui répétait souvent la parole évangélique, et qui avait prié avec plus de ferveur, le rencontra sur la place publique, lui prit les mains et lui dit comme de coutume : Xavier, car c'est de François Xavier que je parle, mais qu'est-ce que vous voulez, que prétendez-vous faire? de la gloire? De la gloire? mais : quid prodest?.... Et dans ce moment, M. E., il se fit un grand jour dans l'âme de
,.;i qui Iqu M,:
matin je :
j I de La en;
amobile, il m
i un mi;-.
.!. il me semblai fronl était entouré d'une Lumière non pas semblai . i celle du feu, mais d'une lumière douce qui me pai
Ldir. Cet enfant écoutait admirai vant la
fin de cette méditation, il était si toi: ;u'il ne s'aper-
ait pas (|ue des larau ix ruulaient
sur lui et tombaient à terre comme des perles : il ne s'en apercevait pas, il était si attentif que vraiment il ne le sa\ait pas. Je dis dans mon cœur : Voilà un enfant admirable, il écoute bien, il comprendra ; ce sera un saint et Dieu en fera peut-être un apôtre.
Eh bien! M. E., après l'instruction, je me plaçai dans un coin de l'église; et comme l'enfant sortait, je lui fis signe : « Mon enfant, j'ai un mot à vous dire. » 11 s'approcha en rougissant et je lui dis : * Mon enfant, avez-vous bien écouté l'instruction? » Je le savais bien: mais c'était pour entrer dans son cœur: il répondit : * Oui. mon Père. -— Avez-vous bien compris? — Oui, mon Père. — Avezvous bien retenu, mon enfant? — Oh! certainemenl. — Mais qu'avez-vous retenu ?» Et il me dit alors avec
SLR LE SALUT. 35
un accent que je crois entendre, si fort et si tendre : « J'ai retenu deux mois seulement, mais qui me suffiront pour toujours. — Et quels sont-ils? — Ce sont les deux paroles que vous avez répétées si souvent : quid prodeêt? — Et que signifient-elles donc, mon enfant? » Et il me dit une chose que je n'avais jamais entendu dire; cet enfant, dans son langage simple et énergique, traduisit les paroles de l'Evangile d'une manière admirable. — a Pere, cela veut dire : A quoi bon ? » Et voyant mon regard étonné, car je n'avais point parlé. — «Oui, mon Père, j'ai compris, quid prodest ? « à quoi bon?....» On dit que je serai très riche un jour. » Et en effet, cet enfant était destiné à une grande fortune; il en jouit maintenant; il a une des grandes fortunes de la France. « Je serai très riche, mais à quoi bon? mon Père, je puis mourir le lendemain de ma première communion, à quoi pourraient me servir les richesses si je n'ai pas mérité les trésors du Ciel, si je n'ai rien acquis pour Dieu ; oh ! oui, j'ai bien compris. Mon Père, on dit que j'ai un beau nom. » En effet, je ne le savais pas, mais il porte un des plus beaux noms de France, un nom historique. « A quoi bon, s'il n'est pas inscrit dans le Ciel : quid prodest? On dit, mon Père, que Dieu m'a donné quelques talents. » Et j'ai appris ce jour-là que cet enfant était comme un prodige, il était de deux ans plus avancé que les enfants de son âge, il avait des succès merveilleux, a A quoi bon, si je ne sais pas sauver mon âme, que me restera-t-il de ma petite science? On dit que j'ai quelques grâces extérieures. * En effet, c'était le plus bel enfant que j'aie vu de ma vie; en montant en chaire, j'avais vu sa figure angélique et j'en avais été frappé. « Mais, mon Père, à quoi bon ? je n'ai qu'à mourir ce soir, que deviendra cette beauté périssable de la terre? » Je pris ses mains dans
enfant, Dieu \ lenl d
prit a Bon tour | me
dit : « Mon P( re, je n
i in Lé chrétien. I dit qu'il n'avail qu'un seul d
. de bri chain r qui
dans Le monde : el il ne dem
ur aller en ap ver Les âmes, el Loul cela | deux mots : quid pr
( >h : m. ]■;.. si Le ci< I \ si parmi vous un enfant * 1 1 un saint, un
B'il était une jeune fille qui .t une
contente de sauver soi: . voulut ce serait le but de mes pri ls ce qui est cer
c'est que si tous vous vouliez bien dans votre cœur et la méditer, If. E., vous | ;,ien
cette retraite, vous feriez bien votre première communion; vous sauveriez vos âmes et avec vous d'autres âmes. 11 faut donc méditer ces paroles, et pour vous les faire c prendre, je vais répéter le texte tout entier en fi et ^yez si vous découvrirez les trois | ,ui sont
renfermées dans ce texte: trois pensée.- tes; et une
seule, bien comprise, suffirait pour vous donner la gràcJ de la lumière et de la force.
II. Ecoutez bien ce texte : De quoi pou; homme, dites : pourrait servir à moi, le monde eni quand j'aurais toutes les richesses de la terre, ton.gloire du monde, de quoi cela pourrait-il me t viens à perdre mon âme :\... Voyez-vous les trois pens
une vous échappe; mais il en est deux que vous aurez aperçues, méditons-les; premièrement, c'est que les êtres «il il une fin, une destinée glorieuse; celte fin n'est pas le moud»1, puisqu'il ne peut servir de rien; et si vous tendez a \otre fin véritable, vous devez servir Dieu, tâcher de l'aimer, suivre sa loi, sauver votre âme, et vous aurez la vie éternelle, le ciel.
Voyez comme ces trois pensées sont admirables : dans une retraite «le première communion sur ces deux mots quid prodestf retraite dont je garde encore un profond souvenir, ces chers enfants étaienl pénétrés profondément, de cette vérité qu'ils avaient comprise, et je ne doute pas qu'ils aient persévéré dans leurs bonnes et saintes dispositions. Tâchez donc de bien comprendre ces paroles et de les retenir dans votre cœur : A quoi sert de gagner l'univers si l'on vient à perdre son âme? Ou bien prenez ces trois mots : Mon Dieu, mon âme, mon éternité; ou cette autre parole de l'Evangile : line seule chose est nécessaire, une seule, sauver mon âme; ou bien cette formule de saint Louis de Gonzague : Qu'est-ce que cela pour mon éternité? Quid hoc ad œternitatem ? Ou bien cette formule d'un homme mort à dix-sept ans et couronné non seulement dans le Ciel, mais qui a les honneurs de Dieu dans l'Eglise, Stanislas de Kostka : Major sum, je suis plus grand ! Mon cœur, mon âme a des désirs plus vastes que cet univers; tout cela n'est rien et ne pourrait remplir mon cœur. Si vous comprenez, vous serez des saints. Encore quelques mots pour vous aider à réfléchir ; quid prodest ? de quoi tout le monde pourrait-il me servir, à la vie, à la mort, pour l'éternité? A la vie, c'est trop petit; mon cœur est plus grand, certainement bien plus grand; mon âme est incomparablement plus grande que ce monde; voilà pourquoi on n'a jamais vu
qu'un qui ail eu
tomb d rit qui renti
[uelque ch
: te, il La saisit, □ I
e plua i de L*abin
vont h a pécheui
ml atl bps l'abîme : ils n
sir quelque chose : ; ni au d
tranités du d . ils ne lille
qu'un ■ branc , Il fallait
. >!•> du ri .un ribfle qui '■
: sur elle di -i le
rocher, ils él elle
il attachée à Di en Dieu leur
érance; car Dieu le.
!. i monde ne sert de rien, mais à la mort à quoi p*'ut-il
ir? Ici Ici. :i comprendi' nort,
à ce moment suprême, de quoi peuvent servir les rie":
le la terre, les d ne peut éviter
la mort ni l'adoucir. On ne peut Téviter. on ne peut pas la retarder; l'heure. Dieu lui-même a dit à la ni
Frappe. Eh bien ! quidprod :i ne peut pas l'adoucir.
Un .. par smite -ures reçues dans les
batailles, allait mourir : le roi, pour le récompenser d'avoir bien conduit ses troupes à la gloire, lui envoya ce qu'il y a de plus brillant au monde pour un soldat ; ce n'étaient pas des décorations : il en était couvert; mais il était une dignité à laquelle il aspirait depuis le premier jour où il endossa l'uniforme ; général depuis longtemps, il désirait par-dessus tout le titre de maréchal de France.
Eh bien! Louis XIV lui envoya te bâton de maréchal; on le déposa entre ses mains déjà tremblantes. Il prit ce bâton et le regarda, avec un sentiment de joie d'abord, et puis il le rejeta avec une sorte de dédain, en s'écrianl : « Mais à quoi me seti-û maintenant, je meurs: » quid prodest? De quoi pouvait lui servir ce bâton de maréchal qu'il ambitionnait, s'il n'a pas sauvé son âme ?
Trois ans plus tôt, sons le même règne, celui-là était maréchal depuis longtemps, c'était Luxembourg; il allait mourir el Louis descendit de son trône et vint, environné de sa cour, donner à cet homme une dernière preuve de son attachement. « Maréchal, je viens vous donner aujourd'hui un témoignage de notre royale affection. Vous avez tout l'ait pour la gloire de mon nom. » Luxembourg baisa sa main avec respect. « Demandez tout ce que vous voudrez, je vous l'accorderai, je veux vous prouver mon estime. » Le maréchal se tournant vers le roi lui dil : « Sire, je n'ai qu'une demande à vous faire; je voudrais bien avoir encore une heure de vie pour pleurer mes péchés ; » et le roi, l'ayant entendu, se détourna pour cacher ses larmes, en s'écriant : « Que m'a-t-il demandé? Est-ce que je puis donner la vie, moi qui dois mourir comme les autres? » Ayant entendu ces mots, le maréchal se détourna et dit : « Que je suis malheureux, que me sert-il d'avoir si souvent affronté la mort pour lui? quid jwodestf li ne peut pas me donner un instant de vie pour pleurer mes péchés. »
Comme les histoires ne fatiguent pas l'esprit, je vais vous raconter celle d'un enfant qui avait compris admirablement ces deux mots : quidprodest ? Je n'ai point connu cet enfant, niais on m'a écrit de bien loin, de pays étrangers, l'histoire que je vais vous raconter. C'était une petite fille, une négresse des colonies ; elle avait compris qu'il fallait
'.Il
embleraienl avoir mi
enfants catholique! et, pai nt, qui
■ lus nobles de la I
maître de cette p n'était pas ju te ; et d compris qu lil un mec
enfanl un men
enfant, qui aimail Dieu et qui . dit
à son maître qu'elle ne pouvail p la. L d
étonné qu'on osàl lui n quelqv
son cou un riche foulard r I Le lui ant :
i Petite, je te donnerai ce !
que je te demande. » La petite pril dans se î.-ird
! faut que V01J ir plait
infiniment aux enfants des c tquec'est
ce qu'il y a le plus beau au m . fou-
lard avec des veux pleins de d> - : elle au-
rait voulu l'avoir, mais ne pas- .ace
l'emporta dans son cœur. « Le foulard « tu, mais je
ne peux pas offenser mon Dieu; mon âme est plus cieuse que cela. » Le maître, ne dése- î pas de la flé-
chir, détache un anneau superbe, il y avait a la diamant de prix ; il le donne à la petite et lui dit : « Si tu veux faire ce que je te demande, je te donn- lard
et ce beau diamant ; » et la petite regarde le diamant i baise : « Qu'il est beau! que le foulard est ri îais
mon àme est plus belle et mon cœur est plu- l, je ne puis pas mentir. » Alors, M. E., le maitre entre dans une colère horrible, et, levant la main, il s'écrie : « Tu ne veux pas obéir à ma voix, je vais te chasser de la maison toi et ta mère; vous errerez comme des bêtes dans les forêts et vous n'aurez plus de pain. » L'enfant fond en
larmes, jette 1(3 diamant, le foulard et dit : « Ma mère, ma mèrel » et levant les yeux au ciel : « Mon Dieu, mon Dieu, mon âme! Dieu aura soin de ma mère et de moi, te ne veux pas L'offenser. » Cette enfant fut chassée le jour même, et pendant quelque temps elle erra avec sa mère, mais Dieu ne l'abandonna pas; recueillie avec sa mère par un maître moins impitoyable, elle fut regardée comme une enfant de la maison ; et c'est de cette femme qui L'a recueillie que j'ai recula lettre contenantles paroles sublimes de cet ange.
Méditez donc bien souvent, M. E., ces mots : « Mon Dieu, mon âme, mon éternité; de quoi me servira de gagner l'univers si je perds mon àme? Et tachez, M. E., que l'affaire de votre salut se décide dans les jours de. la retraite. 11 y a un grand combat entre le ciel et i'enfer. Dieu veut sauver votre âme ! l'enfer veut la perdre. Eh bien! sauvez-la; une seule chose est nécessaire, mon àme est grande, je veux la donner à Dieu; plutôt mourir mille fois que de perdre mon âme pour les vanités de la terre.
Méditez ces vérités qui vous donneront la lumière et le salut.