‹ Choix de discours & allocutions des plus célèbres orateurs pour la retraite et le jour de la première communionChapitre 41 sur 100 · ALLOCUTION AVANT LA COMMUNION · texte numérisé non relu

ALLOCUTION AVANT LA COMMUNION

OU CARDINAL VILLECOURT

bitroibo ad allare Dei, ad Deum qu lœtiflcat jitventulem rm am.

Je m'approcherai de L'autel de Dieu, du Dieu qui remplit de joie ma jeunesse.

(PS. XLII, rJ.)

Enfin le tabernacle s'ouvre ; le pain de vie est sur l'autel t n'attend plus que les heureux convives. Entants, louez le eigneur; bénissez son nom éternellement adorable, et ue chacun de vous répète avec le Roi-prophète : lnlroibo. e paradis fut fermé pour Adam et Eve après leur chute ; lus d'espérance pour eux d'y rentrer tant qu'ils seraient ur cette terre. L'arbre de vie disparut à leurs yeux pour uiiais. Que votre sort est différent, enfants bien-aimés ! e ciel, après toutes vos infidélités, vous est encore ivorable : vos péchés sont pardonnes ; les portes du anctuaire, qui est le paradis des voyageurs, vous sont uvertes, et J.-C, qui vous aime avec tendresse, J.-C, qui dt ses délices d'être avec les enfants des hommes, nous it comme autrefois à ses apôtres : Laissez venir à moi ?s petits enfants. {Marc., x, 14.) Qu'ils se rassurent et oient pleins de confiance. J'ai vu leur sincérité, j'ai jacueïlli leurs soupirs et leurs larmes ; je connais les ormes dispositions de leurs cœurs; qu'ils viennent sans painte.

C. E.. que vos âmes doivent être satisfaites! et avec luel empressement ne devez-vous pas vous rendre à la

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soulager de toutes leurs peines. La joie qu'épi juiM sainte Catherine de Sienne quand elle communiait éUÉ telle, que toutes les personnes qui l'environnaient pm vaient entendre les battements de son cœur. En sort l'historien de sa Vie, qu'elle pouvait alors s'appliquera téralement ces paroles du Roi-prophète : Cor n caro mea in Deua n. (Ps. lxxxiii, 2.

DU CARDINAL YII.I.ECOURT. 151

Rendant compte de son intérieur, voici ce qu'elle disail de l'état où elle se trouvait après la communion : t Mon âme est remplie de tant d'allégresse et de jubilation, que je m'étonne qu'elle puisse être encore dans mon cœur. Le feu qui la consume est tel, que la flamme matérielle, comparée à lui, n'est que de la glace; feu sanctifiant, qui produit en moi un renouvellement de pureté et d'humilité, comme si je revenais à l'âge de quatre ou cinq ans. De 1k nail. aussi un tel dévouement pour le prochain, qu'il n'est personne pour qui je ne donnasse de grand cœur ma vie. » Un jour, l'impression de douceur qu'elle reçut de la sainte communion rat si extraordinaire, qu'il lui fut impossible de toute la journée de dire une seule parole, tant était vif le saisissement délicieux dont son âme était pénétrée. Le lendemain, Uaimond de Capoue, son confesseur, lui ayant demandé la raison de cet état extraordinaire : « J'ai senti, répondit-elle, une suavité de douceur qu'aucunes paroles ne seraient capables d'exprimer. » Venez, M. E., à cette source d'ineffables consolations ; Animœ vestrce siliunt vehementer. (Eccli., li, 32.) Venez vous y désaltérer. Interdisez-vous toute pensée inquiétante. Ne vous imaginez pas que vous puissiez être moins agréable au Seigneur, à cause de quelque souvenir qui viendrait troubler vos pen- 3. Méprisez '.out cela, et tenez-vous en garde contre l'esprit de mensonge, qui voudrait vous jeter dans l'inquiétude. 11 vaut mille fois mieux écouter la voix de J.-C, qui vous console en disant : Venez à moi, vous tous gui êtes peines et chargés, et je vous rendrai la paix. Venez à moi, et vous trouverez le repos de vos dmc*. [Mu (th., xi, 28.) Venez, ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage; venez, celui dont je suis l'aliment vivra à cause de moi. Venez recevoir ce qui console les voyageurs et ce qui fait

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Allocution après la Commui.

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ce don | ix. Or, si partout où est ce corps divin, les

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autour de lui pour l'adorer {Malth , x.\ que

vous êtes environnées d'une armée d'esprits c prosternés autour de vous pour célébrer la gloire sainteté du Dieu que vous possédez. Ce ne sont pas seulement vos anges gardiens qui vous contemplent avec pect; ce sont les chérubins, les séraphins, les trônes, les dominations, les principautés, les vertus, les puissance! célestes qui, ou se couvrent de leurs ailes, ou s'anéantissent devant cette majesté suprême dont vous êtes les sanctuaires vivants. Oui, « le temple de Dieu est saint, » et c'est vous, heureuses vierges, qui êtes ce temple. Si donc le Seigneur, même dans l'ancienne loi, voulait que l'on tremblât à l'approche de son sanctuaire, quelle reii

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gieuse crainte, quelle vénération profonde, ne doit pas inspirer à tous les assistants votre présence?

Saint Ignace, martyr, se glorifiait du nom de porte- Dieu, parce qu'il ne trouvait rien de plus honorable que d'emprunter sa qualité de ce Dieu Sauveur qui se Communiquait à son unie dans la sainte communion. 0 vierges pures, filles de J.-C, bien-aimées de J.-C, tabernacles de J.-C, asiles de J.-C, malheur à ceux qui vous regarderaient avec indifférence, puisque vos anges ne se lassent pas de voir et d'adorer en vous celui qu'ils contemplèrent et adorèrent dès son entrée dans le monde, et dont ils chantent perpétuellement La gloire dans le ciel.

Mais ne laissons pas s'écouler des moments si précieux dans les transports d'une admiration stérile. Que disent vos cœurs, paisibles vierges? mais plutôt que ne disent-ils pas, que ne voudraient-ils pas dire à J.-C? Ne vous mettez pas en peine cependant de cette espèce de confusion et de trouble que vous ressentez peut-être en vousmêmes; J.-C se trouve honoré de voire silence, de votre embarras, de l'impossibilité presque où vous êtes de lui exprimer vos sentiments. Mais si vous entendez sa voix divine qui dit au fond de l'âme de chacune : Ma fille, m'aimez* vous? N'hésitez pas à lui répondre comme saint Pierre : < Oui, Seigneur, vous qui connaissez tout, vous savez que je vous aime. » S'il parait vouloir se retirer, c'est peutêtre une industrie de sa tendresse : ne balancez donc pas à lui dire, avec les disciples d'Emmaûs : Demeurez, demeurez, doux Sauveur. Où trouverez-vous des cœurs qui soient plus jaloux de vous posséder? S'il vous interroge, pour apprendre de votre propre bouche ce que vous désirez avec ie plus d'ardeur, répondez-lui avec' saint François d'Assise: Ah! Seigneur, vous êtes mon Dieu el mon tout: en vous possédant, je possède toutes choses; ou, avec le

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pour elle. Elle parlai piété. Quant à moi, M. G. B., je iviei

longtemps, à condition que ce soit pou: vent ; car je ne doute pi ferez après celle-ci ne s

Les jours vont venir, et ils ne s u le

monde pervers va ré

justement avoir sur vous. P] faudra

braver toutes les tempe' de Los

cutions et de toutes '. dédaigne: illeries

et les mépris, vous plat ■ au

siècle, à ses maximes trompeuses, à m entraî-

nantes, à ses plaisirs dangereux ou coupables. rite,

je vous plaindrais, brebis innocentes, au milieu de tant de loups dévorants qui vont se jeter sur vous, comme sur une proie, si vous étiez seules pour résister à tant d'ennemis. Mais si, comme je l'espère, vous allez souvent puiser la force dans sa source, je veux dire dans la communion, abî dès lors, je me rassure; car J.-C. est mille fois plus fort que le monde, que l'enfer, que toutes les passions... 0 divin Sauveur, principe de toutes les vertus, en vous

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donnant aujourd'hui à ces jeunes aœops pour la première fois, daignez y déposer le germe saint de la résurrection glorieuse. Virez, vivez, [mur ne jamais mourir dans celles que vous honorez par une union si intime. Qu'elles reviennent souvent puiser la force et le courage dont elles ont besoin dans cette source de vie, et que la dernière de leurs communions mette le sceau aux faveurs qu'elles ont reçues dans la première, en leur ouvrant les portes du ciel.

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