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pouvions le prolonger! Peut-être le meilleur parti à prendre après avoir communié, ce serait de dire, comme ce vieillard bienheureux qui avait pressé Jésus entre ses bras : « Nunc dimittis servum tuum in pace (*); oh ! j'ai communié, je peux donc mourir; j'ai mon viatique, je puis donc voler à la gloire; » le mieux, ce serait d'aller faire son action de grâces dans le paradis. Vous, M. C. E., vous n'avez pas à mourir encore, vous avez à vivre, et, croyez-moi, nous allons pouvoir prolonger le jour de la première communion, le prolonger jusqu'à l'Eternité; Mane nobiscum, Domine, quoniam ad wscit; oui,
M. E., le soir est venu sans doute, et cependant le Seigneur va demeurer avec vous.
Je viens, M. C. E., pour réaliser en vous ce désir, vous exposer, vous expliquer une proposition de N.-S. J.-G. Nous allons la soumettre à une rapide délibération, et, enfin, vous allez vous-mêmes exprimer votre résolution.
Voici donc la proposition de N.-S. J.-C, la voici en propres termes ; il vous dit : « Si vous voulez venir après moi, il est nécessaire de travailler avec moi, et alors, et enfin, au travail sera proportionnée la récompense. » « Si vous voulez, » M. G. E., voilà les termes dont il se sert, « si vous voulez venir après moi ! » Quoi, si vous voulez? Voilà donc la volonté souveraine de Dieu, cette volonté très positive, qui se subordonne à une condition qui dépend de vous? On dit quelquefois, M. E., et c'est une locution vulgaire, que l'on peut tout et que l'on fait tout avec un si; cela est très vrai dans l'ordre naturel, mais cela est-il vrai dans l'ordre surnaturel, dans l'ordre chrétien, dans l'ordre du salut? Oui, M. E., on fait tout et l'on peut tout avec un si; avec un si on l'ait un saint,
(1) Luc, ii, 29.
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dez de moi? * Le voici, c. EL; si vous voulez aller après Jésus, il est nécessaire de travail'. : lui. i!
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ne pourra se soustraire, M. C. I... ' -us lui-même a voulu la subir. Marie, la reine des saints, après elle tous les saints, ont dû subir cette même nécessité, il est nécessaire, dis-je, de travailler. Aimons cette franchise de X.-S. J.-C. Oui, il dit bien les choses comme elles sont, il présente même, tout d'abord, ce qu'il y a de plus difficile, de plus
(1) 77/??.. vi, 12.
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laborieux, de plus rebutant ce semble : t II est nécessaire de travailler avec moî. »
Mes enfants, te démon ne parle pas ainsi, lui; il est menteur, il n'a que dr* promesses. D'abord il dit : Venez donc, je vous donnerai tout ce que vous voudrez. Il montre la gloire, le plaisir, les biens du monde. Je vous donnera' tout cela, dit-il, le malheureux, le misérable, le menteur, ce roi de l'abîme; mais il ne peut donner que des places dans son royaume, M. C. E.; aussi, quand il fit cette proposition à Notre-Seigneur, il lui répondit : Vadc rétro, patentas, arrière, Satan, retire-toi, tu n'es qu'un menteur !
M. C. E., Notre-Seigneur n'est pas ainsi, lui; il est la vérilé même. Il dit les choses telles qu'elles sont : oui, il sera nécessaire de travailler, mais, remarquez-le bien, « île travailler avec moi, » dit-il; « vous ne serez pas seuls, mais vous travaillerez comme j'ai travaillé moimême, vous travaillerez après moi, vous travaillerez pourmoi. „ Et c'( si la une compensation : lui, il a porté ma croix, el m i j - ne porterais pas son joug! 11 a bu jusqu'à la lie du calice, et moi je refuserais de boire une seule goutte! Oh ! travailler avec J.-C, être même sur la croix avec J.-C, combattre, souffrir, mourir avec J.-C, mais ! la félicité, mais c'esl la gloire! Combattre avec J.-C! Il y a d'ailleurs, remarquez, dans cette parole, il y a une grande leçon encore. Le Seigneur nous fail entendre que si nous ne voulons pas travailler avec lui, nous serons réduits à travailler sans lui. Car, quelque parti que nous prenions, il faut bien nous y attendre : sur la terre, c'est là une loi qui pèse sur tous les hommes, il faut travailler, il faut souffrir avec J.-C, ou bien sans J.-C ! Sans J.-C, mais alors, c'est travailler avec le démon, c'est travailler pour le démon, mais alors c'est travailler sans consolation, sans espérance! Ne vous rappelez-vous pas qu'à sa
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rée, tandis que la récompense n'aura pas de terme, uui, au travail, à la générosité du travail, dans le service, dans le dévouement pour N.-S. J.-C, sera proportionnée la recompense, et une récompense élernelle. Voila. M. E.. la proposition que vous fait N.-S. J.-C. : « Si vous voulef venir après moi, il faut travailler avec moi, et au travail sera proportionnée la récompense. »
Cela dit, M. C. E., je vous proposerai une petite délibej ration qui, je l'espère, sera bien courte. Si nous acceptons cette proposition de N.-S. J.-C, M. E., quel sera notre maître? En quoi consiste son service? Quels seront nos associés, et enfin quel sera notre salaire ?
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Quel sera notre maître î Oh ! celui que vous avez reçu ce matin dans votre cœur, mes bien-aimés enfants, le plus grand de tous les maîtres, celui près duquel les créatures ne sont rien ; c'est un maître dont on peut être fier! Oui, un chrétien doit être fier d'appartenir à J.-G. Oh! quel grand Maître ! Que je suis fier, moi, M. G. E., d'être son esclave ! Que je voudrais écrire son nom là, sur mon front, de manière à ce qu'il fût lu par tous les hommes; et partout où je me présente, je voudrais qu'on pût dire : voici le serviteur de J.-C. Oh ! oui, je dois être humble, et il ne m'est pas difficile d'être humble quand je me considère moi-même ; mais être fier, cela est facile quand je viensà porter mon regard sur le tabernacle, sur les deux.
J.-C! voilà voire maître; d'ailleurs, s'il est grand, si vous avez lieu d'être fiers de lui, vous avez lieu d'être heureux de lui. Car il esl aussi bon qu'il est grand et puissant; il est si bon que je ne puis le dire assez et que mon cœur s'attendrit rien qu'au souvenir de sa bonté. N.-S., il est si bon que vous ne pouvez le connaître sans l'aimer, C. E., et que plus vous le connaîtrez plus vous l'aimerez ; il est si bon qu'il ne vous traitera pas comme serviteurs, mais comme ses amis et comme ses enfants ; il est si bon que le véritable emblème sous lequel on peut représenter N.-S., c'est un cœur, el c'est lui-même qui s'est dépeint sous ce symbole. J.-C, c'est un cœur qui se remplit de vous tant il est bon. Voila le maître, C E., auquel il s'agit de vous donner. Si vous connaissez un autre J.-C dans le monde, je vous permets d'hésiter; si vous connaissez quelqu'un qui soit mort pour vous sur la croix, quelqu'un qui vous promette le paradis après votre mort, je vous permets d'hésiter. C. E., voilà voire maître!
Quel esl son service? est-il bien pénible, bien dur, bien laborieux? En quoi consiste le service de J.-C? J'avoue*
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dur ! Cornu traire bien do rjue toute gneur J.-C. nous «lit. ce qu'il i de | une D eu, par
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pour VOUS, If . K.. lui • cœur. M
dur d'aimer celui qui est la bonté même, celui q dépeignais tout a L'heure, M. i. ..... .
voir et contempler dans sa
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de L'aimer? Qu'est-ce que servir N. >. I.
vouer vos bras avec fidélité quand il v< .niant:
lui obéir. Mais que vous commaiide-t-il? 11 vous con
de vous sauver ; et le servir, c'est vous sauver ! Qu'y a-
t-il de meilleur que cela ? 11 vous demande de de\
bons, toujours meilleurs : voilà tout son service :
donc difficile? Ah ! G. E., encore une fois, quel bon maître
nous avons ! et certainement n - pas hésiter à
nous donner tous à Dieu,
Quels sont les associés que vous trouvez dans le service de N.-S. J.-C? Si vous êtes ses disciples, si vous devenez ses serviteurs dévoués, eh bien, vous serez en même temps les serviteurs de Marie, vous serez les frères des saints, vous serez les amis des anges, vous serez de plus, et je suis heureux de vous le dire en ce moment, vous serez véritablement les héritiers de vos bien-aimes parents, qui vous entourent encore dans ce dernier exercice
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de la retraite; vous serez les héritiers de leur foi, de leur piété, de leur religion, car certes, c'est bien là le plus précieux héritage qu'ils comptent vous léguer un jour. Mon Dieu! ce serait bien triste pour tout cœur qui vous aime tant, s'ils n'avaient à vous laisser, C. E., pour preuve de leur tendresse, qu'un nom qui doit mourir, qu'un peu de poussière brillante qu'on appelle de l'argent! Qu'est-ce que cria pour des cœurs qui vous sont si dévoués? G. E., \us parents, ils ont des pensées bien plus krandes pour vous, des désirs bien plus vastes, bien plus étendus ; ils veulent vous léguer leur foi qui vous promet- : tra toutes les consolations de cette vie, leur foi qui vous présentera aussi toutes les espérances de l'autre.
Enfin, G. E., quelle sera la récompense de ce service de N.-S. J.-G., de cette consécration que vous allez lui faire? Le voici : vous trouverez avec lui, M. E., ei je vous le promets, je vous le promets en face de cet autel devant lequel je ne crains pas d'élever les mains, je ne dis pas les prospérités de ce monde, certes elles ne sont pas durables, et certes ce n'est pas dans les prospérités de ce monde que consiste le vrai bonheur — je vous promets quelque chose de meilleur, si vous êtes les serviteurs de J.-G. Je vous promets la paix d une bonne conscience; vous l'aurez toujours, dans toute.- les épreuves de la vie. Et, pauvres entants, vous en aurez des épreuves; vous ne connaissez pas encore la tristesse ; pour ainsi dire, à peint1 A elle a effleuré La surface de votre âme, et cependant, sans être prophète, je puis le prédire, vous aurez des tristesses, des épreuves. Eh bien, si vous êtes m leurs du S. J.-G.? il n'est pas une épreuve dans la vie. une tristesse, un accident, pas un malheur qui puisse être pour vous sans consolation, parce que \ saurez toujours, au pied de la croix, trouver la fOJ
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