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Choix de lettres d'Eugene Burnouf, 1825-1852. Suivi d'une bibliographie

Un volume de lettres est toujours accueilli avec intérêt, surtout quand ce sont des lettres écrites par un homme qui a laissé après lui une trace lumineuse et qui a contribué à créer une science nouvelle. Néanmoins ce recueil, formé d'une partie de la correspondance très étendue d'Eugène Burnouf, ne prétend pas à une grande publicité. Il a été fait pour le cercle intime d'une famille où la mémoire des parents est l'objet d'un culte pieux. En nous décidant à le publier aujourd'hui, nous devons donner quelques explications sur son origine et sa destination.

Bien des années se sont écoulées depuis la mort prématurée d'Eugène Burnouf. Les témoins de sa vie et les amis qui gardaient fidèlement son souvenir disparaissent à leur tour. Ses grandes découvertes dans le domaine de la Philologie et de l'Histoire ne sont pas connues de tout le monde, et les livres dans lesquels il a prodigué les trésors de son merveilleux esprit ne s'adressent qu'à un petit nombre de lecteurs. Si donc, plus tard, dans les nouvelles générations

qui se succèdent, ses petits-enfants ne peuvent pas tous connaître les travaux qui ont illustré le nom de leur aïeul, il faudrait, du moins, que tous pussent entrevoir quelques rayons de sa brillante et belle intelligence, et sentir que dans cette âme d'élite la vertu égalait le génie.

Le seul moyen de réaliser un vœu si légitime était de rechercher, de réunir et de conserver par l'impression ce qui pouvait se retrouver de la correspondance d'Eugène Burnouf. Les lettres que nous avons recueillies ne sont pas très nombreuses. Elles suffiront cependant pour laisser voir, dans les rapports d'Eugène Burnouf avec sa famille, la tendresse de son cœur; avec ses amis, la sûreté et l'agrément de son commerce ; avec tous ses correspondants, l'étendue et la profondeur de ses vues, la justesse de son jugement, l'aménité de son caractère, et cette grâce aimable qui séduisait tous ceux qui l'approchaient. Elles peindront le savant, le père de famille, l'homme de bien, le causeur spirituel, d'une façon plus vraie et plus vivante que ne pourrait le faire la meilleure des biographies.

D'ailleurs, nous n'aurions jamais eu la pensée d'entreprendre la biographie d'Eugène Burnouf. Elle se résume dans l'histoire de ses travaux, et elle est complète dans les excellentes Notices qui ont paru au lendemain de sa mort, et où la vie et les œuvres de l'illustre orientaliste ont été appréciées avec autant d'équité que de vive admiration. Des savants éminents lui ont consacré des pages éloquentes, et plusieurs avaient déjà fait sur ses livres, au moment même de leur apparition, des articles, profondément étudiés, destinés à en signaler l'importance. On devra lire Notices et Articles si on veut se former une idée des belles études auxquelles Eugène Burnouf a consacré sa vie, apprécier l'im-

mensité de ses travaux, sentir l'importance des résultats de ses découvertes, et connaître le jugement que ses contemporains les plus autorisés ont porté sur ses ouvrages et sur son enseignement au Collège de France. Pour rendre possible la recherche des articles épars dans les Journaux ou les Revues, nous essaierons de donner plus loin, à la suite de la Bibliographie, la liste de ceux qui ont paru en France.

Les lettres, encore trop rares à notre gré, que d'heureuses circonstances nous ont permis de rassembler, peuvent se diviser en trois groupes principaux, différents par le caractère et rintérêt.

Les premières lettres, celles qui datent de la jeunesse d'Eugène Burnouf, sont presque toutes adressées à Christian Lassen, son collaborateur pour l'Essai sur le Pâli, et à François Bopp, le grand philologue allemand. Elles traitent presque uniquement de questions de philologie indienne. Leur importance toute spéciale et les études qu'elles révèlent devaient les ranger parmi les travaux de pure érudition, et, par conséquent, les exclure d'un recueil dont le cadre est trop restreint pour elles. Il était cependant impossible de les omettre tout à fait. Outre que ce sont les seules lettres que nous ayons de cette époque, elles sont précieuses puisqu'elles montrent la manière dont Eugène Burnouf travaillait, et par quelle suite de raisonnements, par quels efforts persévérants, aidés d'une merveilleuse sagacité, il arrivait à ses découvertes. Elles sont précieuses aussi par les indications qu'elles fournissent sur l'origine et le plan de ses premiers travaux : V Essai sur le Pâli, la publication du Vendidad-Sadé , l'un des livres de Zoroastre rapportés en France par le zèle héroïque d'Anquetil Duperron , et le

Coyyimentaire d'une partie de cet ouvrage dont il avait en même temps conçu le dessein.

Seulement, dans toutes les lettres reproduites ici, quand des obstacles matériels nous ont obligés à laisser de côté des développements importants, mais trop abstraits, nous avons remplacé par une ligne de points ce qu'il nous eût été difficile de publier d'une façon correcte. Nous craignons bien que cette mesure ne satisfasse personne, et que, dans une publication ainsi comprise, on ne trouve qu'il y a trop pour un recueil familial, et pas assez pour la correspondance du savant. Mais l'impossibilité de bien publier ces lettres tout entières étant reconnue, comment renoncer tout à fait à y laisser voir Eugène Burnouf, à vingt-quatre ans, dans l'enthousiasme des belles études si nouvelles qui allaient recevoir de son génie et de ses efforts une impulsion décisive? Les lecteurs soucieux de comprendre et de compléter ce qu'indique la correspondance , ainsi tronquée , du jeune orientaliste français avec ses émules d'outre-Rhin, pourront, au sujet du zend, se reporter à V Avant-propos du Commentaire sur le Yaçna^ où la marche et le résultat des travaux annoncés dans les lettres sont exposés avec une extrême clarté. Enfin, les lettres elles-mêmes subsistent toujours dans toute leur intégrité. On les retrouvera plus tard, soit en original, soit en copie quand les originaux ne nous appartiennent pas, dans les collections de la Bibliothèque nationale, où, conformément à la volonté de Madame Eugène Burnouf, nous nous sommes fait un devoir d'en assurer la conservation, à côté de tous les papiers déjà légués par elle.

Viennent ensuite des lettres d'un caractère moins exclusivement scientifique. On y trouvera des détails intéressants

pour l'histoire des études orientales dans la première moitié du xix^ siècle, de curieux récits de la manière dont on voyageait en France et à l'étranger avant les chemins de fer, d'amusants tableaux de mœurs, et des observations fines et toujours judicieuses sur les hommes et sur les choses.

A ce groupe des lettres de voyage, intimes et familières, succède la correspondance plus générale des dernières années.

Ce n'est pas sans beaucoup d'hésitation que nous nous sommes décidés à accompagner les lettres de notes qui, forcément, en rendent la lecture moins commode et moins attrayante, et dont le moindre inconvénient serait encore d'exposer l'éditeur au reproche de pédantisme. Mais la date, déjà ancienne, de cette correspondance, les sujets qu'elle traite, les personnages qui y sont nommés, rendaient parfois nécessaires quelques explications. Autant que possible, nos renseignements ont été puisés dans les lettres mêmes d'Eugène Burnouf ou de ses correspondants.

Le même désir de rendre cette publication accessible à tous les lecteurs nous a engagés à traduire en français, quand elles ont été écrites en anglais ou en allemand, les pièces que nous donnons dans l'Appendice ; mais, chaque fois que nous avons pris cette liberté, nous n'avons pas manqué de l'indiquer.

Notre recueil a été formé, pour la plus grande partie, au moyen de quatre collections particulières.

D'abord, la petite collection, pieusement conservée par Madame Eugène Burnouf, des lettres qui lui ont été adressées par son mari, et qui, presque toutes, ont été écrites pendant

les années 1834, 1835 et 1837, au cours des voyages d'Eugène Burnouf en Allemagne et en Angleterre et pendant une saison à Vichy. Nous avons choisi celles qui offraient quelque intérêt historique, et qui, tout intimes qu'elles fussent, pouvaient se publier sans manquer d'une respectueuse réserve envers des mémoires vénérées. Au milieu de ces lettres, et quelquefois sur la même feuille de papier, il s'en est trouvé plusieurs adressées à M. Burnouf père. Avec les réponses de celui-ci, c'est tout ce que nous possédons de la correspondance de ces deux hommes éminents qu'unissait étroitement la plus tendre affection. Les fonctions d'inspecteur général des études tenaient pourtant chaque année, pendant de longs mois, M. Burnouf père éloigné de son fils, duquel, le reste du temps, il ne se séparait jamais. Ils avaient pendant ces absences l'occasion et le besoin de s'écrire fréquemment, et nous aurions attaché un grand prix à posséder une correspondance qui n'existe plus.

Ensuite une série de lettres à M. Jules Mohl, l'ami le plus cher d'Eugène Burnouf. Une égale bonté de cœur, le même genre d'esprit, les mêmes goûts, et presque les mêmes études avaient créé entre les deux savants une amitié vraiment fraternelle, dont le charme se révèle dans leur correspondance. Après la mort de M. Mohl, Madame Mohl a bien voulu nous témoigner qu'elle partageait les sentiments de son mari à notre égard, en nous faisant don de toutes les lettres qu'il avait conservées d'Eugène Burnouf. Si elles ne sont pas plus nombreuses ici, c'est que les deux amis se voyaient presque tous les jours et ne faisaient que de rares absences ; de plus, il nous fallait omettre celles dont le sujet est purement scientifique.

Nous avons puisé largement aussi dans une réunion de

lettres écrites par Eugène Burnouf à son oncle, M. Charles Burnouf, et à son cousin germain, M. Emile Burnouf, membre de l'École d'Athènes et plus tard directeur de cette même Ecole. Celui-ci a reçu les dernières lignes tracées par la main mourante d'Eugène Burnouf; il a conservé avec un soin pieux toutes ces pages empreintes d'une affection sincère, et nous ne saurions assez le remercier de les avoir mises bien cordialement à notre disposition.

Nous avons déjà parlé des lettres adressées à Christian Lassen, avec lequel Eugène Burnouf a entretenu jusqu'à sa mort une correspondance amicale. La collection en est soigneusement conservée à la Bibliothèque de l'Université de Bonn, et elle a été pour nous une source précieuse. Malheureusement elle ne contient que trente-trois lettres, commençant en 1825 et s'arrêtant en 1837. Il est regrettable de ne pas avoir toutes les lettres qui ont suivi et dont nous possédons les réponses, c'est-à-dire les lettres de Lassen, au nombre de vingt-huit, de l'année 1837 à l'année 1852.

Pour compléter cette série, dans le même ordre d'idées et de travaux , nous désirions beaucoup retrouver la correspondance d'Eugène Burnouf avec Auguste- Guillaume de Schlegel. Ayant acquis la certitude que ces lettres ne sont pas à Bonn, nous avions renoncé à l'espoir de les joindre à celles qui ont été adressées dans le même temps à Lassen, quand un heureux hasard nous a mis sur la trace de quelquesunes. La Bibliothèque royale de Dresde en possède quinze, et le bibliothécaire en chef, M. Schnorr von Carolsfeld, a eu la complaisance de nous en envoyer une excellente copie. Il était trop tard alors pour insérer ces lettres à leur date, elles vont de 1827 à 1839; nous avons dû en faire l'objet d'un supplément.

Plus tard encore, et comme ce volume était déjà imprimé, il nous est parvenu une lettre adressée à un savant qu'Eugène Burnouf tenait en grande estime, M. Obry, d'Amiens, qui a consacré des articles très étendus au Commentaire sur le Yaçna et au Mémoire sur deux inscriptions cunéiformes. Nous regrettions vivement de ne pas pouvoir profiter d'une communication intéressante, due à l'obligeance de M. Ernest Obry, président du tribunal d'Amiens. Une ingénieuse combinaison typographique nous a ôté tout regret, en nous permettant d'insérer la pièce à sa date. Le léger trouble que cette intercalation jette momentanément dans la pagination est largement racheté par l'intérêt qui s'attache à cette lettre, la seule peut-être qui subsiste d'une active correspondance, et, pour nous, la seule qui soit de l'année 1836.

C'est à M. le professeur Paul de Lagarde, de Gœttingue, que nous devons la connaissance des lettres à Lassen, recueillies par la Bibliothèque de l'Université de Bonn. Il a bien voulu nous les signaler, et nous en faire obtenir le prêt sous sa propre responsabilité, nous fournissant ainsi le moyen de les copier et de les faire entrer dans notre collection. Non content de nous procurer cette précieuse communication, il a encore pris la peine de copier pour nous les lettres qu'il a reçues lui-même autrefois d'Eugène Burnouf et celles qui ont été adressées à F. -A. Pott, et que garde la Bibliothèque de l'Université de Halle. Il nous a indiqué plusieurs lettres à Théodore Benfey, déjà publiées en Allemagne dans une Revue consacrée aux études indo-germaniques, lettres dont Madame Louis Benloew, une des filles de Théodore Benfey, nous a depuis, très gracieusement, communiqué les originaux, ce qui nous a permis de vérifier la parfaite exacti-

tude de la publication première. Enfin, M. P. de La garde a eu la bonne pensée de nous mettre en rapport avec le fils de Bopp, M. le conseiller W. Bopp, lequel a consenti à nous céder, en échange des lettres de son illustre père, celles de Jean- Louis et d'Eugène Burnouf. Nous avons les plus grandes obligations à M. le professeur Paul de Lagarde : sans son généreux concours, si bienveillant et si actif, il nous aurait été impossible de réaliser notre dessein et de rassembler assez de lettres pour en former un volume. Qu'il reçoive ici l'expression de notre sincère gratitude !

En dehors de ces sources principales il s'est retrouvé un certain nombre de lettres adressées à divers correspondants ; et, là encore, nous avons été aidés avec une extrême bienveillance et une complaisance inépuisable par Madame Charles Lenormant, par M. le professeur Lœwenfeld, de Berlin, et par M. Théodore Dufour, directeur de la Bibliothèque de la ville de Genève. A eux, comme à toutes les personnes qui nous ont donné ou communiqué des lettres, nous offrons nos plus vifs remerciements.

Et, malgré tout, il y a encore beaucoup de lacunes dans ce recueil. Même pour l'Allemagne, où nous avons trouvé le concours le plus empressé, trop de lettres font défaut. Il nous manque la correspondance, que nous savons avoir été très suivie, avec les frères Guillaume et Alexandre de Humboldt, avec Frédéric Creuzer, avec tant d'autres hommes illustres, philologues, historiens ou philosophes, célèbres dans toute l'Europe ; avec une foule de jeunes orientalistes qui allaient bientôt devenir célèbres aussi, et qui, après quelques années passées à Paris pour suivre le cours de sanscrit, avaient rapporté dans leurs savantes Universités un souvenir recon-

naissant de l'accueil qu'ils avaient reçu du professeur, souvenir inséparable de celui qu'ils gardaient de ses belles et fructueuses leçons. En Angleterre notre récolte a été à peu près nulle. Nous savons pourtant qu'Eugène Burnouf avait de nombreux correspondants à Londres comme à Oxford, et dans l'Inde, à Calcutta, à Bombay, à Madras.

Eugène Burnouf a conservé presque toutes les lettres qu'il recevait, et c'est par elles que nous pouvons mesurer l'étendue de ce qui nous manque. Il nous eût été bien précieux de retrouver les réponses aux lettres si pleines de faits, si curieuses, si amicales, souvent même si touchantes de ses correspondants. Ces lettres attestent toutes l'estime et l'admiration qu'il inspirait au monde savant. Quelques-unes, comme celles que lui écrivait James Prinsep au sujet de ses propres découvertes, sont de la plus haute importance. Quel intérêt n'offrirait pas la correspondance complète entre ces deux hommes de génie, et l'échange de leurs idées et des résultats de leurs recherches ?

C'est pour indiquer des lacunes regrettables, et surtout pour compléter l'esquisse de la vie d'Eugène Burnouf, qui se dessine d'elle-même dans sa correspondance, que nous avons tenu à donner en appendice plusieurs lettres à lui adressées. Les unes répondent à des questions touchées dans une précédente missive et les expliquent ; les autres ne font que se rapporter à certains événements personnels ; d'autres encore sont adressées à M. Burnouf père, mais rappellent à chaque ligne et le souvenir et les études de son fils. Toutes nous ont paru intéressantes, soit par leur sujet, soit par le nom des signataires. Au premier rang des pièces les plus importantes il convient de mettre la petite correspondance

échangée entre Jean-Louis Burnouf et François Bopp, de Tannée 1820 à l'année 1825. C'est là que se montre, pour la première fois, le goût passionné d'Eugène Burnouf pour les études orientales. On voit qu'il le tenait de son père, épris lui-même de ces belles études, auxquelles de graves devoirs l'empêchaient de se livrer comme il l'aurait souhaité.

L'Appendice est suivi d'une Bibliographie des ouvrages imprimés d'Eugène Burnouf. Le nombre en est considérable et pourrait laisser croire qu'ils sont le fruit d'une vie aussi longue que laborieuse, si on ne savait que la mort a enlevé Eugène Burnouf au moment où il atteignait sa cinquante et unième année. Et, cependant, la masse de ses ouvrages restés manuscrits dépasse encore de beaucoup celle de ses livres imprimés. Quelle somme de travail représentent tous ces volumes, au nombre de plus de cent, qui sont venus enrichir les fonds orientaux de la Bibliothèque nationale ! Nous ne sommes pas en mesure d'en donner le catalogue; mais, comme l'a dit excellemment M. Naudet, « la nomenclature « des œuvres d'Eugène Burnouf resterait trop imparfaite si «^ on n'y ajoutait un aperçu de ses travaux inédits , qu'il « se proposait d'achever et de publier, ou qui, sans être « destinés à la publication , simples instruments de ses « études et de ses découvertes, sont des chefs-d'œuvre « ou des témoignages admirables de sa sagacité , de sa « méthode, de sa patience. »

Nous avons emprunté à un savant article de M. Barthélémy Saint-Hilaire l'énumération et la description de la plupart de ces travaux inédits ou inachevés.

Tel qu'il est, et malgré trop d'omissions involontaires ou

quelquefois inévitables, ce recueil ne peut manquer d'offrir un intérêt réel. Tout ce qui est tombé de la plume d'Eugène Burnouf mérite le respect ou commande l'attention. De cet ensemble de lettres, si incomplet qu'il soit, ressort l'image vraie de la vie d'un homme d'un grand cœur et d'un grand esprit. Vie bien trop courte, hélas ! mais si admirablement remplie, si pure et si belle !

Pour terminer, nous emprunterons quelques lignes au rapport fait par M. Jules Mohl à la Société asiatique, dans l'année 1852. Ce jugement sincère, porté sur le savant par un autre savant bien digne de l'apprécier, suppléera à ce que la piété filiale serait impuissante à exprimer.

« Il (Eugène Burnouf) avait le véritable génie des

« découvertes, un amour inaltérable du vrai, une concep- « tion hardie et une méthode d'une sagesse et d'ime sûreté « presqu' infaillibles. Il ne lui a pas été donné de terminer « ses ouvrages, de tirer lui-même toutes les conséquences de « ses grandes découvertes ; mais leur effet n'en sera pas « moins durable. Il a rehaussé la gloire littéraire de la « France, et son nom ne cessera pas de grandir avec les « études qu'il a créées. »

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