‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 145 sur 547 · LES MARIONNETTES A CIREY · texte numérisé non relu

LES MARIONNETTES A CIREY

An MÊHK.

Cirey, ce mardi (16 décembre 1738), à huit heui*es du soir.

Je sors des marionnettes qui m'ont beaucoup divertie, elles sont très bonnes ; on a joué la pièce où la femme de Polichinelle croit faire mourir son mari en chantant fagnana! fagnanal... C'était un plaisir ravissant d'entendre Voltaire dire sérieusement que la pièce est très bonne; il est vrai qu elle l est autant qu'elle peut l'être pour de (elles gens. Cela est fou de rire de pareilles fadaises, n'est-ce pas, mon cher Panpan? Eh bien! j'ai ri.

1. Le duc de Riclielieu avait été camarade de Voltaire chez les Jésuites; Voltaire le flatta, le maria, lui prêta de l'argent, et enragea toujours secrètement de ne pas pouvoir prendre plus d'intluence sari il.

2. L'abbé Desfontaines, qui ne manquait pas d'esprit, n'est plus guère connu, aujourd'hui, que poui sa querelle avec Voltaire. 11 allai»

lancer la Vollairomanie en réponse au Préservati/ (1738) Cf 0. 95, n. 3.

i<.)'2 LETTRES DU DlX-HUITIEME SIECLE.

Le théâtre est fort joli, mais la salle est petite. Dnthéâir(^ et une salle de marionnettes, oh ! c'est drôle ! mais qu> a-t-il d'étonnant? Voltaire est aussi aimable enfant que sage philosophe. Le fond de la salle n'est qu'une loge peinte, garnie comme un s«pha,'et le bord sur lequel on s'appuie est garni aussi. Les décorations sont en colonnades avec des pots d'orangers entre les colonnes : tu veux tout savoir, tu sais tout.

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