‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 243 sur 547 · Tout le nioiide est iiolrc maison · texte numérisé non relu

Tout le nioiide est iiolrc maison

2. Œuvra; compU'.tes, édit. Diissard el Daire (1844, 2 v. gr. iii-8).

M. (i!i. Henry a publi/; depuis la C.orrcsjtondance inôdilc de Condor rcl et de Turyot (l'aris, rerrm, in-8).

ftire des ters métriques. Mais la littérature, par laquelle ii m chercha jamais la gloire, ne fut que l'amusement de son loisir. €e fut un giand homitie de bien qui aurait pu être un prjnd homme d'État, si la destinée l'eût voulu. Il passa sa vie à rêver aux moyens de diminuer les misères de l'humanité, et particulièrement celles du peuple français. Sa méditation avait embrassé toutes les parties de la société: institutions politiques, finances, administration, industrie, commerce, travaux publics, éducation, il avait tout étudié avec un esprit philosophique et indépendant, sans rechercher la nouveauté plus qu'il ne respectait la tradition, uniquement mu par la passion du bien public et n'omettan/ jamais la considération du possible.

N'ayant jamais donné de marques de fanatisme, ne s'étant jamais compromis dans des polémiques violentes, Turgot fut universellement respecté de ses contemporains : il ne fut haï que des courtisans. Toute l'Europe applaudit à son enti^ée au ministère. La lettre qu'il écrivit alors au roi, où il traçait le programme de son administration, n'est pas seulement un précieux document historique: elle peint l'homme, avec sa hauteur de vues et sa paisible énergie de caractère. J'ai joint à cette pièce la plus grande partie d'une longue lettre que Turgot écrivit à Mme de Grafligny : on y verra comment il rêvait la réforme de l'éducation nationale qui devait être la base d'une réforme de l'État. On y retrouvera plus d'une des idées que J.-J. Rousseau devait exprimer dix ans plus tard avec tant d'éclat dans VÉmile : elles font moins d'effet parce qu'elles sont maintenues dans la juste mesure du bon sens, et qu'il s'y mêle moins de paradoxes, parce qu'aussi le style de Jean-J.ic(pies ne les revêt pas. Turgot écrit avec modération, raison, logique : mais il n'est à aucun degré poète ni orateur, et sa pensée est plus vive, plus hardie, plus originale que son expression.

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