LES DEBUTS DU REGNE DE LOUIS XVI. TURGOT
A MONSIEDB DE GciBERT *.
Ce lundi, 29 août 1774.
Vous savez que M. Turgot * est contrôleur général ; mais ce que vous ne savez pas, c'est la conversation qu'il a eue à ce sujet avec le roi. Il avait eu quelque peine à accepter le contrôle, quand M. de Maurepas le lui proposa de la part du roi. Lorsqu'il alla remercier le roi, le roi lui dit : Vous ne vouliez donc pas être contrôleur général? — Sire, lui dit M. Turgot, f avoue à Votre Majesté que f aurais préféré le ministère de la marine, parce que c'est une place plus sûre, où fêtais plus certain de faire le bien; mais, dans ce moment-ci, ce n'est pas au roi que je me donne, c'est à l'honnête homme. Le roi lui prit les deux mains et lui dit : — Vous ne serez point trompé. M. Turgot ajouta : Sire, 'je dois représenter à Votre Majesté la nécessité de l'économie, dont elle doit la première donner l'exemple : M. l'abbé Terray l'a sans doute déjà dit à Votre Majesté. — Oui, répondit le roi, i7 me l'a dit, mais il ne Va pas dit comme vous. Tout cela est comme si vous l'aviez entendu, parce que M. Turgot n'ajoute pas un mot à la vérité. Ce mouvement de l'âme de la part du roi fait toute l'espérance de M. Turgot, et je crois que vous en prendriez comme lui. — M. de Vaines est nommé à la place de M. Leclerc '; mais n'en aura pas le faste : point de jeu, point de valet de chambre, point
1. Le comte de Guil)ert (1715- 1790) aiUcur d'un fi.s-.sa/ (jcnéralde Taciigiic, d'Êlofics do CiiUiint. et de rilopilal, et de médiocres Iragédics. Ce riascoi). pédant, froid et tat, ne jiiHtiliait guère ramilii' pas-
siounée et l'admiration enlhoiisiasle qui lui voua M'" de J-c-spinassc II était alors dans le Midi,
2, Voyez p. 550 el 337.