LES DEBUTS DU REGNE DE LOUIS XVI. MALESHERBES
Jeudi, «juillet 1775.
Je vais vous dire que d'ici à peu de jours voici ce qui Seta public : c'est que M. de Maleslierbes * a toutes les places dé M. le duc de la Vrillière : celui-ci donnera sa démission datis quelques jours; il a encore à faire une visite à l'assemblée dli clergé qui doit lui valoir vingt mille francs. M. de Malésherbes donnera la démission de sa charge à la cour des aides, et M. de Barentin * le remplacera. Si vous saviez tout ce que M. de Malésherbes a mis d'honnêteté et de simplicité en acceptant cette place! vous redoubleriez d'estime, de goût et de vénération pour cet excellent homme. Oh ! pour le coup, soyez bien assuré que le bien se fera, et qu'il se fera bien, parce que ce sont les lumières qui dirigeront la vertu et l'amour du bien public. Jamais, deux hommes plus vertueux, plus éclairés, plus désintéressés, plus actifs n'ont été réunis et animés plus fortement d'un intérêt plus grand et plus élevé. Vous le verrez • leur ministère laissera une profonde trace dans l'esprit
1. Cliréticn Gdillautne de Lanmifruon 'te Maleslierbes, né eii IT'il. gruillolinéen 1794. Le 16 juillet 177o, il se démit de sa charge .ir l'résidenl de la cour des aides, tiii uoiiiiiié ministre de la maison (lu rui k U place du duc de la
Vrillére renvoyé le 17, el se niii-a le 12 mai 1776, quclquos jours avant Turj;ot, remplacti le 20 par M. d<3 Clugny (Note de M. E. As.^c;, 2. Avocat pcuural au ParJemnnt de Pari» (1758-1S19), il fut garde des sceaux en 1788.
des hommes. Tout ce que je vous dis là est encore un secret. Ce choix-là sera reçu avec transport du public; il, y a quelques gens qui en enrageront, mais ils se tairont. Les intrigans auront bien peu de moyens^ cela est bien touchant. Uh! le mauvais temps pour les fripons et pour les courtisans! IN'y a-t-il pas bien de la délicatesse à iaire celte distinction! cela s'appelle partager un cheveu en |ua(i-e.