‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 288 sur 547 · Son mat · texte numérisé non relu

Son mat

il en serait aussi blessé que moi. Grâce au ciel, nos sentimens sont conformes sur cet article, et il n'aura jamais, j'espère, à rougir des miens. Réparez donc le tort que vous m'avez fait; et si vous avez parlé, montrez plutôt ma lettre à madame d'Aiguillon, que de lui laisser croire que j'ai voulu lui faire ma cour. J'aimerais mieux qu'elle sût ce que je pense de son fils* que de me supposer cette indigne intention ! mais mon éloignement pour la bassesse ne doit pas me porter à l'insulte. Ce serait l'insulter que de le lui dire; et elle n'est assurément pas faite pour être insultée. Si elle est digne de ce que je pense d'elle, ma raideur ne doit ni l'étonner, ni l'offenser; mais elle ne doit pas non plus se croire redevable envers moi, si mon opinion n'est qu'une justice: si elle était une erreur, que m'importe l'impression que pourrait lui faire ce qu'elle appellerait alors tia brutalité? Encore une fois, montrez-lui plutôt ma lettre, éi vous avez parlé, que de me laisser compromise d'une façon aussi flétrissante pour moi ; et, une bonne fois pour toutes, mettez-vous bien en tête que vous ne devez faire ma cour à personne, ni m'àttirer les services de qui que ce soit. Je ne sais pas à' qui je pourrais souffrir l'insolente prétention de m'en rendre. Je m'attends bien que vous trouverez que je prends le carême trop haut*. Mais, quand vous vous supposeriez dans ma situation, vous ne mettriez pas pour cela votre caractère à la place du mien, parce • qu'on ne peut voir les mêmes objets de la même manière qu'avec les mêmes yeux. Ainsi, quand j'aurais tort pour vous, il ne s'ensuivrait pas de là que j'eusse tort pour moi. Si, dans la puissance de mon mari, vous m'eussie* vue protectrice, vous auriez raison de trouver mauvais que je ne voulusse pas être protégée aujourd'hui. Si, dans sa faveur, TOUS m'eussiez vue haute, dominante, insultante, vous auriez raison de trouver mauvais que je] ne fusse pas aujourd'hui basse, soumise, rampante. J'en appelle i

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