‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 326 sur 547 · LES VENDREDIS DE MADAME NECKER · texte numérisé non relu

LES VENDREDIS DE MADAME NECKER

A Madjime Nfxksr*.

Naples, 4 août 1770.

Mais c'est à condition que vous ne me répondrez pas par une lettre trop belle, ni trop sublime; je veux savoir de vous, Madame, tout bonnement, tout platement, comment vous portez-vous? Que faites-vous? Comment se porte M. Neckerî Que fait-il? vous amusez- vous? Vous ennuyez-vous? Voilà mes demandes et mes curiosités. Elles sont naturelles, car, n'en doutez pas, il n'y a point de vendredi que je n'aille chez vous en esprit. J'arrive, je vous trouve tantôt achevant votre parure, tantôt prolongée sw cette duchesse*. Je m'assieds à vos pieds. Thomas en souffre tout bas, Morellet en enrage tout haut, Grimm, Suard en rient de bon cœur et mon cher comte de Creutz ne s'en aperçoit pas. Marmontel trouve l'exemple digpe d'être imité*, et vous, Ma-

1. Suxanue Curchod de Naew (1739-1794), fille d'uu ministre protestant, épousa Necker eij 1764.

Très instruite et très intelligente, elle écrivait avec un peu de lourdeur et d'apprêt. Elle fut très bienfaisante et fonda, en 177K, l'hôpital qui porte !• nom de son mari

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