REPROCHES
A VOLTAIRl *.
Potsdarit), U février 175!
J'ai été bien aise de vous recevoir chez moi; j'ai estime ▼otre espri», vos talens, vos connaissances; et j'ai ducroire qu'un homm î de voire âge, lassé de s'escrimer contre les auteurs et de s'exposer à l'orage, venait ici pour se réfugier comme en un port tranquille. Mais vous avez d'abord, d'une façon assez .-singulière, exigé de moi de ne point prendre Fréron pour m'écrire des nouvelles'; j'ai eu la faiblesse ou la complaisance de vous l'accorder, quoique ce n'était' pas à vous de décider de ceux que je prendrais en service. D'Arnaud* a eu des torts envers vous; un homme vindicatif poursuit ceux qu'il prend en haine. Enfin, quoique d'Arnaud ne m'ait rien fait, c'est par rapport à vous qu'il est parti d'ici. Vous avez été chez le ministrede Russie' lui parler d'affaires dont vous n'aviez point à vous mêler, et l'on a cru que je vous en avais donné la commission. Vous vous êtes mêlé des affaires de madame de Rentinck«, sans que ce fût certainement de votre département. Vous avez eu la plus vilaine affaire du monde avec le Juif. Vous avez
1. Cr. p.l22 et sqq. — Sur cette lettre, »oyex Voltaire et Frédéric, par M. Desnoirestones.
2. Frédéric avait un correspondaol littéraire i Paris. — Sur Préron, cf. 237, n. 5. On sait la haine itoplacable que Voltaire lui porta ei qui du reste était bien payée de r»?tour