EN CAMPAGNE
A VOLTIIM.
Ramroenau, 28 septembre 1758.
Je suis fort obligé au solitaire des Délices de la part qu'il prend aux aventures du Don Quichotte du Nord. Ce Don Quichotte mène la vie des comédiens de campagne, jouant tantôt sur un théâtre, tantôt sur un autre, quelquefois sifilé, quelquefois applaudi. La dernière pièce* qu'il a jouée était la Thébaïdei à peine y resta-t-il le moucheur de chandelles. Je ne sais ce qui arrivera de tout ceci; mais je crois, avec nos bons épicuriens, que ceux qui se tiennent sur l'amphithéâtre sont plus heureux que ceux qui se tiennent sur les tréteaux. Quoique je sois par voie et par cliemin, j'entends à bâtons rompus parler de ce qui se passe dans la république des lettres; et cette bavarde à cent bouches ne dit point ce que vous faites. J'aurais envie de crier à vos oreilles : Tu dors, Brutu»! Voici trois ans écoulés qu'il ne paraît point de nouvelles éditions de vos ouvrages; que faites-vous donc? Au cas que vous ayei fait quelque chose de nouveau, je vous prie de me l'envoyer. D'ailleurs, je vous souhaite toute la tranquillité et tout le repos d(nit je ne jouis pas. Adieu.
1. L) bataille de ZorniIorfT j la vicloire fut sanglante pour Fré- '25 août 17uS/, où les Russes jier- j déric, qui n'osa inquiéter la relîinl''
aucut Uix-huit mille hommes : nuis 1 de 1 uuiicmi.