‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 369 sur 547 · UNE FÊTE DES ROIS · texte numérisé non relu

UNE FÊTE DES ROIS

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Berlin, 10 janvier 1767.

Nous venons de célébrer ici les Rois, non avec une gravité doctorale, qui ne convient point à mon caractère, mais avec les assaisonnemens qui pouvaient y répandre de la gaieté. On a fait des billets pour autant qu'il y avait de convives, et le hasard a décidé des fortunes. Mme de Pannwitz est devenu roi; un de mes neveux*, reine; ma nièce de Prusse', général d'armée; enfin tout sexe s'est trouvé déplacé. Ce sort singulier a fort amusé la jeunesse; mais, à le bien examiner, le hasard fait à peu prés la même chose dans le monde, car la façon de naître, et les différentes conjonctures qui se présentent, décident de nos fortunes. Bien des personnes sont déplacées dans les conditions où le hasard les a mises. Si l'on pouvait connaître le public, on trouverait à coup sûr dans le peuple, et peutêtre parmi la dernière classe des citoyens, des génies comparables à Marc-Aurèle, à Jules César, à la reine Elisabeth, à Sapho, à Cicéron, à Virgile*. Mais ces génies, ne se Irou-

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