BEAUMARCHAIS
qu'il n'a pas un sujet plus télé que Ion ami le blâiu<»', je l'apprends quelque jour que, le 26 juin 1774, je suis parli pour un nouveau voyage dans un nouveau pays», honorr de la confiance du nouveau maître; que tes difncullés de tous genres, qui ne m'ont jamais arrêté sur rien, ne rendent mon zèle que plus ardent, et que j'ai réussi à prourer en effet que je n'étais pas aussi digne de blâme qu'il a plu au parlement de l'imprimer? Mais à quoi ra'amusé-je ici! Mes chevaux de poste sont arrivés; et si je ne tournais pai le dos à Bayonne, d'honneur je te porterais ma lettre moimùme; j'irais renouveler connaissance avec M. Varnier, dont le caractèxe, l'esprit et le sens exquis m'avaient frappé à Madrid', au point que j'aurais désiré qu'il voulût Ineo accepter ma maison et mon amitié; j'irais embrasser cette Madame de Montpellier qui fait, dit-on, le charme de toute sa société; j'irais embrasser avec joie mon vieil ami Datilly.
As-tu compris quelque chose à mon amphigouri de destinée? as-tu senti renaître l'espérance pour ton malheureux proscrit d'ami, en lisant l'obscure annonce que je te fui d'un nouveau champ d'honneur à parcourir?
Si tu te rappelles notre dernière après-midi, où réelloment tu me pressurais (pour user de ton expression), promène ton imagination ; et si tu as trouvé ce que je vous contais alors à tous trois bien extraordinaire, prends ta secousse, et va beaucoup plus loin encore, et tout ce que tu penseras n'approchera jamais de ce que je ne te dis pas. J'aime, mon ami, la noble confiance que tu as en mon courage. Répète-moi de temps en temps que tu estimes en moi cette qualité : j'ai besoin de recueillir tout ce qui m'en reste pour m'élever jusqu'à la besogne que j'entreprends; et l'éloge de mon ami sera ma plus douce récompense.
i. Il était charpé enroro d'emp^ (lier la ptiltlicilioii tliin lil>clic. <lirigf" celle fois ronlrr la jiuine reine. Cette affaire' rcntraîna an fond de l' Allemsfrnr. à la poursuilc du juif Aiigelucci.