‹ Choix de lettres du 18e siecle, publiées avec une introd. des notices et des notesChapitre 98 sur 547 · La guerre de Sept Ans avait éclaté en · texte numérisé non relu

La guerre de Sept Ans avait éclaté en

%. € Des vers faits dans un caiiii)».

disait Frcilenc, qui les envoya à la margrave de Baireuth un moia avant sa mort. La margrave mourut le U octobre 1758.

3. Il demandait à Voltaire d'élever un niouumeut digne de sa sœur. Voltaire fil VOde tur la mort de S. A. S. M— la princess»

de Baireuth.

▼OLTAIRE.

du genre humain, ce serait de faire imprimer les tendres el sublimes vers qui seront à jamais le plus beau mausolée que ▼DUS puissiez élever à notre digne sœur; mais je me donnerai bien de garde d'en lâcher seulement une copie sans la permission expresse de V. M. Vos victoires, votre célérité à la façon de César, vos ressources de génie dans des temps de malheur, vous feront sans doute un nom immortel; mais croyez que cet ouvrage du cœur, ces vers admirables qu'aucun autre homme ne pourrait faire, ajouteront à votre gloire personnelle autant pour le moine qu'une bataille. Si V. M. dit : J'ordonne, j'obéirai; mais je protesterai contre mon ridicule. Encore un mot, Sire, sur ce sujet. Une ode régulière dans ma maudite langue exige trois mois d'un travail assidu, pour être passable. A l'égard des brimborions* dont j'avais parlé, je les aurais surtout demandés, si quatre ou cinq cent mille hommes prévalaient contre vous, si vous étiez seul, réduit à votre courage et à votre supériorité sur les autres hommes ; mais si vous continuez à être la terreur de trois ou quatre nations, à nettoyer en deux mois trois ou quatre provinces d'ennemis, d'être le plus puissant prince de l'Europe par vous-même, alors ce serait à V. M. à me les offrir. Je me suis fait un tombeau entre les Alpes et le mont Jura; j'y ai deux seigneuries considérables', qui sont aux yeux d'un roi des taupinières. Je n'ai nulle envie de briller aux yeux de mes paysans; un cœur seul demandait ces marques de votre souvenir, et les méritait. Je vous regarderai, Sire, comme le plus grand homme de l'Europe; mais je n'ai besoin de rien que du souvenir de ce grand homme, qui, au bout du compte, m'a arraché à ma patrie, à ma famille, à mes emplois, à mes charges, à ma fortune et qui m'a planté là.

J'attends la mort tout doucement. Tracassez bi«n, Sire, votre illustre et glorieuse et malheureuse vie, et puissiezvous entin goûter le repos, qui est le seul but de tous les

1. Voll.airc aurai! bien voulu se voycs. Frédéric fil la sourde !.iiro rendre l'ordre du Mcrilc el la oreille. \!-jrdc cliaiiibellau, tju'il avait ren- '1. Ferncy cl Tournay.

hommes, et qui sera mieux employé par un philosophe tel que vous que par aucun de ceux qui croient l'être.

Pour mon respect, V. M. ne s'en soucie guère, mais il est sans bornes.

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