De du Belloy
A- Parce fiu'il n'a pas pu.
5. Le marquis de Villovicille, qui ne mourut qu'en 1825. était un ami du marquis de Villelte, chez lequel il assista aux derniers instants de Voltaire.
moral. Un honnôte homme peut fort bien s'élever contre la superstition et contre le fanatisme : il peut détester la persécution ; il rend service au genre humain s'il répand les principes humains de la tolérance : mais quel service peut-il rendre, s'il répand l'athéisme? les hommes en seront-ils plus vertueux, pour ne pas reconnaître un Dieu qui ordonne la vertu ? non sans doute. Je veux que les princes et les ministres en reconnaissent un, et même un Dieu qui punisse et qui pardonne. Sans ce frein, je les regarderai comme des animaux féroces qui, à la vérité, ne me mangeront pas lorsqu'ils sortiront d'un long repas, et qu'ils digéreront doucement sur un canapé ; mais qui certainement me mangeront, s'ils me rencontrent sous leurs griffes, quand ils auront faim ; et qui, après m'avoir mangé, ne croiront pas seulement avoir fait une mauvaise action ; ils ne se souviendront même point du tout de m'avoir mis sous leurs dents, quand ils auront d'autres victimes.
[.'athéisme était très-commun en Italie, aux quinze et ième siècles : aussi, que d'horribles crimes à la cour (les Alexandre VI, des Jules II, des Léon X ! le trône pontilical et l'Église n'étaient remplis que de rapines, d'assassinats et d'empoisonnemens. Il n'y a que le fanatisme qui ait produit tant de crimes.
Je ne persuaderai pas l'existence d'un Dieu rémunérateur et vengeur à un juge scélérat, à un barbare avide du sang humain, digne d'expirer sous la main des bourreaux qu'il emploie ; mais je la persuaderai à des âmes honnêtes; et, si c'est une erreur, c'est la plus belle des erreurs.