‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 161 sur 558 · LES MARIONNETTES A CIREY · texte numérisé non relu

LES MARIONNETTES A CIREY

Ad même.

Cirey, ce mardi (16 décembre 1758), à huit heures du soir.

Je sors des marionnettes qui m'ont beaucoup divertie, t Uos sont très bonnes; on a joué la pièce où la femme de l'olichinelle croit faire mourir son mari en chantant fagnana! fagnanal... C'était un plaisir ravissant d'entendre Voltaire dire sérieusement que la pièce est très bonne; il ( -t vrai qu'elle l'est autant qu'elle peut l'être pour de ('lies gens. Cela est fou de rire de pareilles ladaiscs, nest-ce pas, mon cher Panpan? Eh bien! j'ai ri.

I Le duc de Riclielieu avait camarade de Voltaire chez les iiiles; Voltaire le flatta, le ma- , lui prêta de l'argent, et l'uragea toujours secrètement de ne pas pouvoir prendre plus d'influence sur lui.

2. L'abbé Dcsrontaincs, qui ne manquait pas d'esprit, n'est plus guère connu, aujourd'hui, que pour sa querelle avec Voltaire. Il allait lancer la YoUairomanie en réponse au Préservatif (1738) Cf.

Le théâtre est fort joli, mais la salle est petite. Un théâtre et une salle de marionnettes, oh! c'est drôle! mais qu'y a-t-il d'étonnant? Voltaire est aussi aimable enfant que sage philosophe. Le fond de la salle n'est qu'une loge peinte, garnie comme un sopha, et le bord sur lequel on s'appuie est garni aussi. Les décorations sont en colonnades avec des pots d'orangers entre les colonnes : tu veux tout savoir, tu sais tout.

Page 1