‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 184 sur 558 · ALEXIS PIRON · texte numérisé non relu

ALEXIS PIRON

^iron fut intarissable en saillies. C'est là le fondement de sa gloire. Sa verve ne languit jamais; rien n'abattit sa gaieté, et sa malice ne fut jamais bien méchante. Il eut souvent de i esprit, et parfois dans une épigramme, dans une chanson, un peu plus que de l'esprit, une sorte de fantaisie qui touche à la poésie, pour retomber, il est vrai, bien vite dans le calembour. Du reste il n'a laissé aucune œuvre qui dépasse le médiocre. Celles de ses lettres qui ont été imprimées, sont en somme d'un mince intérêt. L'esprit s'y noie souvent dans le fatras : ce brillant causeur est un bavard , ses mots plaisants sont en partie éteints ou ternis, et il n'y a pas une idée sérieuse où l'on puisse se raccrocher. Tout est superficiel, et l'on se lasse vite de toutes ces saillies qui ne fournissent rien à l'intelligence et à la raison.

1. Albert do Ualler (1708-1777), savant et poète suisse. Il cultiva surtout la botanique, l'anatomie, et la physiologie. En poésie, son chef-d'œuvre est le ]>oème sur les Alpes (1729). — Voltaire lui ayant dénoncé le libraire Grasset, Haller lui répondit le 17 février 1759, une lettre fort dure, où il lui

faisait la leçon sur son caractère, cause de tous ses malheurs.

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