‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 258 sur 558 · Les paysans · texte numérisé non relu

Les paysans

3. Le marquis estimait fort Rousseau (cf. p. 301), et à sa mort il e regretta eu termes éloquents :

€ Celui-ci était vraiment un homme de talent et de génie et nou!> perdons le plus grand harmouiste de notre langue.... Quel dommage qu'une àme Iransccndantc et noble comme celle de Rousseau ait pourtant si peu tiré parti d'elle-même pour son propre bien et pour celui des autres I pour avoir voulu pbiio- •ophicailler, marcher sur sa tète,

et être son propre appui.... Ce fut un homme singulièrement <loué, funeste pcut-étrç pour quelques pauvres tètes..., mais à bien des égards estimable et même édi- Qant. » Mais quelques années plus tard, reconnaissant dans son (ils enfermé à Vincennes la trace des idées de Rousseau, le marquis rabattit de son estime pour celui-ci.

€ Trois ou quatre fols, écrivait-il, tels que Diderot, Daleml)crt, Rousseau ou autres hommes de paille, habillés de clinquant, dont la bibliothèque est l'inventaire de la tour de Dabei, et qui, la plupar

LETTUÊS DU DIX-IIUITIÈME SIÈCLE

disais-je, qui f enverrait, toi et ton système, copier, de la musique chez ces gens-là, aurait bien durement répondu à ton discours! Mais par contre-coup, ces pensées étaient consolantes, pour un homme qui a consacré toute sa vie à prêcher la nécessité du soulagement du pauvre, et de l'instruction générale; et à désigner, en même temps, ce qu'elle doit être, pour former la seule barrière possible entre l'oppression et la révolte, le seul mais infaillible traité de paix entre la force et la faiblesse. Ah! Madame! le colin-maillard, poussé trop loin, finira par la culbute générale.

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