LAMENTATION D'UN CONSERVATEUR
Au MÊME.
Je connais Paris; sois sûr que cette vile populace qui y croupit, ou qui vient y croupir, pour y cherciier fortune, comme si fortune était un chien perdu, est aussi corrompue que Rome lorsqu'elle chercha à détruire jusqu'au nom des patriciens*; compte que cet infâme peuple de parvenus qui donne le ton, soit dans la robe, soit dans la iinance, est vraiment un peuple républicain par l'insolence, en même temps qu'indigne de l'être à cause de ses vices sans vertus*. Quand un peuple en délire veut, attaquer une monarchie, il commence toujours par la religion. Alors plus de prestiges; bientôt la dilférence que Dieu lui-même a mise entre les hommes par les distinctions, dont nous voyons la première trace dans la législation des Juifs, parait une injustice à ce peuple. 11 sape la noblesse, et le chef de la hiérarchie, dénué des appuis naturels de son trône, le sent ébranlé, et vacille dans sa place sacrée. Crois-tu qu'il y ait du remède? Je ne le crois pas, et voici pourquoi : c'est que la distinction entre la noblesse et la plébée' n'est que morale et de convention; on détruit cette distinction, et la noblesse est réduite à de vaines prétentions qui la rendent pire qu'inutile.