Plébée : le mot n'est pas dàM Littré
Jean Antoine a porté sa longue personne, sa figure quelquefois grave, quelquefois polissonne, souvent imbécile, dans les quatre parties du globe ; il a vu que partout, comme dit l'Italien, tuito il mondo è casa nostra^; plus, Jean-Antoine, jadis blond, puis châtain, est devenu blanc, jadis mal aisé, e<^t devenu à son aise ; ainsi, Jean-Antoine qui a jugé sur les fleurs de lis, qui a- gouverné, obéi, commandé, fait la guerre par terre et par mer, a été chef d'un sénat, membre d'un autre, s'il ne s'était passablement rendu irréguHer, et n'était pas boiteux, finirait par se faire capellan, pour dire la messe, et pourrait ensuite dire, comme Salomon, qu'il a vu de tout, et que tout est vanité et tourment d'esprit. Voilàt-il pas une belle tirade !
Prieur de Sorbonne en 1749, il quitte en 1751 l'état ecclésiastique, quand il se sent entraîné irrésistiblement vers le libre usage de la raison et vers la science. En 1752, il devient conseiller au Parlement, il se fait avocat de la tolérance, et donne des articles de philosophie et d'économie à V Encyclopédie. Kommé à l'intendance de Limoges (17G1), il fit prospérer sa province, et y donna l'idée de ce que pouvait être un État bien gouverné. Par malheur il n'eut pas la même liberté dans son ministère que dans son intendance, et, du 24 août 1775 au 12 mai 177G. il fit du bien sans doute, mais non celui qu'il avait rêvé. Il eût réalisé, s'il eût été appuyé et suivi par le roi, toutes les plus excellentes /éformes que la Révolution opéra, et elles n'eussent pas coûté de sang, ni amené la subversion de tout l'ordre ancien. Il aimait les lettres, et comme il faut que les esprits les plus équilibré aient leur chimère cepondant et leur part de folie, il tonla de