Sur le Commentaire
élre en même temps si dépourvu de goût. Ce ne sont point les choses basses et familières qui me surprennent et qui me choquent, je les attribue au peu de connaissance qu'il avait du monde et de ses usages; mais c'est la manière iont il tourne et retourne la même pensée, qui est bien contraire au génie, et qui est presque toujours la marque d'un petit esprit*. Vous devriez bien m'envoyer toutes les choses que vous faites, je ne les ai jamais qu'après tout le nnnnde.
4. — JUGEMENT SUR CORNEILLE ET RACINE A Monsieur de Voltaire.
Paris, 48 juillet 1764.
Vous vous trouvez peut-être fort bien de l'interruption de notre correspondance; mais ne m'en faites jamais l'aveu, je vous prie. Je n'ai point de plus sensible plaisir que de recevoir vos lettres ni d'occupations plus agréables que d'y répondre; je sais bien que le marché n'est point égal entre nous, mais qu'est-ce que cela fait? ce n'est point à vous à compter rie à rie.
Je vous en demande très-humblement pardon, mais je vous trouve un peu injuste avec Corneille*. Je conviens de tous les défauts que vous lui reprochez, excepté quand vous dites qu'il ne peint jamais la nature. Convenez, du moins qu'il la peint suivant ce que l'éducation et les mœurs du pays peuvent l'embellir ou la défigurer', et qu'il n'y a point dans ses personnages l'uniformité qu'on trouve dans presque toutes les pièces de Racine. Cornélie est plus grande que
1. Voilà un mot fâcheux pour M"* Du DefTand. Mais quand elle aura achevé sa lecture, la justesse naturelle de son esprit lui Tera mieux juger Corueillc. Voy.la lettre suivante.