L'empereur Jofepb II, qui voyageait en France miu m oom
Il passa près de Femey et ne »'y arrêta pas, au fraod d^it <U Voltaire.
des "ibriques, et qu'il n'a point vu Voltaire; ces autres chO'4»*s se rencontrent partout, et il faut des siècles poui proa aire un Voltaire. Si j'avais été à la place de l'empereur je n'aurais pas passé par Ferney sans entendre le vieux patriarche, pour dire au moins que je l'ai vu et entendu. Je crois, sur certaines anecdotes qui me sont parvenues, qu'une certaine dame Thérèse*, très peu philosophe, a défendu à son fils de voir le patriarche de la tolérance. Ce que l'empereur a de bon, il le tient de lui-même, c'est son propre fonds, c'est son caractère à lui, qui a perfectionné son éducation. Ce maréchal de Bathyani* qui l'a élevé, et que j'ai connu particulièrement, était un digne homme et capable de donner de bons principes à un jeune prince. Je le répèle encore, Uelvétius' s'est trompé dans son ouvrage de l'Laprit. Il soutient que les hommes naissent à peu près avec les mêmes talens; cela est contredit par l'expérience. Les hommes portent en naissant un caractère indélébile; l'éducation peut donner des connaissances, inspirer à l'élève la honte de ses défauts; mais l'éducation ne changera jamais la nature des choses. Le fond reste, et chaque individu porte en lui les principes de ses actions. Cela doit être, parce que nous découvrons des lois éternelles; est-il donc probable, dès que quelque chose est déterminé dans l'univers, que tout ne le soit pas? Je sais que j'agite une grande question ; mais en m'adressant au plus sage philosophe des Gaules, c'est à lui de la résoudre.
1, L'impératrice Marie-Thérèse, qui gouverna jusqu'à sa mort (1780).
2. D'une ancienne famille hongroise, qui jusqu'à notre siècle a fourni des hommes illustres à la maison d'Autriche.