‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 406 sur 558 · APRES LA PAIX · texte numérisé non relu

APRES LA PAIX

An MÊME.

Berlin, 5 mars 1763,

Sire,

Enfin je viens de le voir, ce héraut d'armes tant désiré «, passer sous mes fenêtres, publiant la paix, suivi de quatre ou cinq mille personnes dont les acclamations et les cris de joie m'ont paru plus touchans que la musique la plus harmonieuse. Vous êtes tendrement chéri de votre peuple, et vous le méritez : ce doit être un double plaisir pour Votre Majesté.

Tandis que vous lisez Cicéron à Dahlen », j'emballe ici ses ouvrages. Mes effets ont déjà commencé de partir pour Potsdam. J'éprouve dans cette occasion l'embarras des richesses; je n'ai jamais cru avoir tant de biens; mes meubles ne pourront point aller dans trois bateaux. En voyant tant ue ballots et de caisses, je serais tenté de me figurer que j'ai été dans le commissariat de vos armées. J'ai encore une autre occupation, outre celle de mon déménagement : c'est celle de préparer mon équipage pour aller à votre réception avec les bourgeois de Berlin. Je fais broder actuellement un habit bleu en or, qui est l'uniforme

1. Allusion à la Diatribe du docteur Akakia. VolU.ire accusait Mauperluis d'nvoir soutenu quVn exaltant son àmc on pouvait arriver à prèilire l'avenir.

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