‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 430 sur 558 · il ne put rentrer à Rennes I l'avènement do Louis XVI · texte numérisé non relu

il ne put rentrer à Rennes I l'avènement do Louis XVI

J. Ce fragment est tiré d'une le de Mémoire annexé à la lettre

al on vient de lire deux extraits.

li fut rédigé par M" de Mesmes, ii.e Feydeau de Brou, belle-sœur du président de Lamoignon, sous l'inspiration et sous les yeux de M"* d'Egmont. La comtesse avait été très choquée de l'approbation donnée par Gustave Ili au coup

d'État Maupcou. « J'ai pensé, écritelle au roi, que vous n'aviez pas pris la peine de peser les princijtes de M. le Chancelier, et que par conséquent vous n'aviez vu ui c« qu'il détruit ni ce qu'il veut établir. Dans celte pei-suasiou, j'ai jirié M"* de Mesmes. qui est ici depuis un mois, de rassembler les faits principaux, pour que Votre Majesté pût voir sur quoi se fondo ma façon de penser ù cet égard.

J'étais trop soullraute pour pouvoir laire ce travail moi-même. (Ella avait fait une chute de cheval.) D'ailleurs mon amie en est bien plus capable. Elle a écrit ce petit ouvrage au chevet de mon lit peadnnt ma maladie. • 3. Le droit de remoulrauca «1

vouloir détruire.... On prétend que ce ne fut jamais un droit, et que la seule fonction du Parlement fut toujours de rendre la justice. Telle fut à la vérité son origine; mais nos rois se sont servis de ce Parlement pour appuyer et consacrer leur 'autorité aux yeux du peuple, en laissant dans l'ombre et l'oubli les états généraux*: le peuple s'accoutuma donc à le considérer comme son organe; et la puissance du souverain s'en accrut d'autant; devenue aujourd'hui sans bornes, elle voudrait briser même ce léger frein. Combien ne lui est-il pas utile cependant ? Combien d'hommes à qui ce simulacre de liberté faisait croire qu'ils n'étaient pas soumis à une autorité arbitraire, qui, à la place d'un dévouement servile dicté par la crainte, avaient encore pour les rois celui du cœur, et dont les âmes, par cette raison, conservaient l'énergie et l'hoimeur, qu'on ne trouve plus chez un peuple résigné au despotisme ! Est-ce donc là ce qu'il faut détruire? La ruine du l'arlement n'est pas faite pour augmenter la puissance du roi. Un roi dirait en vain : « Je suis le maître, ma volonté est la loi ». S'il n'était pas le maître en effet de par les lois, cette prétention n'ajouterait rien à sa puissance. Un roi habile, en détruisant tout pouvoir qui peut mettre un obstacle au sien, se gardera bien d'avertir ses sujets qu'il les a rendus esclaves de sa seule volonté, car cette idée effrayante les fait discuter sur l'injustice d'une autorité si grande, et leur fait examiner sur quel droit on se l'attribue. M. le Chancelier, depuis six mois, a fait apprendre l'histoire de

d'enregistrement. — Dans leur mémoire, M""' de Mesmes et d'Egmont remonlaieul aux premiers temps de la mouarchie. Elles montraient qu'après les progrès que le pouvoir royal avait laits depuis plusieurs siècles, deux freins seulement restaient pour l'arrêter sur la pente du despotisme : les droits de la noblesse, déjà presque anéantis en fait, et le droit d'enregistrement que possédait le Parle-

ment. — René Nicolas de Maupeou (1714-1792) devint chancelier en 17G8. Le Parlement fut exilé le 19 janvier 1771, et le Grand Conseil érigé le IL» avril en Parlement nouveau,

1. Voilà que l'on commence à prononcer le nom des états généraux.

La destruction des Parlements lait tourner toutes les espérances de ce côté-là,! après plus d'iui siècle et demi qu'ils semblent oubliés.

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