‹ Choix de lettres du 18e siècle, publiées avec une introduction, des notices et des notesChapitre 435 sur 558 · MARIE-ANNE FRANÇOISE DE NOAILLES · texte numérisé non relu

MARIE-ANNE FRANÇOISE DE NOAILLES

Fille du maréchal de Noailles, et petite-nièce par conséquent de Mme de Maintenon, la comtesse de la Marck' garda dans le

1. II mourait de la petite vérole. de la Marck, grand d'Espa^rne, qu

2. Geffroy, ouv. cité, t. I, ch. iv avait eu d'un premier mariage uoe et V. fille, de laquelle naquit le célèbre

3. Elle épousa en 17i4 le comte ami de Mirabeau (cf. p. 649, n. il

5i0 LETTRES DU DIX-HUITIEME SIÈCLE.

xviii* quelque chose du siècle de Louis XIV. Elle a naturellement dans ses pensées et dans son style une convennnce, une tenue qui la distinguent facilement dans ce siècle de laisser-aller, où chacun semble se pi(iuer de n'avoir ni le ton ni l'esprit de sa situation. Protectrice de Palissot, elle ne se laisse pas séduire à la philosophie de son temps; elle ne s'associe pas aux espérances de réformation sociale, et Turgot lui parait un brouillon chimérique qui désorganise l'État. Mais elle regrette la décadence de la monarchie; le mépris indigné que lui inspire Louis XV se change pour Louis XVI en pitié méprisante. Et ainsi tout en haussant les épaules aux conversations politiques des jeunes femmes, cette vieille femme, qui dans son enfance a entendu les survivants du grand règne, partage a sa façon les désirs généreux de la dernière génération du siècle ; elle a comme les autres son rêve patriotique de restauration des mœurs et de relèvement de la majesté royale dans une France délivrée de ses misères et de ses vices. Elle partagea avec Mmes de Brionne, d'Egmont et de Doufflers l'amitié du roi de Suéde, jalouse parfois de l'influence de celte dernière et de la confiance qu'elle obtenait.

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