Les livres XXX et XXXI
3. Le mar<|uis de Stninvillc, qui mourut en 1769, avait été, en 1726, envoyé extraordinaire du duc de
Lorraine, puis conseiller actuel intime de l'empereur Cliorles VI. Il était alors ambassadeur de l'empereur Krani;ois I". Il fut père du fameux duc de Choiseul et du comte de Stainville, qui fut d'aljord co-
chose qui m'intéresse beaucoup. Je viens d'apprendre que les jésuites sont parvenus à faire défendre, à Vienne, le débit du livre de l'Esprit des Lois^. Votre Excellence sail que j'ai déjà ici des querelles à soutenir, tant contre les jansénistes que contre les jésuites; voici ce qui y a donné lieu. Au chapitre sixième du livre quatrième de mon livre j'ai parlé de l'établissement des jésuites au Paraguay, e! j'ai dit que, quelques mauvaises couleurs qu'on ait voulu y donner, leur conduite à cet égard était très louable; et les jansénistes ont trouvé très mauvais (jue j'aie par là défendu ce qu'ils avaient attaqué, et approuvé la conduite des jésuites : ce qui les a mis de très mauvaise humeur. D'un autre côté, les jésuites ont trouvé que dans cet endroit même je ne parlais pas d'eux avec assez de respect, et que je les accusais de manquer d'humilité. Ainsi j'ai eu le destin de tous les gens modérés, et je me trouve être comme les gens neutres que le grand Gosme de Médicis- comparait à ceux qui habitent le second étage des maisons, qui sont incommodés par le bruit d'en haut et par la fumée d'en bas. Aussi dès que mon ouvrage parut, les jésuites l'attaquèrent dans leur Journal de Trévoux, et les jansénistes en firent de même dans leurs Nouvelles ecclésiastiques; et quoique le public ne fit que rire des choses peu sensées qu'ils disaient, je ne crus pas devoir en rire moi-même, et je fis imprimer ma Défense* que votre Excellence connaît, et que j'ai l'honneur de vous envoyer : et comme les uns et les autres me faisaient à peu près les mêmes impressions, je me suis contenté de répondre aux jansénistes, à un seul article près, qui regarde en particulier le Journal de Trévoux.
Votre Excellence est instruite du succès qu'a eu ma Défense, et qu'il y a eu ici un cri général contre mes adver-
lonel et chambellan de l'empereur, avant de passer au service de France. La terre de Stainviilo était située dans la Barrois : le litre en avait passé par alliance dans la saison de Choiseul.