REFLEXIONS SUR L'ART DRAMATIQUE
A Frédéric IL
Paris, le 17 mars 1749.
Sire, cet éternel malade répond à la fois à deux lettres de Votre Majesté. Dans votre première, vous jugez de la conduite de Catilina * avec ce même esprit qui fait que vous gouvernez bien un vaste royaume, et vous parlez comme un homme qui connaît à fond les gens qui gouvernaient autrefois le monde, et que Crébillon a défigurés. Vous aimez Rhadamiste et Electre ». J'ai la même passion que vous*, Sire ^ je regarde ces deux pièces comme des ouvrages vraiment tragiques, malgré leurs défauts, malgré l'amour d'Itys et d'Iphianasse, qui gâtent et qui refroidissent un des plus beaux sujets de l'antiquité*, malgré l'amour d'Arsame», malgré beaucoup de vers qui pèchent contre la