‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 101 sur 131 · MADEMOISELLE D'ORLÉANS A BRULART · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE D'ORLÉANS A BRULART

Réponse k la préeédente.

20 mai 1681.

Monsieur Brulârt,

J'ai reçu votre lettre avec les expéditions que vous m'avez envoyées. Je vous suis fort oblig^éc de la manière dont vous eu avez usé; vous savez si bien faire toutes choses et vous m'avez toujours témoigné tant d'affection que je n'en dois pas être étonnée, non plus que de la part que vous prenez au gain continue! de. mon procès. Je l'ai ^agné aussi souvent que Ton en a parlé : ainsi la justice qu'on m'a rendue ne m'a pas tant donné de joie que d'avoir vu le plaisir que le Roi a eu à me la rendre, et le soin qu'il a voulu bien prendre de lever toutes les difficultés que M'** de Gien pût former pour empêcher que mon aflTaire ne finît; mais la bonté du Roi à écouter les expédients que je lui ai proposés a mis fin à tout. J'espci*c que vous viendrez quelque jour à Paris etqueje vous conterai toutes ces difficultés avec plaisir; car j'en ai un grand de raconter ces victoires à des amis, et je suis persuadée que vous êtes des miens par la connaissance que j'en ai et par ce que je sens là-dessus qui vous persuadera aisément que je suis votre très affectionnée amie.

Anne-Marib-Louise D'ORUtANS.

CDZZT

CHATËAUNEUF A BRULART.

Ut agents géoériiii do clergé M plaigiieii u Rm d'un arrêt da Pirlemeat touchant les mesures ordonnées par ce Corps contre les désordres des ecclésiutiqnes.

Fontainebleau, le 2» aoAt IMI. MOIISIEUB.

11 y a quelques jours que MM. 1rs agents généraux du clergé ont porté plainte au Koi d'un arrêt rendu au Parlement de Dijon le 17 mars dernier, par lequel il est ordonné aux promoteurs et olficialités de tenir la main à l'observation des saints décrets et de poursuivre les ecclésiastiques suspects de concubinage, et aux substituts du Procureur général et procureurs des seigneur^ de faire chasser et expulser des villes et villages les filles et femmes suspectes qui se trouveront avoir commerce avec les ecclésiastiques. Et comme cet an'ét a paru assez extraordinaire et que Sa Majesté a estimé à propos , avant de prendre résolution, d'être particulièrement informée de toutes les raisons qui y ont pu donner lieu, elle m*a ordonné d'écrire, ainsi que je fais, à M. Quarré d'Aligny de m'envoyer les motifs sur lesquels ledit arrêt a été rendu. De quoi j'ai cru devoir vous donner avis eji même temps et vous assurer que je suis toujours , Monsieur, votre oie,

CHATEALNEUF.

CDZZVI

^ BRULART A CHATEAUNEUF

RépODM k la précédente.

Dijon, \o i.l août 1681.

Monsieur ,

Après vous avoir très humblement remercié, comme je le fais, de Tavis que vous m'avez fait l'honneur de me donner de la plainte de MM. les agents du clergé contre l'arrêt rendu en ce Parlement le 47 du mois dernier, pour obliger les promoteurs des oi&cialités de poui'suivre les ecclésiastiques suspects de concubinage, et les procureurs du Roi et des seigneurs de faire chasser des villes, bourgs et villages les filles et femmes suspectes, je me donnerai l'honneur de vous dire, après m'être informé de M. Durand avocat général, sur les réquisitions de qui cet arrêt a été rendu, qu'il m'a assuré qu'il n'a rien fait en cela que sur la dénonciation qui lui a été faite par écrit par le promoteur de l'évèché de Langres. Et comme en ce temps-là on ne parlait que du libertinage des ecclésiastiques, cpi'on venait de dire des choses étranges pendaut six ou sept audiences publiques à la Toumelle, dai^s une cause où M. Tévêque de Ghalou, qui est présentement à Paris , était partie contre son chapitre pour se faire renvoyer, nonobstant sa prétendue exemption, la connaissance d'un procès criminel qu'il avait fait commencer |)ar i 'officiai de son évèché contre deux chanoines pour concubinage et adultère, et qu'on faisait le procès en même temps à un curé de Tévêché d'Autun pour pareils crimes, et un autre procès à un chanoine de Saulieu, l'enfant duquel a été brûlé , à ce qu'on prétend, tous lesquels désordres faisaient un très grand bruit, on crut ne pouvoir, dans cet état de choses, refuser au Procureur général de rendre cet arrêt. Le promoteur qui l'a demandé l'a lui-même fait imprimer et en a envoyé des exemplaires

dans toute retendue de sa charge, croyant qu'il servirait à arrêter le scandale et le libertinage. Voilà, Monsieur, le compte que je puis vous rendre. Il me parait, si j*ose le dire, qu'il y a un peu de délicatesse dans la plainte de MM. les agents. Je finis en vous assurant que je suis avec mon respect et mon attachement ordinaire pour votre personne, Monsieur, votre etc.

BRULART

CDZZYII

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