‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 31 sur 131 · ZZZ · texte numérisé non relu

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je me confonnerai en m'employant de tout mon pouvoir pom* lui procurer satisfaction dans les suites. Je suis obligé de vous dire qu'U y a beaucoup de nécessités en cette province qui est sans commerce et sans apparence d*y en établir, n'étant point maritime et les rivières qui y sont étant chargées de grands octrois qui rendent les denrées si chères dans les lieux où on les conduit, qu'on ne s'y sert des nôtres qu'à la dernière extrémité. Mais je vous dois dire aussi qu'étant, par ces raisons, très peu pécunieuses , n'y ayant aucun moyen d'y faire valoir l'argent que par des constitutions de rente, l'affaire de Bresse, qui en a tiré depuis un an quatre cent quarante mille livres d'argent comptant qui a été porté à Paris et n'est plus en ce pays, l'a rendu fort dénué de ce métal. Néanmoins je vois les esprits résolus à faire effort et à tenter le possible pour marquer selon leurs forces leur affection au Roi....

BRULART

BRULART A COLBERT

Efforts des EUts pour acquitter le don gratuit; difficultés capitales pour y satisfaire. — Vérification des dettes des communes.

Dijon, le 18 juin 1662.

Monsieur ,

On commença mercredi à délibérer sur le don du Roi. Il y a eu jusqu'à six députations de faites à M. le Prince sur l'impuissance de la province, et, à chacune, les Etats ont augmenté leurs offres ; en sorte qu'après des peines et des efforts qui ne se peuvent expliquer. Son Altesse les a obligés à lui venir offrir ce matin, quoique dimanche, la somme de un million cinquante mille livres pour le don gratuit extraordinaire, outre la subsistance et Texemption du logement des gens de guerre revenant

les deux, pour le Roi, à titHs cent dnquante wûSkt fines par «i. J'ai été présent à toutes res choses coBune second eonuiiîssûre de Sa Majesté et y ai fait mon deroîr: mais je penx Tt>ii5 dire. Monsieur, par le compte que je dois au Roi de la vérité , que depuis que je me connais, la soumission et létonnement ne m'ont jamais paru tels que je les vois dans les esprits. Les trois ordres en ont très bien usé et se sont laissé aller de la meilleure grâce du monde. Son Altesse leur a expliqué si clairement de quelle importance il leur était de faire une chose agréable au Roi , qu'ils n'ont plus regardé ce qu'ils pouvaient, mais ce que Sa Majesté voulait. En effet, on n'a pas dit jusqu'à présent un mot des moyens pour faire cette sonmie, et assurément les Etats vont être plus empêchés sur cela qu'ils n'ont été à la promettre ; car de prétendre de la lever par impositions, la province n'a point été misérable depuis le conmiencement de la guerre en comparaison de ce qu'elle l'est présentement. L'on proposera vraisemblablement de délibérer de demander au Roi une nouvelle crue sur le sel, mais la noblesse et le clergé y pourront résister à cause de leur intérêt. Tous ensemble suppUeront qu'il plaise à Sa Majesté de ne faire aucune nouveauté durant la triennalité. M. le Prince leur a proposé l'établissement du commerce et des manufactures ; ils en ont délibéré et ont trouvé que la province étant propre à la culture des terres et au vignoble , il était plus utile pour elle d'avoir force laboureurs et vignerons que des artisans. Son Altesse va ensuite travailler à la vérification des dettes des communautés et aux moyens de les soulager; en cela, cet ouvrage est grand et pénible. Elle veut, suivant son instruction, que j'aie part à ce travail ; mais le le plus difficile sera de trouver des moyens pour les acquitter. Jusqu'à présent je sui^ fort embarrassé sur cela, parce que ces dettes montent à des sommes immenses et qu'il est impossible que la province , qui fait effort dans le don gratuit extraordinaire, puisse, secourir en même temps les communautés qui doivent.

Je n'ai plus rien à ajouter ici, sinon que vous y trouverez

joint un mcA de rehlkNi de c^ qaise psssa la reiOe de nos Etals |KMir moD ranff. Je tous sni^ilie de croire qne je sois avec toas les respecta posfdbks. Monâenr, votre etc,

BRULART

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BRULART A LA \1ULLIÈR£.

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0 fallait que les inteutioiis du Roi fussent expliquées par une personne comme M. le PHnce pour oUiger les Etats à faire les efforts qulls ont faits: car enfin la misère n*a jamais été au point où elle est et jamais le don n'a monte si haut; aussi vont-ils être fort embarrassés dans la recherche des moyens de payer la somme qu'ils accordent qui est d'un million cinquante mille livres pour le seul don so'atuit extraordinaire . outre la subsistance et l'exemptiou du logement des gens de guerre revenant, les deux, à trois cent cinquante mille livres par an. C'est pour le Roi, de clair et de net, sept cent miUe livres par an. Outre cela la province doit imposer quatre-vingt-six mille livres chacun an pour les garnisons : do mémo soixante-onze mille livres pour le taUlon ; le tiers de cinquante-trois mille livres pour le don gratuit ordinaire : les gages des prévôts des maréchaux, la réparation des grands chemins, les dettes et affaires du pays; le tout revenant a plus de trois cent mille livres par an. Ainsi elle est à présent chai*gée de plus d'un million tous les ans qu*il faut qu'eUe impose ou paie d'autre façon argent comptant, sans y comprendre les douanes, gabelles et octrois revenant d'ailleurs à près de deux millions par an dans cette petite étendue de pays.

Je vous puis dire, Monsieur, avec vérité, que jstoais il n'y a eu autant de soumission ni de respect avec une si extrême nécessité. Cela fait espérer aux Etats que le Roi leur fera la grâce de ne faire aucune nouveauté dans la province jusqu'à ce qu'ils aient exécuté ce qu'ils lui viennent de promettre, je veux dire durant la triennalité. C'est là. Monsieur, le compte que je vous dois de tout ce qui s'est passé, et que je vous peux certifier, comme ayant toujours été auprès de Son Altesse en qualité de second commissaire du Roi. ,

Vous trouverez ici une petite relation, mais très fidèle, de ce qui se passa siu* mon rang la veille de la tenue des Etats. Ce qui fiit convenu fut exactement exécuté , ainsi tout s'est fort bien passé , et je crois que vous approuverez que les choses soient allées de cette façon pour l'honneur de la commission do Sa Majesté et de la parole que j'ai portée ensuite.

Je vous demande toujours la continuation de vos bonnes grâces et de me croire avec respect, Monsieur, voti*e etc.

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