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Fondée en 1G

aux braves officiers. Non seulement il s'est fait de grandes clio-es sous son règne, mais c'est lui qui les faisait. Souffrez donc, milord, que je tâche d'élever à sa gloire un monument que je consacre encore plus à l'utilité du genre humain.

Je ne considère pas seulement Louis XIV parce qu'il a fait du bien aux Français, mais parce qu'il a fait du bien aux hommes; c'est comme homme et non comme sujet, que j'écris; je veux peindre le dernier siècle, et non pas simplement un prince. Je suis las des histoires où il n'est question que des aventures d'un roi, comme s'il existait seul, ou que rien n'existât que par rapport à lui ; en un mot, c'est encore plus d'un grand siècle que d'un grand roi que j'écris l'histoire*.

Pélisson- eût écrit plus éloquemment que moi; mais il était courtisan, el il était payé. Je ne suis ni l'un ni l'autre; c'est à moi qu'il appartient de dire la vérité.

J'espère que dans cet ouvrage vous trouverez, milord, quelques-uns de vos sentiments; plus je penserai comme vous, plus j'aurai droit d'espérer l'approbation pubiique.

4i. — A M. DE GIDEVILLE

A Bruxelles, ce 13 mars (Hil).

Devers' Pàque on doit pardonner Aux chrétiens qui font pénitence;

1, Voy. la lettre précédente. | sion. Il ne reste que des fragments

2. Né en 162i, mort en 1693. de son histoire du roi. Son His-

Aini de Fouquet, il partagea sa disgrâce et composa pour sa défense des Mémoires fort estimés.

En 1668, rentré en grâce, il reçut de Louis XIV la charge d'historiographe avec 6000 livres de pen-

toire de l'Académie, continuée par d'Olivet, est un chef-d'œuvre de narration sobre et élégante.

3. On disait autrefois vers ou devers; devers a vieilli : chez Voltaire c'est une licence poôtiiue.

154 VOLTAIRE

Jo la fais; un si long silence A de quoi me faire damner ; Donnez-moi plénière induigence.

Après avoir, en grand courrier, Voyagé pour chercher un sage*, J'ai regagné mon colombier* Je n'en veux sortir davantage .

J'y trouve ce que j'ai cherché.

J'y vis heureux, j'y suis caché.

Le trône et son fier esclavage.

Ces grandeurs dont on est touch^ Ne valent pas notre ermitage.

Vers les champs hyperboréens J'ai vu des rois dans la retraite Qui se croyaient des Anton ins ; J'ai vu s'enfuir leurs bons desseins Aux premiers sons de la trompette' Ils ne sont plus rien que des rois; Ils vont par de sanglants exploits Prendre ou ravager des provinces ; L'ambition les a soumis.

Moi, j'y renonce; adieu les princes; Il ne me faut que des amis.

Ce sont surtout des amis tels que mon cher Cideville qui sont très au-dessus des rois. Vous me direz que j'ai donc grand tort de leur écrire si rarement ; mais aussi il faut m'écouter dans mes défenses. Malgré ces rois, ces voyages, malgré la physique, qui m'a encore tracassé; malgré ma mauvaise santé, qui est fort étonnée de toute la peine que je donne à mon corps, j'ai voulu rendre Mahomcl digne de vous être envoyé. Je l'ai remanié, refondu, repoh, depuis le

1. II était allé deux fois voir Frédéric, roi de Prusse depuis le mois de juin 1740 : une première fois près de Clèves, en septembre 1740; une seconde fois à Remusberg, près de Berlin, en novembre. Voy. Notice, p. xiv.

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