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5. Le chevalier de Chasot, né en nu;, servait en qualité de lieutenant dans l'armée duIUiin, en 1753, quand un duel malhcnieu.ï l'obligea de quitter le service Le hasard lui fit faire la connais-

sance do Frédéric, alors prince royal; il lui plut, le suivit en Prns?e; la lUUc, sur laquelle ils étaient Ions deux virtuoses, acheva le rapprochement. A Molvilz (17-il), Chasot, par un coup d'éclat, sauva la vie du roi. 11 fut alors pourvu du grade de major et de l'ordre du Mérite, A Czasiau et à Fricdborg, il se couvrit encore de gloire. Mais Chasot était joueur et débauché : Frédél'ic lui ferma sa bourse et lui fit même, au mois de mai 1751, une algarade en présence de son régiment. Dès lors Chasot résolut de quitter le service de la Prusse, obtint la permission de venir en France pour raison de santé, et ne retourna plus à Berlin. La duchesse de Strélitz lui avait fait un présent considérable, qui lui assurait l'indépendance, et l'impératrice de lUissie lui offrait dans son armée le grade de général-major, avec un régiment de dragons; mais Chasot se fit scrupule do servir les ennemis ce so!i ancien mailre, et accepta du sénat de Lubeck la place de gouverneur dans celte ville libr«.

VOLTAIRE

les miennes. Est-il possible qu'on crie toujours contre moi dans Paris, et qu'on me prenne pour un déserteur qui est allé servir en Prusse*? Je vous répète que cette clef de chambellan, que je ne porte jamais, n'est qu'un bénéfice simple^; que je H'ai point fait de serment; que ma croix est un joujou auquel je préfère mon écriloire : en un mot, je ne suis point naturalisé Vandale s, et j'ose croire que ceux qui liront l'Histoire de Louis XIV verront bien que je suis Français, Cela est étrange qu'on ne puisse avoir un titre inutile cliez un roi de Prusse, qui aime les belles-lettres, sans soulever nos compatriotes? Je désire plus mon retour que ceux qui me condamnent de m'être en allé, et vous savez que ce ne sera pas pour eux que je reviendrai. Le Meunier, son. Fils et l'Ane* n'ont pas essuyé plus de contradictions que moi. On voit de loin les objets bien autrement qu'ils ne sont. Je reçois des lettres de moines qui veulent quitter leur couvent pour venir auprès du roi de Prusse, parce qu'ils ont fait quatre vers français. Des gens que je n'ai jamais connus m'écrivent : « Comme vous êtes l'ami du roi de Prusse, je vous prie de faire ma fortune ». Un autre m'envoie un paquet de rêveries; il me mande qu'il a trouvé la pierre philosophale », et qu'il ne veut dire son secret qu'au roi. Je lui renvoie son paquet, et je lui mande que c'est le roi qui a la pierre philosophale. D'autres, qui vivaient avec moi dans la plus parfaite indifférence, me reprochent tendrement d'avoir quitté mes amis. Ma chère enfant, il n'y a que vos lettres qui me plaisent et qui me consolent; elles font le charme de ma vie.

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