‹ Choix de lettresChapitre 243 sur 494 · Au mois de février 1756. 1 5. Voy. p. 229, note · texte numérisé non relu

Au mois de février 1756. 1 5. Voy. p. 229, note

■3, La margrave de Baireuth. I 4. Cintrées par le haut

VOLTAIRE

wick*. Il est vrai que j'ai gagné aux échecs une cinquantaine de pistoles à ce prince; mais on peut perdre aux échecs et gagner à un jeu où l'on a pour seconds trente mille baïonnettes. Je conviens avec vous que le roi de Prusse a la vue basse et la tète vive; mais il a le premier des talents au jeu qu'il joue, la célérité. Le fonds de son armée a été discipliné pendant plus de quarante ans. Songez comment doivent combattre des machines régulières, vigoureuses, aguerries, qui voient leur roi tous les jours, qui sont connues de lui, et qu'il exhorte, chapeau bas, à faire leur devoir. Souvenez-vous comme ces drôles-là font le pas de côté et le pas redoublé -; comme ils escamotent les cartouches en chargeant, comme ils tirent six à sept coups par minute. Enfin, leur maître croyait tout perdu, il y a trois mois; il voulait mourir^; il me faisait ses adieux en vers et en prose : et le voilà qui, par sa célérité et par la discipline de ses soldats, gagne deux grandes batailles en un mois *, court aux Français, vole aux Autrichiens, reprend Broslau, a plus de quarante mille prisonniers, et fait des épigrammes. Nous verrons comment finira cette sanglante tragédie, si vive et si compliquée. Heureux qui regarde d'un œil tranquille tous ces grands événements du meilleur (les momies possibles ^ !

Je n'ai point encore tiré au clair l'aventure de l'abbé de Prades 6. On l'a dit pendu; mais la renommée ne sait sou-

1. Le duc Ferdinand do Brunswick, général au snvlrr do Frédéric, commandail l'année anglolianovrienne depuis la rupture de la capitulalion de Clostor-Savern.

— Richelieu venait d'être raiipclo en France, et la bataille dont parle Voltaire est en elfet un faux brull.

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