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Né en 1716, mort en 1798, était

membre de l'Académie, comme auteur de quelques poésies agréables, particulièrement de fables; il secondait, dans cette compagnie, le parti des gens de lettres.

5. Cette tragédie de Voltaire avait été représentée le 3 septembre.

VOLTAIRE

talions avant que vous mettiez la pièce entre les mains de l'imprimeur. Ne doutez pas que, si vous tardez, cette tragédie ne soit furtivement imprimée ; il en court des copies : on m'en a fait tenir une horriblement défigurée, et qui est la honte de la scène française. Il est de votre intérêt de prévenir une contravention qui serait très désagréable pour vous et pour moi.

Je me llatte que vous n'êtes pas de l'avis de Mlle Clairon, qui demande un échafaud*; cela n'est bon qu'à la Grève-, ou sur le théâtre anglais^; la potence et des valets de bourreau ne doivent pas déshonorer la scène de Paris. Puissions-nous imiter les Anglais dans leur marine, dans leur commerce, dans leur philosophie, mais jamais dans leurs atrocilés dégoûtantes! Mlle Clairon n'a certainement pas besoin de cet indigne secours pour toucher et pour attendrir tous les cœurs.

Je vous donnerai quelque jour une pièce où vous pourrez étaler un appareil plus noble et plus convenable*. Nous avons joué ici Fanime ^ avec des applaudissements bien singuliers ; Mme Denis y déploya les talents les plus supérieurs, elle fit pleurer des gens qui n'avaient jamais connu les larmes; enfin, elle ne fut point indigne de jouer le rôle de Fanime, qui est celui de Mlle Clairon. Quand vous voudrez, vous aurez cette pièce; mais il faut commencer par Tancrède.

Je vous prie très instamment de me mander quelle pièco vous comptez mettre sur le théâtre vers la Saint-Martin";

1. Au troisième acte, Aménaïde (Mlle Clairon jouait ce rôle avec grand succès) est conduite au supplice; l'illustre tragédienne voulait qu'on mît l'échafaud sur la scène.

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