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A M. FYOT DE LA MARCHE

Ferney, 8 octobre (1761).

Mon cher oracle de Thémis et des Muses, votre lettre du 27 septembre m'a lait un plaisir presque aussi vif que votre apparition à Ferney ou à Voltaire*. Oui, sans doute, j'irai à la Marche, je verrai votre labyrinthe, et je voudrais ne pouvoir trouver de fil pour en sortir 2.

Comptez que c'est un bienfait essentiel de permettre que votre graveur^ travaille pour notre Corneille. Il n'y r point d'artiste à Genève dans ce genre-là. On est obligé da dépendre des graveurs de Paris, qui sont surchargés d'ouvrage. Je mourrais de vieillesse et de dépit avant qu'ils eussent fini. Permettez donc que votre protégé nous aide de dix estampes, et surtout ne l'empêchez pas de recevoir des Cramer* un petit honoraire. C'est une affaire d'environ cinquante louis : il n'est pas possible d'en user autrement, je vous conjure de le souffrir.

Je renvoie, comme vous l'ordonnez, tous ses dessins, dont je suis très content, avec un petit mot de remerciement et d'instruction pour lui.

Je vous avoue que, dans ces ornements, je demande célérité plutôt que perfection; je n'ai jamais trop aimé les estampes dans les hvres ; que m'importe une taille-douce quand je hs le second livre de Virgile, et quel burin ajoutera quelque chose à la description de la ruine de Troie Mais les souscripteurs aiment ces pompons, et il faut leî contenter.

l. Iléminiscence de celle facétie de Marot :

Car depuis peu j'ai basti à Clément Et h Marot, qui est un peu plus loin g

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