Il avait résigné sa charge à son fils en
2 Le parlement de Dijon venait de. suspendre ses audiences, afin
de contraindre le roi à lui faire justice des outrages qu'il avait essuyés d'un certain Varennes.
3 Voy. p. 27G, note S
J'npprends que vous faites tous vos efforts pour parvenir à une coiicilialioii. Qui peut y réussir mieux que vous? Vous serez le bienfaiteur de votre compagnie, c'est un rôle que vous êtes accoutumé à jouer.
Je vous demande pardon de donner des fêtes' quand la province souffre, mais il est bon d'égayer les affligés. Il y en a de plus d'une sorte : il vient de se passer au parlement de Toulouse une scène qui fait dresser les cheveux à la tète ; on l'ignore peut-être à Paris; mais si on en est informé, je défie .Paris, tout frivole, tout opéra-comique'* qu'il est, de n'être pas pénétré d'horreur. 11 n'est pas vraisemblable que vous n'ayez appris qu'un vieux huguenot de Toulouse, nommé Calas, père de cinq enfants^, ayant averti la justice que son fils aîné, garçon très mélancolique, s'était pendu, a été accusé de l'avoir pendu luimême en haine du papisme, pour lequel ce malheureux avait, dit-on, quelque penchant secret. Enfin le père a été roué, et le pendu, tout huguenot qu'il était, a été regardé comme un martyre, et le parlement a assisté pieds nus à des processions en l'honneur du nouveau saint*. Trois juges ont prolesté contre l'arrêt; le père a pris Dieu à témoin de son innocence en expirant, a cité ses juges au jugement de Dieu, et pleuré son fils sur la roue. Il y a deux de ses enfants dans mon voisinage qui remplissent le pays de leurs cris ; j'en suis hors de moi : je m'y intéresse comme homme, un peu même comme philosophe*.