‹ Choix de lettresChapitre 382 sur 494 · Voy. p. 2i7, note i · texte numérisé non relu

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le véritable talent. 11 ressemble parfailcmenl au portrait que saint Paul fait de la charité'; il la peint indulgente, pleine de bonté, et exempte d'envie; c'est le r.ieilleur morceau de saint Paul, sans contredit; et vous me pardonnerez de vous citer un apôtre le saint jour de Pâques.

Il est vrai que nos beaux-arts penchent un peu vers leur chute; mais ce qui me console, c'est que vous êtes jeune, et que vous aurez tout le temps de former des auteurs ol des acteurs. Les vers que vous m'envoyez sont charmant .^ J'ai avec moi M. et Mme de La Harpe, qui en sentent tout le prix, aussi bien que ma nièce. Il y a longtemps que nous aurions joué le Siège de Calais- sur notre petit théâtre de Ferney, si notre compagnie eût été plus nombreuse. Nous ne pou\ons malheureusement jouer que des pièces où il y a pou d'acteurs. M. de Chabanoa va venir chez nous avec une tragédie'; nous la jouerons; et, dès que vous aurrz donné la comtesse de Vergy'', notre petit théâtre s'en saisira. On ne s'est pas mal tiré de la Parlie de chasse de Henri IV, de M. Collé •^. Où est le temps que je n'avais que soixante-dix ans*'! je vous assure que je jouais les vieillards parfaitement. Ma nièce faisait verser des larmes, et c'est là le grand point. Pour M. et Mme de La Harpe, je ne connais guère de plus grands acteurs.

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