C'est une altération du mol stillan
de Sîiiiit Louis; tout le reste est entièrement d'invention, f/idée de cette pièce étant si neuve et si fertile s'arrangea (relle-même, et au lieu que le plan d'Ér/p%/e m'avait beautoup coûté, celui de Zaïre lut fait en un seul jour, etl'ima-i gination, échauffée par l'intérêt qui régnait dans ce plan,) acheva la pièce en vingt-deux jours*.
Il entre peut-être un peu de vanité dans cet aveu (car où est l'artiste sans amour-propre?); mais je devais cette excuse au public, des fautes et des négligences qu'on a trouvées dans ma tragédie. 11 aurait été mieux sans doute d'atlcndre à la faire représenter que j'en eusse châtié le slylc; mais des raisons dont il est inutile de fatiguer le public n'ont pas permis qu'on différât^. Voici, monsieur, le sujet de cette pièce.
La Palestine avait été enlevée aux princes chrétiens' par le conquérant Saladin. Noradin*, Tartare d'origine, s'en était ensuite rendu maître. Orosmane, fils de Noradin, jeune homme plein de grandeur, de vertus et de passions, commençait à régner avec gloire dans Jérusalem. Il avait porté sur le trône de la Syrie la franchise et l'esprit de liberté de ses ancêlres. Il méprisait les règles austères du sérail^, et n'affectait point de se rendre invisible aux étrangers et à ses sujets, pour devenir plus respectable. 11 traitait avec douceur les esclaves chrétiens, dont son sérail et ses États étaient remplis. Parmi ses esclaves il s'était trouvé un en-
1. Il omet VOlhello de Shakespeare, dont il s'est directement inspiré, mais que personne alors ne connaît en France.
2. La première représentation est du 13 août. L'applaudissement avait été vif; toutefois les adversaiies du poète, la caknle, n'avaient pas manqué de îouligner au passage ces faiblesses de style,
dont Voltaire ne fait pas difficulté de convenir. Voy. la lettre suivante.