SUITE DES PAVILLONS
Pavillon de la barrière Rochecbouart , par M. Molinos.
Ce joli petit bâtiment a beaucoup de rapport par sa forme , sa grandeur et sa situation isolée , avec le monument d’Athènes situé sur la rive méridionale de l’Ilyssus (a) ; mais son péristyle et les détails d’architecture sont les mêmes que dans l’élévation du portique du temple de Minerve Poliade , au nord du temple d’Erecthéc, et qui donne entrée au temple de Minerve et à celui de Pandrose, non loin du Parthénon. M. Molinos a fait une heureuse application des monumens grecs ; mais il ne les a pas copiés entièrement. On peut confronter les détails donnés sur la planche avec ceux donnés dans l’ouvrage de Stuart , t. 2. pl. 24, 25 et 26 (a). Le péristyle est beau et parfaitement exécuté , il peut rappeler avantageusement aux artistes et aux amateurs le monument ancien dont il a toute l’apparence et tout les détails , sauf les ornemens des chapiteaux, les cannelures des colonnes, et les pilastres des antes , que l’auteur n’a pas cru devoir ajouter. Un peu en avant du plan , du côté de la ville , est un petit bâtiment servant
(a) Voir les Antiquités d’Athènes, par Stuart; t. 1 , pl. q et suiv. ; trad. de l’anglais. Paris , Bance, rue Saint-Denis.
de guérite pour mettre à couvert le douanier ou l’employé de service ; ce petit monument représente le Sacellum des anciens , précédé d’un petit porche élevé de quelques marches. Le plan est simple et heureusement approprié à sa destination. Les deux élévations se voient fig. x et 2 ; la couverture est en fer et les tuiles plates, fig. 3, sont à recouvrement, elles ont la longueur du rempant du toit; les cinq tuiles de fonte sont recouvertes par une pièce faîtière dont on voit une portion fig. 4.
Fig. 5. Base des colonnes : elle est dessinée en grand et cotée pour faire voir les différences du monument ancien cité pl. 25
Fig. 6 et 7. Elévation de la moitié d’un chapiteau. Coupe et profil.
Fig. 8 et 9. Profils des chambranles des fenêtres et de la porte.
Fig.' 10. Coupe de la corniche de la porte d’entrée.
Fig. ii. Coupe de la corniche de l’entablement.
Pavillon servant d’entrèe à la barrière de Sèvres.
L’auteur a employé l’ordre dorique romain qu’il a ajusté avec des arcades. Le pavillon est carré , et chacune des faces est semblablement décorée de trois arcades supportées par des colonnes accouplées. Le perron n’existe que du côté de la route de Sèvres.
M. Molinos a fait exécuter plusieurs pavillons servant d’entrée aux murs de clôture de Paris. Il a été assez heureux pour rappeler plusieurs jolis monumens des anciens, notamment à la barrière de Charcnton et autres, dont je regrette de n’avoir pu donner les dessins dans ce recueil. L’auteur a fait preuve de goût , et ses compositions font le plus grand plaisir à côté des pavillons exécutés par Ledoux , 4o ans auparavant. Ces derniers offrent un grand contraste avec les nouveaux.
Galerie Vivicnne et galerie Colbert ; ta première , par M. Delannoï, architecte ; la seconde , par M. Billaud.
Les planches 4q à 52 offrent la réunion des deux pl ans de la galerie Vivicnne et de celle Colbert. Cette réunion est curieuse; elle fait connaître deux belles entreprises, très-remarquables parleur grandeur, leur magnificence, et la richesse des peintures et des ornemens. Le premier travail exécuté est celui de la galerie Vivienne. Elle a son entrée par la rue Vivienne qui lui a donné son nom, et va aboutir à la rue Neuve-des-Petils- Champs , en formant un retour presque d’équerre. Au milieu de la longueur de la grande galerie s’en trouve une autre que l’on nomme passage des Petits-Pères. Les divers changemens de plan et de largeur des galeries ont été déterminés par des grands bâtimens et des cours également entourées de bâtimens. Un léger changement de direction des axes de la grande galerie a motivé une petite rotonde où l’auteur a placé un piédestal circulaire , à l’intersection des deux axes , et où la vue du spectateur vient se perdre et l’empêche de jalonner les milieux. On ne peut s’apercevoir du changement d’axe que par les lustres. Le piédestal est surmonté d’une statue de Mercure. La différence de niveau a motivé les marches placées en X et d’autres placées dans le passage des Petits-Pères.
La galerie Colbert a scs deux entrées à peu de distance des entrées de la galerie Vivienne, et les quatres portes, prises deux à deux, sortent sur le même trottoir. Cette galerie n’a pas de marches comme la précédente ; l’auteur a vaincu la difficulté en dirigeant le pavé suivant la pente de la rue Neuve- des-Petits- Champsà la rue Vivienne: on s’en aperçoit peu en marchant, vu la longueur des galeries. Une immense rotonde est placée à l’intersection des deux galeries. Les chiffres placés dans plusieurs pièces en indiquent la destination. M. Billaud, comme M. Dclannoy, a été obligé de faire servir beaucoup de bâtimens, et de se
servir des cours déjà existantes pour tirer des jours et les conserver aux anciennes constructions.
Coupe sur la longueur du grand côté de la galerie Vivicnne.
Dans la gravure on n’a pas donné la hauteur des grands bâtimens qui régnent autour des cours et qui sont visibles au-dessus des vitraux de la galerie: ces bâtimens ont de trois à cinq étages.
La même planche donne en grand la coupe de la rotonde et de la galerie ; on y voit la disposition de la menuiserie et des châssis vitrés , ainsi que les ornemens sculptés. Les peintures et les dorures n’ont pu être rendues.
Coupe de la rotonde et d’une partie de la galerie Colbert
La fig. 1 donne la coupe de la rotonde et d’une partie de la grande galerie. Le candélabre et les comptoirs , dessinés sur le plan, ne le sont pas sur l’élévation; ils feront partie, du Supplément de la menuiserie eide la serrurerie. Pour corriger les différences de niveau du sol qui existent dans toute la longueur de la galerie , ainsi que plusieurs entrecolonncmens qui ont été détermines par la situation des murs faisant partie de l’ancienne construction , l’architecte a fait un changement dans la hauteur des arcades: d’un côté elles ont plus du demi-cercle , tandis qu’à 1 autre extrémité elles ont moins ; malgré cela , le spectateur ne s en aperçoit pas. La fig. 2 donne la coupe en hauteur sur la largeur de la galerie , y compris les cours de chaque côté. La vue est prise du côté de la rotonde ; on la voit extérieurement ainsi que les terrasses qui forment la toiture des logemens placés au-dessus des boutiques. Les peintures sont: pour les socles, marbre rouge ; les colonnes , marbre jaune ; la frise et le fond en marbre gris veiné ; les moulures et corniches , en blanc; la menuiserie peinte en bronze ; les médaillons en blanc sur des fonds violets.
Elles donnent les dessins de toutcslesentréesdesdcux galeries , premièrement la façade donnant entrée à la galerie Colbert, du côté de la rue Neuve-des-Pctits-Champs. Cette façade est une restauration : les piliers ont été pris dans l’épaisseur d’un gros mur de face qui n’avait point de boutiques. La fig. 7 indique les profils en grand de l’entablement , du pilastre et du pilier qui portent des figures d enfans ailés tenant des boucliers pour servir d’enseignes aux divers marchands. Voici les couleurs employées dans la , décoration : a corniche , frise et piliers en marbre jaune ; b ornemens en bronze ; c pilastres en marbre gris. Les fig. 5 et 6 indiquent en plan et en élévation un tambour marqué Y sur le plan général. II est revêtu en glaces, etil masque lacour qui est en face de la porte d’entrée.
Fig. 1. Entrée de la galerie Vivienne du côté de la rue Neuvedes-Petils-Champs.
Fig. 2. Entrée du passage des pavillons, dirigée du côté de la rue Vivienne.
Fig. 3. Entrée delà galerie Vivienne ducôtédc la rue Vivienne.
Coupc sur la largeur de la galerie Colberl.
En regardant l’entrée du côté de la rue Neuve- des -Petits- Champs, elle donne toutes les décorations, le marbre, les sculptures et les peintures. Dans le demi-cerde, un tableau représente
le ministre Colbert favorisant le commerce. A gauche, la coupe d’une portion du café ; les ornemens sont en sculpture , peints sur des fonds de diverses couleurs. A droite, le salon du restaurant : les ornemens sont peints en couleur; les arabesques, peints par Adam, sont forts jolis et bien exécutés.
Fig. i et 2. Elles donnent le dessin en grand des peintures des j fermes: les filets sont peints en rouge sur un fond blanc , les cncadremens en gris ; dans les médaillons , les ornemens en grisaille sur des fonds bleus.
Elle donne la décoration du premier étage au-dessus des arcades de la rotonde de la galerie Colbert , ainsi que celle de la P'ela (1), et un détail de la décoration de la charpente en fer que l’on voit en totalité , planche 55. Ici 1 on voit les grandes divisions formées par les ornemens bede, peints en bronze , ainsi que la frise ce. Les fonds de la tenture sont peints en jaune et modelés de manière à lui donner un peu de cavité ; les filets et entrelacs sont peints en rouge , les fonds/, couleur bleu de ciel : au-dessus , en g, sont les vitraux.
Les pilastres placés à-plomb des colonnes, et formant encadremens aux fenêtres, sont peints en gris ; les moulures en blanc ; les filets m en rouge. Les champs qui séparent les panneaux , tels que k, sont peints en jaune ; le fond des panneaux l, est blanc; les candélabres n en bronze, ils supportent des vases étrusques.
Cette planche offre la réunion de plusieurs objets ; i° un café exécuté à l’entrée dubois de Boulogne, par M. Champion. Son aspect en rotonde est assez agréable : au rez-de-chaussée , un salon demi-circulaire. Il est à regretter que l’auteur ait placé deux colonnes pour porter la charpente de la terrasse. On a employé beaucoup d’ornemens pour sa décoration. Derrière la salle sont les cuisines et des salons au rez-de-chaussée , un entresol pour les logemens , et au - dessus un grand salon et cabinet donnant sur la terrasse.
2” ÉCURIE ET REMISE, fig. i à 5 , exécutées au bois de Boulogne,
derrière le pavillon d’Armenonville, donné planche 5. Le plan,
fi°\ i , l’élévation du côté de la remise , fig- 2 ; élévation par derrière,’ fig. 3, vue de côté, fig. 4 5 détail du châssis cmPloyé aux fermetures de l’écurie , fig. 5.
3° Glacière économique. La fig. 6 en donne la coupe, et là fig. 7 la vue extérieure. Pour établir cette glacière, on choisit un terrain sec et sablonneux , qui puisse donner facilement passage aux eaux provenant de la fonte de la glace. On creuse en terre un trou rond de 16 à 18 pieds de diamètre et de 4 pieds de profondeur. Au fond et au centre de ce trou, on pratique un puisard que l’on couvre de rondins placés jointivement. Ce puisard , dans un terrain convenablement choisi, sera assez grand s’il a 3 pieds de diamètre et de profondeur.
On couvre le fond et les parois du trou d’un lit de paille de blé épais de 6 à 8 pouces, et on le couvre de glace qu’on brise avec des masses pour laisser le moins de vide possible ; de temps en temps on jette des seaux d’eau froide : arrivé à la hauteur du sol on continue à élever la glace en formant un tas de forme conique , haut de 9 à 10 pieds , que l’on recouvre d’une couche de halle de hlé . de 3 pouces environ d’épaisseur et de 6 à 8 pouces de paille de blé.
Le toit en chaume de la glacière est supporté par des perches espacées par le bas de 2 pieds et demi environ.
La porte est en forme de pignon et tournée au nord ; elle
(1) Ce mot latin, très-usité, doit être francisé. Il signifie la réunion de plusieurs voiles.
a 3 pieds et demi de haut sur 2 pieds de large ; on la ferme avec un fort paillasson porté sur un cadre formé avec des hâtons, et maintenu à sa place par un autre bâton fiché en terre.
Pour les détails de forme , voir le dessin ci-joint, qui représente une coupe verticale, par le milieu de la glacière , et par la porte.
Les fig. 8 et 9 sont des variantes pour la décoration des jardins : mais on voit à leur aspect , que la fig. 7 est encore la plus simple et la plus facile à exécuter; elle est au moins aussi agréable que les deux autres.
Maisons à boutique.
N°... (1) rue V^cniadour ( par M. Visconti). Elle se compose de sept arcades au rez-de-chaussée, et d’un premier étage seulement, qui a sortie sur une terrasse (2) , formée sur quatre des arcades. Elle a pour décoration , au rez-de-chaussée, un ordre dorique avec des arcades entre les pilastres; au premier un ordre ionique : entre les pilastres, des fenêtres richement décorées de frontons et de contre-chambranles. L’exécution de cette maison est extrêmement soignée , et je considère ses boutiques comme une décoration d’architecture.
■N° 45 , rue Saint-Louis, au Marais. Cette boutique peut être regardée comme une décoration de sculpture et d architecture. On retrouve dans les monumens d’Athènes des fragmens de monumens trouvés à Délos, dont la sculpture représente des têtes de taureaux accouplées au-dessus de pilastres , portant un entablement dorique , avec triglyphes ornés d’une tête de taureau ; mais l’on ignore la destination des monumens anciens. Dans l’exemple que nous donnons, l’architecte a eu l’intention de faire une boutique destinée à un marchand boucher ; celte décoration ne peut convenir à un autre commerce. Depuis la construction de cette boutique , plusieurs bouchers ont fait décorer leurs devantures soit avec des têtes de bœufs ou avec des têtes de béliers. Les fig. 1 et 2 représentent à l’échelle double la colonne et la tête de taureau.
N° 42 , rue Folie-Mcricourt. Cette boutique , joliment décorée par la sculpture et par la peinture , est située aux angles des rues Fontaine et de la Folie-Méricourt. La décoration est bien appropriée à sa destination , celle d’un marchand de vin. On en voit un détail , fig. 3.
Magasins.
J’avais l’intention de faire un parallèle de plusieurs magasins, mais l’espace m’a manqué. Je me bornerai à deux seulement : ce sont des magasins servant à l’entrepôt de décorations de théâtres; l’un appartenant à l’Opéra -Comique, l’autre à l’ Ambigu -Comique. Le premier de ces magasins est beau , et chaque étage «st élevé et bien décoré par des joints avec appareils ; les cintres des ouvertures décorés de voussoirs ; les angles du bâtiment enrichis de bossages. Le caractère en est sévère et riche. Ce magasin a été construit aux frais du roi. Celui du théâtre de l’Amhigu- Comique annonce, par sa simplicité, qu’il a été fait aux frais d’une administration particulière qui apporte de l’économie dans tout ce qui n’exige pas de représentation : quant au théâtre lui-même , il est riche extérieurement et intérieurement. Le premier de ces magasins offre sur la rue sa façade la plus grande ; tandis que l’autre n’a sur la voie publique que son pignon.
(1) Depuis le commencement de l’impression . on a donné les noms de MéiiOL et de Monsigny au prolongement de la rue Yentadour.
(2) Voir pl. 1 la même maison vue de cûté.
PLANCHES Co A CO.
Bains du Wauxhall , par M. Dubois (Victor) , architecte.
Chez les anciens, les bains étaient des édifices de la plus grande magnificence , sous le règne des empereurs romains surtout. Les murs étaient revêtus de marbre ou de stuc , enrichis de peintures. Parvenus jusqu’à nous , ils ont ramené le bon goût du dessin dans nos décorations: on y trouve des choix de compositions d’arabesques et de camées avec de jolis motifs, des ornemens du meilleur goût ; enfin les artistes doivent aux bains de Titus leurs plus belles compositions.
Les bains dont nous voulons parler ne sont point des édifices qu’on peut comparer à ceux des Romains pour la grandeur , mais ils ne leur cèdent en rien pour la beauté , la convenance et l’élégance de la décoration. Là se trouvent réunis le choix des ornemens , une distribution commode et un joli jardin pour la promenade. Ce jardin est bien boisé ; et il est difficile de ne pas éprouver en le parcourant un sentiment de plaisir et de satisfaction que causent également la gaîté de sa verdure et les objets d’architecture qui l’entourent. L’effet est des plus agréables, lorsqu’en se promenant sous les grands arbres , on aperçoit l’immense rotonde du Yauxhall et sa jolie façade. Cet édifice est également beau sous le rapport de la décoration et de la pureté de l’architecture.
Planches 65 et 66. Plan (i). La distribution est la même pour les deux étages. Les hommes occupent le rez-de-chaussée , et les dames le premier étage. Un porche joliment décoré et dont A est l’entrée. A droite l’entrée des bains médicinaux; à gauche, deux pièces, l’une servant de bureau , l’autre de logement. En face , un vestibule qui dégage le foyer des hommes , à droite , marqué c; en face, l’escalier des dames. Au fond, une galerie qui communique au jardin et au corridor (2) qui donne entrée aux petites chambres. Au fond , une pièce demi-circulaire, servant d’antichambre et où se tiennent les domestiques. Autour sont également disposées des chambres avec baignoires.
La coupe suivant A B fait voir le porche, le foyer des hommes, la galerie et le grand corridor, le vestibule à l’extrémité, le foyer des dames au premier. Rien de plus joliment ajusté que les ornemens des foyers ( Voir planche 69). Les peintures en sont parfaitement exécutées : au rez-de-chaussée , elles sont en grisaille sur des fonds violets ; au 1" étage , les figures sont peintes en couleur : elles ont des poses gracieuses et voluptueuses. Les portes des corridors sont entourées de bordures dorées sur des fonds violets; au xcr étage, elles sont en argent sur bleu foncé. Les chapiteaux des colonnes ont été faits exprès (Yoirpl. 69.) ; au rezde-chaussée , ils sont composés de dauphins et de tridens ajustés avec des ornemens; au premier étage, ce sont des enroulemens réunis par des feuilles de diverse nature. Au niveau du jardin sontlabuandrie, les séchoirs , les bûchers; une galerie circulaire une terrasse avec treille soutenue par des thermes.
Planche 67 et 68. Élévation de l'entrée sur la rue Sarnson. L’entrée forme un porche avec une jolie grille d’un bon goût de dessin des ajustemens de sculpture et de menuiserie (a). Les ornemens les statues sont bien appropriés au sujet. La coupe brisée C ce K
( ' ) H avait été composé pour être isolé de toute part , et devait être placé au milieu du jardin , ayant une petite place en avant ; le bâtiment se serait trouvé entouré de grands arbres. Il a été placé à l’angle des rues du Marais et Sarnson , après avoir subi de légères modifications.
(2) Dans l'hiver, on monte une cloison au milieu et dans toute la longueur du corridor , pour établir deux communications entre les bains de droite et de gauche. Les hommes occupent la droite et les femmes la gauche. Le calorifère échauffe le corridor qui maintient tout le bâtiment à une chaleur agréable ; il offre en même temps une économie à l’établissement.
(a) Ils seront détaillés dans le Supplément de la menuiserie et de la serrurerie.
donne l’cscalicr cl la moitié des foyers sur la longueur; les fermetures sont en glaces ; l’autre moitié est coupée suivant la moitié de la galerie. La coupe suivant P f g G donne les détails de construction intérieure. La coupe brisée suivant H A f I fait voir l’intérieur des chambres, la décoration des baignoires, l’ajustement des robinets, les encadremcns, composés de deux dauphins en bronze bien travaillés, et des petites tablettes pour déposer les objets nécessaires: en face de la baignoire, une glace très- bien ajustée et des accessoires.
Planche 69. Fig i. Ornement allégorique: d’un côté la Seine et de l’autre Barège: on voit cette dernière, jolie composition bien ajustée.
Fig. 2. Un des dauphins avec trident peint danslespanneauxdu foyer des hommes. La fig. 6 donne le dessin de l’encadrement. La fig. 3 donne le dessin de l’encadrement des panneaux du foyer des dames; les fig. n’ont pas été dessinées (o). La fig. 5 donne le dessin de l’encadrement des portes du corridor: il est en or pour le bas, et en argent pour le icr étage.
Fig. 7. Chapiteau du corridor et du vestibule des hommes.
Fig. 8. Chapiteau du corridor et du vestibule des dames.
Maison de campagne de M. Delessert, nie Basse, à Passy. Restauration par M. P. Leroy, architecte.
Parmi les maisons de campagne , les unes se font remarquer par la splendeur et la magnificence qu’on y a déployées, les autres sont simplement commodes et agréables. Celle dont je veux parler est du nombre de ces dernières. Sa distribution a été déterminée par la nature du terrain. De la salubrité, de l’agrément, des issues convenables sont les avantages qu’offrait la situation de cette maison; l’art est venu lui donner une diversité infinie. Les différentes positions ont été utilisées. Des fabriques (1) occupent le bas du jardin , près de la route et de la rivière. Ce jardin immense offre une grande variété de positions par les divers mélanges des plaines , des montagnes , des prairies , des forêts , des buissons , des lacs , des sources d’eau minérale qui s’y rencontrent; et l’on a multiplié avec art la foule des variétés naturelles, en créant des objets utiles et d’agrément aux endroits les plus riants (a). Le terrain disposé en pente présente tous les objets en amphithéâtre, et le bâtiment, placé sur une hauteur, attire de loin les regards du voyageur. Sa situation augmente le le plaisir qu’on trouve à y séjourner. Les personnes qui l’habitent respirent avec liberté sur cette colline; elles sont chez elles, peuvent voir sans être vues, et parcourir des yeux le vaste pays qui les environne : c’est un lieu où régnent l’ordre , le goût et la propreté , et où l’on trouve autant d’aisance que d’agrément.
Planche 70. Son plan (3) est situé le plus convenablement pour une maison de campagne, sur une hauteur de n5 pieds au-dessus de la Seine , et l’entrée a l’aspect d’un lieu où l’on donne des fêtes. La cour, décorée de colonnes, de guirlandes, de vases et d’arbustes, contribue beaucoup à son effet. On y découvre la plus belle situation comme panorama. L’amateur y parcourt des yeux le vaste paysage, tous les beaux points de vue, savoir: au
(a) Us seront détaillés dans le Supplément de la menuiserie et de la serrurerie. («) La raffinerie de sucre, où M. Delessert occupe continuellement 5oo ouvriers, est d’une grande importance. • •• . -
(2) Dans le jardin, des bâtimens champêtres de différentes formes elide dif-": férens usages , le chalet , par exemple , et ses dépendances,- sont des objets curieux pour Paris , et dont l’exécution est parfaite. (Dans le volume suivant, j’en donnerai les plans , coupe , élévation et détails. )
(5) Le plan de la maison est coupé obliquement et en suivant le rampant de l’escalier : de manière que l’on a le rez-de-chaussée du côté de la cour d’entrée, et le rez-de-chaussée donnant sur la terrasse du jardin , comme on peut le voir parla coupe. Les chiffres indiquent la désignation des pièces.
bas de la terrasse , les belles plantations du jardin qui le dirigent à la route de Versailles; la Seine, la plaine de Grenelle (couverte maintenant de beaux bâtimens); ensuite les villages de Vaugirard, de Montrouge et la route d’Orléans; à gauche , la ville de Paris ; à l’horizon , Montmartre et toutes les campagnes qui viennent rejoindre Montrouge ; à droite , les villages d’Issy et de Meudon , le cours de la Seine , etc.
Planches 7 1 el]i. Élévation sur le jardin (restauration). Celte façade a le caractère qui convient à ce genre de bâtiment. Les ailes que l’on a ajoutées sur les deux côtés du corps de logis contribuent beaucoup à son embellissement , quoiqu’elles ne soient point du même style ; la décoration ne manque pas d’harmonie: tous les bâtimens sont terminés par un acrotères en balustrade ou en poterie.
La coupe A B indique la terrasse sur le jardin ; à gauche la situation du chalet, la vue par bout du grand bâtiment ; la coupe sur la cour d’entrée; le pavillon qui donne entrée au grand escalier. Deux coupes font voir l’escalier sur sa longueur, et une autre le présente sur sa largeur. Cet escalier est magnifique par sa situation et sa disposition ; le dessin géométral est loin de donner une idée de sa grandeur et de son effet théâtral.
Maisons jumelles.
On dit aussi maison double , bâtiment double , quand deux bâtimens sont accolés , que toutes les pièces en sont symétriques , et que la décoration de la façade dissimule deux maisons : ce qui permet à l’architecte d’étendre cette façade et de donner plus de développement à sa composition. On n’a pas trouvé cet avantage dans l’exemple que nous donnons ; l’étendue en largeur n’étant que de 27 ou 28 pieds , et l’élévation devant avoir six étages, l’effet rentrait dans les façades étroites, ce qui ne peut avoir lieu que lorsque les maisons sont engagées, comme on peut -le voitplanche 65.
Ce genre de bâtiment offre de l’avantage dans sa construction : on ne fait ordinairement qu’une moitié , ce qui dure six mois, puis l’on termine l’intérieur pendant qu’on élève les grosses constructions de l’autre moitié ; et quand on décore la seconde , la première est en location. On a l’avantage d’une cour, qui , bien que peu spacieuse , permet néanmoins plus d’air et de clarté dans les appartemens. Je comptais donner d’autres maisons de ce genre, et dont les dispositions et la décoration fussent entièrement différentes ; mais ce ne sera que dans le volume suivant.
Planches ci 74. Maison n° i5 cl i5 bis, rue de la Madeleine. Elle est construite pour une maison à loyer. L’aspect de son élévation est agréable. Les plans du rez-de-chaussée et du premier étage font voir la distribution des deux bâtimens; cette distribution offre quelques variantes. La coupe suivant A B fait voir l’intérieur du bâtiment, la décoration du bâtiment de la cour, et celle des logemens du fond. Les appartemens sont lâchement décorés en peinture et en sculpture. Les pièces ont peu d’élévation : on en a fait six dans 55 pieds 6 pouces de hauteur. Les figures 1 à 5 donnent en grand les corniches et les plinthes de la façade extérieure.
Planche 76 et. 76. Maison n° 6, rue Chaptal. Le corps de bâtiment est entre cour et jardin. J.es chiffres placés sur le plan indiquent la destination des pièces. Le plan du rez-dechaussée seul est entier; celui des caves, du premier, du deuxième, et du troisième étage est un peu tronqué; mais la portion qui n’a pu être dessinée est la même que celle exprimée sur l’autre plan. L’auteur avait l’intention de laisser sa façade comme on en voit la moitié à droite, afin de jouir
de la terrasse et des galeries couvertes marquées 3 ; mais le soleil d’été est tellement incommodant qu’on a pris le parti de vitrer les trois ouvertures de chaque étage , dans la moitié de la façade de gauche. Le second et le troisième étages sont en amphithéâtre : la distribution est indiquée par les plans , la coupe et les vues de côté.
Elles contiennent trois bâtimens différons.
Fig. 1. Façade en bois, brique et sculpture , dans le jardin de M. Frœlicher, architecte, rue Saint-Dominique n° 36, au Gros- Caillou. Un bâti de charpente en sapin travaillé, formant porche au rez-de-chaussée. Au premier, ainsi qu’au second étage , l’intervalle qui se trouve entre les pièces de bois a été rempli par des bas-reliefs en plâtre moulés sur l’antique. Les figures sont du temple de Minerve à Athènes; les griffons, vases, candélabres et autres ornemens sont tirés des monumens de Rome , ainsi que les frises, composées de grands rinceaux d’ornemens; d’autres sont pris d’après des monumens de la renaissance. De petits bas-reliefs composés de figures finissent de remplir les encadremens quand fauteur n’a pu se procurer des bas-reliefs assez grands : chacun d’eux est placé dans un mur de brique formant encadrement de 4 pouces autour des sculptures ; le bois est de couleur jaunâtre , la brique rouge foncé, les sculptures blanches, et ces oppositions produisent un effet pittoresque.
Fig. 3 « 8. Maison de campagne. Elle est bien distribuée, et située entre cour et jardin. L’isolement de son principal corps de bâtiment, foi'mant pavillon , est d’un bel effet. La fig. 4 donne la coupe sur les escaliers et perrons ; la fig. 5 donne le plan de la cuisine et des caves ; la fig. 6 le rez-de-chaussée , la cour d’entrée, les remises et les écui-ies. Les chiffres indiquent la destination des diverses pièces ; la fig. 7 donne la distribution des logemens de maîtres ; la fig. 8 les logemens de domestiques et les greniers.
Fig. g à 11. Petite maison exécutée à Montmartre. Sur un teriain de 3o pieds de côté, un petit bâtiment isolé sur trois faces; il a été fait pour loger six personnes. La fig. 9 donne le plan du rez-de-chaussée. Au premier étage on a supprimé la cuisine: les trois pièces ont leur porte d’entrée sur le palier de l'escalier ; fig. 10, l’élévation : quoique petite, elle est agréable : les détails en sont étudiés. (Depuis que la gravui'e de la planche a été terminée, on a élevé un bâtiment sur le mur d’appui , formant clôture de droite.) Fig. 2 , coupe longitudinale.
Maison n° 28 , au coin de la rue Neuvc-du-Luxembourg et de celle des Capucines , par M. J. Lecoiktre , architecte. ( Voir le texte de la PI. 96 ).
Cette immense maison est destinée , au rez-de-chaussée et à l’entresol , à recevoir des marchands de divers objets. Au fond de la cour , des remises et des écuries. Des escaliers multipliés ont permis de faire plusieurs logemens à chaque étage, et d’en avoir pour des familles plus ou moins opulentes. IjC plan du premier étage donne la distribution de ces logemens: il suppléera pour les plans des étages supérieurs qui offi’ent peudechangemens.
La coupe indique la hauteur des appartemens , la simplicité de l’élévation de la cour. Dans la vue perspective, on voit la décoration extérieure, d’un bon style d’architecture, et qui n’a pas été dessinée géométralement pour éviter un grand nombre de dessins semblables. Placée à l’angle de deux rues , à proximité du boulevard, de la Place Vendôme, des Tuilei'ies et d’autres promenades, et au milieu d’un quartier tel que celui qui l’entoure, cette maison a une valeur bien autre que dans une situation différente.
Plan de quatre petits hôtels rue de Londres (i)
Ces petits hôtels sont entre cour et jardin. Sur la rue , le logement du concierge , les remises et écuries , indiques par les chiffres 2, 3, io et ii. Le chiffre 7 indique la cour. Le corps-de-logis est distribué en raison de la grandeur du terrain. Tous ces plans ont des dispositions qui ne peuvent convenir qu’à un seul maître et à des personnes d’une grande opulence. La distribution permet de recevoir et de tenir une grande étiquette. On doit consulter les planches 83 et 84 pour les élévations , 85 et 86 pour les coupes s 87 et 88 pour les portes cochères.
Elévation sur la cour des quatre petits hôtels, rue de Londres, n0’ 12 , i/H 16 et 18.
Un mur de clôture sépare les cours et empêche la communication d’un hôtel à l’autre ; mais en entrant dans l’une des cours on peut jouir de l’ensemble des façades voisines; leur aspect est des plus riches et fait plaisir à voir.
La coupe de ces trois hôtels ne suffit pas pour rendre la beauté , la richesse des décorations intérieures, des peintures et des sculptures, du marbre et des bois de diverses couleurs employés dans chaque pièce, et qui ne peuvent être vus dans une seule coupe, surtout lorsqu’elle est faite sur une échelle aussi petite: elle ne peut servir que pour l’ensemble de la distribution et pour faire connaître la hauteur des étages et le mouvement du terrain. On n’a pu faire voir les escaliers , il aurait fallu joindre plusieurs planches Ça). Le beau salon du N° 18 sera détaillé plus loin Ça). Les renommées . les victoires , les arabesques sont peints en couleur ; la fig. 1 en donne le dessin. Une glace placée sur chaque cheminée correspond avec une autre glace non étamée. Les figures et les arabesques sont peints quatre fois, deux fois
dans chaque salle marquée par les chiffres 37 et 36, n° 18, pl. 81,
où l’on voit l’ensemble des deux salons séparés par une glace sans tain, qui laisse apercevoir dans les glaces extrêmes la multiplication des arabesques. Les moulures des portes et les ornemens des corniches sont dorés.
Portes d’entrée de sept petits hôtels , rue de Londres , n01 12, 14, 16, a3 et 27, par M. Margot : n° 18, parM. Godde, et n- a5, par M.Van-Clemputte, architectes.
Les grands ne logent jamais sur la rue ; leurs habitations sont toujours précédées d’une grande cour et suivies d’un jardin ; la façade sur la rue n’est souvent qu’un mur de clôture percé d’une grande porte cochèrc , suivie d’un beau vestibule. A droite ou à gauche, le concierge ou le suisse; les remises et les écuries. Les n"’ 16 , 18, 23, 25 et 27, annoncent parleurs dimensions et leurs accessoires la magnificence des hôtels et la dignité ou la
(1) La rue de Londres est dans le nouveau quartier de Tivoli , où l’on a ouvert une place octogone que l’on nomme place d’Europe, aux angles de laquelle viennent aboutir huit rues que l’on nomme : rues de Londres et de Constantinople , de Vienne et de Saint-Pétersbourg , de Madrid , de Rome et de Turin , de Gênes, de Florence, de Naples , de Milan, d’Amsterdam, de Stockholm , de Bruxelles, etc.
(a) On donnera, dans le Supplément de la menuiserie et de la serrurerie ce qu’il y a de plus remarquable , comme intérieur , porte et escalier.
grandeur de ceux qui les habitent. Les vestibules sont d’une grande richesse.
Nos 23 et 27. Les masses peu variées sont bien pour l’effet , et forment une opposition avec la façade intérieure (pl. 91 et 95).
N° 25. Cette décoration est bien en harmonie avec la façade qui donne sur la cour (voir la pl. g3). Son vestibule est riche et d’un style sévère, tant par sa disposition que par ses ornemens. La voûte d’arête est enrichie d’une grosse guirlande de fruits et de feuilles; une rosace, formant cul-de-lampe, est placée à l’intersection des arêtes de la voûte. La voûte en berceau est décorée de caissons ; la décoration intérieure et extérieure est la même ; deux pilastres doriques et un entablement terminé par un fronton.
N° 18. Cette belle masse, décorée de deux grands bas-reliefs moulés sur des modèles grecs, produit un effet agréable et neuf, car il n’y a pas d’entrée de ce genre. L’intérieur de son vestibule est riche; sa voûte est enrichie de caissons. La façade qui se trouve en face a beaucoup d’élégance quoique sans ornement (voirn“ 18, planche 83).
N° 16. L’hôtel auquel cette porte donne entrée est d’une grande richesse (voir n° 16, pl. 83). Ce contraste est avantageux pour la façade intérieure, qui est percée, au rez-de-chaussée, d’arcades décorées de bossages , portant un péristyle de quatre colonnes cannelées d’ordre corinthien ; le balcon , en pierres découpées en entrelacs, est d’un bon goût de dessin.
N01 12 et 14. Ces portes sont du même auteur. La porte n° 12 est bien dans le caractère de la décoration intérieure (voir pl. 83).
Plan de trois petits hôtels , rue de Londres , n“ 23 et 27, par M. Mangot ; n° 25 , par M. Van-Clemputte.
Ces trois hôtels sont situés entre cour et jardin. La situation de leurs plans les dispose en échelons l’un devant l’autre; ils sont remarquables par leur décoration. Celui du milieu est d’un grand caractère , sévère par sa masse et par la pureté de ses détails. Il forme un grand contraste avec les deux façades qui l’accolent. Ces dernières sont de M. Mangot , qui a fait preuve de goût en visant à l’effet. Il y a réussi. Ses façades ont de l’élégance (voir pl. 91 et 95). La distribution de l’hôtel n° 23 est petite; mais le terrain , qui n’a que 37 pieds de côté , ne permettait pas de s’étendre beaucoup. L’escalier qui arrive au vestibule n’est peutêtre pas heureux, car on est obligé de faire antichambre sur le palier de l’escalier (voir le premier et le deuxième étages, l’élévation , les coupes , pl . 91 ).
N° z5- Le Plan se présente bien. Le vestibule est beau , les pénétrations de voûte font un bel effet; l’escalier, bien apparent et bien éclairé , est vaste par sa disposition ; le fond du corridor qui conduit au jardin produit un effet magique. Au premier étage, les pièces se commandent bien et sont disposées de manière à faire de l’effet ; les jours de représentation et de cérémonie ainsi que plusieurs dégagemens , facilitent le service. Le grand salon est beau; sa terrasse, donnant sur le jardin , est trèsagréable (voir pl. g3 ). Sur la même planche, on voit l’élévation donnant sur le jardin.
N° 27. U11 péristyle de six colonnes, dont trois entrecolonnemens donnent entrée à l’hôtel. La première pièce est un grand vestibule qui dégage toutes les pièces et reçoit de nombreux domestiques les jours de fête et de soirée données dans l’hôtel. Plusieurs salles et salons occupent le rez-de-chaussée. Au premier et au deuxième étages , toutes les pièces sont destinées au logement : elles sont grandes mais peu élevées , surtout au deuxième étage.
Maison n°« 38 , nie île Londres, par M. Godde.
A l'encoignure de la rue de Londres et de la rue de Milan, est une grande maison à loyer. Son élévation, quoique bien , ne sera pas gravée. Deux des plans sont sur la planche 89 ; ils offrent de la régularité dans leur distribution bien entendue et toute locale. On ne les donne que pour exemple de distributions faites dans un trapèze ou dans un polygone de cinq côtés. Les étages forment un seul ou plusieurs logemens. Le premier etage est distribué en logement d’étiquette : il y a des salons de parade et de compagnie ; salle à manger et cuisine. Les chambres à coucher sont séparées et communiquent par des dégagemens. Les autres étages forment des logemens dont la distribution est déterminée par celle du premier étage.
Hôtel 11° 23 , par M. MAKGOT , architecte.
L’élévation sur la cour d’entrée de cet hôtel a son avant-corps décoré des trois ordres dorique , ionique et corinthien , portant à chaque étage trois arcades. Aux angles sont des colonnes carrées , un peu courtes, il est vrai, mais motivées pour la solidité. Cet avant-corps est un peu long pour son peu de largeur (1): quoi qu’il en soit, celte façade produit un bon effet, vue au travers de l’arc de la porte , qui a son vestibule un peu long , ce qui lui donne un cadre un peu plus sévère, vu qu’il n’y a pas d’ornemens sous la voûte. La menuiserie des arcades a de l’élégance. Les fenêtres sont bien décorées. Les consoles qui supportent la corniche ont nécessité un encadrement un peu large ; mais l’aspect général est agréable ; le socle et l’amortissement qui terminent le tout sont fort bien ; trois ouvertures richement décorées forment d’agréables médaillons, agrafés de chaque côté de l’avantcorps, et l’accompagnent convenablement. Depuis que la gravure est terminée , quatre vases (2) ont été placés sur les piédestaux de l’acrotères.
Fig. 1. Coupe sur la longueur du bâtiment.
Fig. 2. Portion de la coupe sur la largeur du vestibule du rezde-chaussée et du premier étage , pris au droit de 1 escalier. Ces deux coupes donnent une idée de la décoration des diverses pièces.
Fig. 3. Dessin du plafond peint en couleur dans le vestibule du rez-de-chaussée. Les autres pièces voûtées sont peintes a l’imitation du marbre , et les plafonds sont décorés d’arabesques peints en couleur sur des fonds blancs.
Fig. 4. Détails de l’entablement qui décore le plafond du grand salon au premier.
Fig. 5 et 6. Corniche des appartenons du premier étage. Toutes les autres pièces sont également d’une grande richesse, soit sous le rapport des peintures et des tentures d’appartemens, soit parle luxe de décoration dans les parquets et dans la menuiserie , dont les chambranles et les portes sont en bois des îles , de diverses couleurs , et dont la majeure partie ne sont pas visibles dans les coupes.
Hôtel n° 25 , rue de Londres , par M. H. VàN-Clemputte.
La façade de la cour d’entrée est sagement décorée ; elle forme un grand contraste avec les deux façades qui l’accolent de droite
(1) Il serait mieux s’il n’avait que deux étages , comme on peut s’en convaincre en couvrant le rez-de-chaussée jusqu’à la hauteur des bases de l’ordre ionique.
• (2) Ils sont comme ceux de la planche q5.
et de gauche, comme on peut le voir planches 91 et 95. Les joints qui décorent le rez-de-chaussée , ainsi que les petits bossages en pointe de diamant qui entourent la porte , sont d’un bel effet; la frise au-dessous de la plinthe est ornée d’un entrelacs coupé au milieu par des consoles qui supportent le balcon. La décoration de la façade donnant sur le jardin n’a aucun rapport avec celle donnant sur la cour, (voir pl. 89).
La coupe sur la largeur indique la décoration de l’escalier et du vestibule; l’un et l’autre sont d’un bel effet et d’un bon goût de dessin: quoique sur une petite échelle , l’apparence en est vaste par la bonne disposition. En face, le corridor qui communique au jardin par le rez-de-chaussée; au fond, une niche décorée du groupe de Castor et Pollux , éclairée par un demi-jour oblique provenant des escaliers qui conduisent au jardin. Le plafond de l’escalier est divisé par coinpartimens bien ornés.
La coupe sur la longueur fait voir le vestibule et l’escalier; par derrière , le corridor conduisant à l’escalier du jardin. Au premier étage, un beau salon, éclairé par trois ouvertures donnant sur la terrasse qui conduit au jardin (voir la pl. 89). Le salon est carré , il est terminé par un demi-cercle, les portes et le parquet sont en bois de couleur : l’acajou, le citronnier, les racines d’orme et de noyer en forment les différentes nuances (1); les encadremcns et les dessus de portes sont enrichis de figures allégoriques représentant les beaux-arts, et peintes en couleur ainsique les arabesques. Le goût et beaucoup d’étude ont présidé a 1 execution de ce bâtiment. Chaque pièce est peinte avec une couleur particulière : dans l’une, les fonds sont bleuâtres , les moulures rehaussées avec un bleu encore plus clair ; une autre en vert léger , et les saillies rehaussées en blanc verdâtre; une autre, le fond jaune et les moulures rehaussées en blanc jaunâtre. On a donné des tons différons à toutes les pièces, et la décoration des peintures est bien étudiée et bien variée de tons.
Hôtel n° 27, rue de Londres. (Voir Planche 89).
Cette façade produit de l’effet : les ordres dorique et ionique élevés l’un au-dessus de l’autre forment avant-corps; le péristyle est de six colonnes avec grand isolement : ce qui iorme une promenade couverte au premier, où l’on peut mettre des sièges. Au-dessus , une galerie découverte présente une nouvelle promenade et une vue plus étendue que celle du premier. Des vases , forme Médicis, ornent cette terrasse. L’arrière-corps est décoré par les joints des assises tracés horizontalement sur le mur. Les pièces du rez-de-chaussée occupent toute la hauteur de l’ordre dorique , tandis qu’il y a deux étages dans la hauteur de l’ordre ionique. Les pièces du rez-de-chaussée devaient être voûtées : Un passage seul l’a été, la hauteur des appartemens étant restée très-élevée, comparativement à celle du premier et du second. On a décoré ces étages d’un grand entablement de 5 à 6 pieds de hauteur; les corniches sont richement décorées, leurs grandes saillies enrichissent les plafonds. Les frises sont d’une grande hauteur : elles sont ornées soit de guirlandes avec des enfans , soit de guirlandes et de candélabres, de griffons et d’enfans entrelacés d’ornemens peints en blanc sur des fonds de couleur; les moulures rehaussées avec des tons divers ; la menuiserie, soit portes ou parquet, est faite avec beaucoup de luxe : il en est de même des peintures.
(1) Les details des portes et du parquet , la vue en grand du salon , la décoration des peintures en grand seront donnés dans le Supplément de la menai-
Petite habitation , avec galerie de tableaux au deuxième étage , élevée au fond d’un jardin , rue du Faubourg-Poissonnière, n° i3 , par M. HrrroitFF , architecte.
La maison qui est sur la rue a été bâtie par feu Béranger; au fond du jardin existait un rocher formant grotte , et dont M. Hittorff a profité pour faire le soubassement de ce petit bâtiment , dont la façade est charmante : les masses se balancent bien , les détails sont bien choisis et bien étudiés. Dans le dessin, la composition paraît petite, tandis que dans l’exécution il règne un aspect de grandeur qui fait plaisir à voir. L’auteur, jeune alors, a fait son début dans l’architecture par cette jolie composition. Depuis, il s’est placé à la hauteur des premiers architectes de nos jours. Conjointement avec M. Lecointre, ils ont été chargés, comme architectes, de faire exécuter les cérémonies du service
luncbrc du duc de Berry, des fêtes du baptême du duc de Bordeaux (i)du service funèbre de Louis XVIII, des fêtes du sacre de Charles X (2); et d’autres moins importantes, mais qui ne leur font pas moins d’honneur. La restauration du théâtre des Italiens, dont l’intérieur offre de grandes beautés, le théâtre de l’Ambigu-Comique , etc. (3).
(1) Ouvrage gravé et de la plus grande beauté pour le dessin et la gravure. Il est actuellement en vente.
(2) Le roi fait graver à ses frais les fêtes et cérémonies qui ont eu lieu à l’occasion de son sacre à Rlieims. Cet ouvrage ne doit pas être mis dans le com-
(3) M. IIittorff a fait le voyage d’Italie et de Sicile. 11 a publié le fruit de ses recherches sous le titre d 'Architecture moderne de la Sicile , etc. , et un second ouvrage qui a pour titre : Architecture antique de la Sicile. Ces deux ouvrages , qui lui font honneur , sont d’un grand intérêt et justement estimés des architectes qui les possèdent.