‹ Choix de petits drames en prose et en versChapitre 70 sur 139 · JULIE, VICTORINE · texte numérisé non relu

JULIE, VICTORINE

YICTORINE , pleurant.

Ah ! ma chère sœur, me voilà perdue, ruinée ; comment cela s'est- il pu faire?

JULIE

Rien de plus simple. Le vaisseau a fait naufrage en vue du port , et la mer a englouti notre fortune.

VICTORINE

Comme tu contes cela tranquillement. Ah ciel !.,*>

Après un coup pareil conserver son sang-froid!

Mais tu as raison , tu te tireras toujours d'affaire

C'est moi , malheureuse que je suis! c'est moi que ceci regarde. .. Ah ! mon Dieu , je n'y survivrai pas.

JULIE

Eh bien ! eh bien ! tu ne deviendras donc jamais sage ; allons, que ce malheur serve à te corriger; console-toi, tu n'es pas plus à plaindre que moi : notre fortune, toute médiocre qu'elle est, suffira pour nous faire vivre honorablement; je ne te demande que de déposer tes grands airs; nous sommes hors d'état de les soutenir. Je travaillerai ; tu feras comme moi , et tu verras que sans être riches nous pouvons encore être heureuses.

VICTORINE se jette au cou de sa sœur , et l'embrasse les larmes aux yeux.

JULIE

Que ceci te serve de leçon. Deviens plus sage et je serai contente.

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