‹ Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI [microform]Chapitre 46 sur 264 · CLXXXIII · texte numérisé non relu

CLXXXIII

Détails sur le complot de Pâques 1416.

Paris, novembre 1417.

Que nous ayans en mémoire et recordacion les loyaulx agréables et prouffitables services que nostre amé Mengin de Trêve, varlet de chambre de nostre trèscher et trèsamé fils le Daulphin de Viennois a fait tant à nous, à noslredit filz, comme à nos loyaulx officiers

et serviteurs, aux bons bourgois et habitans de nostre ville de Paris et généralement à tout nostre royaume en révélant par lui certaine conspiracion, monopole et assemblée dampnable et détestable, machinée et excogitée par aucuns particuliers de nostre dicte ville de Paris sédicieux et desloyaulx envers nous, lesquelz avoient délibéré et conspiré de donner et bailler par force et à violence d'armes entrée, par ime des portes de nostre dicte ville de Paris appelée la porte de Bordelles, en icelle nostre ville de Paris au duc de Bourgoigne, qui par le moien desd. conspirateurs a voit entencion de venir, et de fait vint le jour de la saint Clément derrenièrement passé, à grant effort et puissance de gens d'armes, devant ladicte porte de Bordelles, pour vouloir et cuidier entrer en icelle nostre ville contre nostre gré et voulenté et en icelle faire tuer et mectre à mort plusieurs de noz bons et vrays officiers et serviteurs et autres bourgois et habitans de nostredicte ville, à la déprédacion d'icelle; et dont plusieurs autres inconvéniens et dommages irréparables se feussent ensuis au deshéritement de nostre seignorie et généralment à la subversion de nostredit royaume, se nostre seigneur de sa bénigne grâce et provision n'eust voulu et permis ladicte conspiracion à nous estre révélée Et afin que ledit Mengin de Trêve ait cause de persévérer en sa loyaulté, et que nos autres subgiez puissent par efTect cognoistre et appercevoir les curialilez que nous avons de les rémunérer en temps et en lieu de leurs loyaultez selon leurs services, audit Mengin de Trêve.... avons baillié cédé donné.... (Don de deux hôtels situés en la ville et terroir de Challoyaux lez Paris).

Donné à Paris au mois de novembre, Tan de grâce mil cccc et dix sept et de nostre règne le xxxvm".

Par le Roy, à la relacion de son grant conseil tenu par monseigneur le Daulphin.

Mauregart.

(Très, des Ch. Reg. JJ. 170, pièce UO).

GLXXXIV

Autres,

Paris, décembre 1417.

Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion de Guillaume Pigalle, povre laboureur de la Villecte Saint-Ladre lez Paris, chargié de femme et d'enfans, prisonnier es prisons de nostre Chastellet de Paris, contenant.

Que comme à un jour de dymanche, qui fu ou mois de may derrenièrement passé, lui estant en la ville de Pontronville où il estoit aie tant pour soy esbatre comme pour veoir traire de l'arc au papegaut les archers de ladicte ville de Paris qui se dit jour y dévoient traire, se feust transporté en Tostel de Jehannot Auberet, tavernier, lors demourant en icelle ville, ouquel il eust trouvé, ou au moins feussent seurvenus, un nommé Jehan Meuregny, tixerant de toiles, lors demourant à Paris, que il cognoissoit de veue, et trois autres compaignons, c'est assavoir Perrin Boussart, Jehan Bouteill, maçon, et Gilet Poverie, qui eussent fait mectre la nappe et trané? du vin, avecques lesquelz ledit suppliant se feust assis en une assiecte oudit hostel et beu et mengé, et avecques eulx ledit Jehannot

Auberet. Et lui estant audit escot et assiète, eust entendu entre autres paroles que lesdiz compaignons et en espécial ledit Jehan Meuregny, commença à parler et dire — Que il convenoit et avoient, lui et autres, advisé faire à Paris une seconde assamblée de gens et mander par un message au duc de Bourgoigne que à certain jour il enyoiast secrètement près de Paris de ses gens d'armes, et que iceulx ainsi venus, lui et autres qui avoient grant gent de leur aliance, comme disoit ledit Menregny, feroient tant qu'ilz bailleroient entrée à Paris aux gens du duc de Bourgoigne et eulx ainsi entrés yroient devers nous et nous feroient chevaucher et aler aval la ville, sans déclarier à quel fin, et que tous ceulx qui à ce vouldroient résister seroient mis à leur obéissance, et feroient tant qu'ilz seroient les maistres. Et ces choses, et aucunes autres dont il n'a mémoire, sur ce pourpalées, oy ledit suppliant que ledit Meuregny et autres de ladicte compaignie dirent que le lendemain se assembleroient à Paris en certain hostel, qu'ilz ne déclairèrent point, pour sur icelle assemblée plus amplement parler. Et pou de temps après se feussent les dessusdiz partis dudit hostel et taverne sans plus avant parler de ladicte assemblée, ne quilz requissent oncquesouditsupphant qu*il feust en icelle, ne faist finance de gens, ne que icellui suppliant eust à ce donné consentement ne promis estre à icelle, ne sur ce fait serement de tenir la chose secrète en la main dudit Meuregny ne d'autre, ne sans avoir promis faire le message devers ledit de Bourgoigne ne aussi qu'il en feust oncques requis. Pour occasion des queles choses, et aussi pour ce que ledit suppliant n'avoit pas révélé à noz gens et offi-

ciers ce que dit est dessus, icellui suppliant briefs jours après eust esté emprisonné es dictes prisons, esqueles il a tousjours esté depuis détenu et encores est....

(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris.)

Donné à Paris ou mois de décembre, l'an de grâce mil cccc et dix sept et de nostre règne le xxxviii". Par le Roy, à la relacion du conseil,

R. Camus.

{Très, des CL Reg. JJ. 170, pièce 69.)

GLXXXV

Discours sur la paix , prononcé en parlement par le cardinal

de Saint-Marc^ légat.

Du mardi 3 mai 1418.

Ce jour, le cardinal de Saint Marc, quiestoit envoie parle pape en ce royaume, principaument pour soliciter et poursuir l'apaisement des divisions et guerres estans entre les seigneurs dudit royaulme et subgetz du Roy, exposa certaine créance qu'il avoit à dire et exposer, ou grant conseil du Roy tenu par monseigneur le Daulphin , et entre autres choses, les causes et manière de sa légacion et ambassade, et proposa plusieurs causes, raisons, et exemples notables pour exorter, induire et amonester touz à entendre à l'apaisement desd. guerres et divisions, et print pour theume Pax huic domui. Lesquelles paroles ledit cardinal déduit moult notablement, si comme on disoit. Et fu ledit conseil continué à lendemain, ouquel furent mandez les présidens et plusieurs des conseillers de la court.

(Reg. XIV du Cons., fol. 135'»).

PIÈCES ENÉDITES.

U hôtel d'Armagnac donné au comte de Charolais.

Paris, 21 juillet 1418.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à touz présens et avenir. Que comme pour plusieurs crimes, délys et maléfices notoirement commis et perpétrez envers nous et nostre royal majesté et encontre la chose publique de nostre royaume par feu Bernard, jadis conte d'Armignac, icellui feu Bernard ait esté prins et détenu prisonnier en noz prisons à Paris où il a fine ses derniers jours. Et comme crimineulx de lèze majesté aient esté et soient tous ses biens à nous confisquez et acquis, et mesmement soit aujourd'hui escheue et advenue par le moien de ladicte confiscacion la maison ou hostel où demouroit à son vivant ledit feu conte d'Armignac, appelle à présent Tostel d'Armignac, situez et assiz en nostre dicte ville de Paris près de l'église S. Honnoré, et en puissons faire et disposer à nostre plaisir et voulenté comme de nostre propre chose. Et de la partie de nostre trèscher et trèsanié filz le comte de Charrolois nous ait esté exposé, que icellui nostre filz n'avoit en nostre dicte ville aucun hostel pour lui et pour nostre trèschière et trèsamée fille la contesse de Charrolois logier quant ilz vendront pardevers nous , en nous suppliant humblement que ledit hostel nous voulissions donner et transporter à nostredit filz, etc.

(Suit la donation.)

Donné à Paris le xxf jour de juillet, l'an de grâce

mil ini*^ et xvin et de nostre règne le xxxvI^^ Ainsi signé.

Par le Roy ,

{Arch. de VEmp. Reg. JJ. 170, pièce 160.)

J. MlLET.

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