CLXXXVIII
Discours du corde lier Pierre aux Bœufs dans F église Notre-Dame. — Réi>ocation par réuêque de Paris de la sentence quil a^^ait portée contre le duc de Bourgogne.
Le m* jour de novembre y ot processions et grant assemblée de peuple en l'église Nostre-Dame de Paris , et list le sermon ung cordelier nommé frère Pierre- Aux-Buefs, confesseur de la Royne. Ouquel sermon furent leuez et publiéez les leclres de Tévesque de Paris, en l'absence dudit évesque estant lors en l'abbaye de Saint-Mor des Fossés, pour double de l'épidémie aiant cours à Paris , présens ad ce toutes voiez les vi-
caires et officiers ou conseillers d'icellui évesque, l'arcevesque de Sens, le chancelier, les présidens et conseillers de parlement, le Recteur et pluiseurs maistres de l'Université, les prévost de Paris, prévost des Marchans, esclievins et autres pluiseurs notables gens bnurgois et gens du peuple de Paris. Par la teneur desquelles lettres apparoit que ledit évesque ou ses vicaires avoient déclarées estre nulles, cassées et irritées, et en tant que besoing estoit et d'abondant, cassoient, révoquoient, irritoient et adnulloient les sentences, fulminacions et procès autresfoiz faiz et publiés par led. évesque et ses vicaires à l'encontre du duc de Bourgoingne et ceulz qui avoient esté en sa compaignie en armée devant Paris et ailleurs en pluiseurs parties de ce royaume, en lui aidant et favorisant. Lesquelles sentences, fulminacions et procès avoient pareillement esté publiéez en lad. place à grant assemblée de peuple et d'autres estans eu eschaffaux parez desarges et tapisseriez^ le jour de saint Clément^ xxiii® jour de novembre derrenier passé. Et ainsi cuni pan solempnitate puhlicahatiir antedicta reçocado seu tei'ocatoria littera ciim qua primitus publicabantur fuiminaciones^ processus et sentencie pr édicté y que processer tint occasione disse nsionum civiliurn et bellorum intestinorum in hoc regno^proth dolorljam diu nimium urgencium. Et est viay (|ue environ l'an ccccix, à l'instance et poursuite des gens du conseil du Roy et du duc de Bourgongne estans à Paris, par vertu d'une bulle du pape Urbain, les ducs de Berry, de Bourbon, d'Orléans, le conte d'Armaignac et autres ses favorisans avoient esté publi([uement dénonciez pour excommuniez par les églises et parroisses de Paris et en I 26
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pluiseiirs autres villes de ce royaume. Pareillement çice versa depuis que les dessusd., aptes le département du duc de Bourgongne entrèrent et vindrent à Paris en la compaignie du Roy, à leur instance et dez gens du conseil du Roy à eulz favorisans, furent fais de par le Roy pluiseurs éditz, ordonnances, procès, bannissemens à l'encontre de pluiseurs qui paravant avoient favorisié et favorisoient led. duc de Bourgongne, et entre autres choses, par vertu desd. bulles, à l'instance des dessusd., contre Bourgongne, ledit xxiii^ jour de novembre derrenier passé, comme dit est. Lesquels procès sentences et fulminacions, le m® jour dessusd., à l'instance des gens du conseil du Roy et du duc de Bourgongne estans à Paris, ont esté révoquez, irritez et mis au néant, selon la teneur des lettres dudit évesque de Paris et pour les causes contenues en ycelle. Fa sic ab omnino tr ans lato sacerdocio^ contingebat legis fieri translacionem.
(Reg. XIV du Cons., fol. Ib3). *
Sur Ventrepue de Meulan.
Du samedi 27 mai U19.
Ce jour, le Roy, la Royne, le duc de Bourgongne, acompaigniez de grant nombre de gens d'armes, retournans de la ville de Provins où ilz avoient esté continuelment par l'espace de trois mois ou environ, vindrent ou giste ou chastel du Bois de Vinciennes et le lendemain à Pontoise, en intencion de estre et comparoir le pénultiesme jour de ce mois et es jours ensui-
vans à Meurlenc. Et ou lieu dévoient assembler les François et les Anglois pour entendre aux traicliez de paix et dez mariages autresfoiz pourparlez entre les ambassadeurs du Roy d'une part et les ambassadeurs desdis Anglois d'autre part.
(Reg. XIV du Cons., fol. 186). '*•
Sur le Traité de Pontoise, JuiUet 1410.
Du vendredi 7 juillet 1419.
Ce jour parti de Pontoise le duc de Bourgongne pour venir devers monseigneur le Dauphin à Corbueil.
(Reg. XrVdu Cens., fol. 189.)
Du mercredi 12.
Ce jour vendrent à Paris certaines nouvelles du traictié fait entre monseigneur le Dauphin et le duc de Bourgogne, sur l'apaisement desdébaz et divisions de ce royaume, dont les habitans de l^aris furent touz resjouys. Et incontinent après ces nouvelles oyez, on fist sonner les cloches es églises de Paris et chanter Te Deum laudamus en signe de trèsgranl joye et léesse et ad laudem Dei et furent faiz à Paris par les rues.
{Ibid.)
Le lendemain il y eut procession générale de Notre-Dame à Sainte- Catherine du Val-des-Ecoliers, et le 14 de la Sainte-Chapelle à Sainte- GencYiève,
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Prise de Pontoise.
Lundi dernier jour de jullet vindrent nouvelles de la prinse de Pontoise par les Ânglois, qui montèrent par eschièles sur les murs d'icelle ville, entre un et V heures au matin, aprez ce que les gens qui avoient fait le guet furent départiz.
(Reg. XIV du CoDS., fol. 190.)
CLXXXXII
Nouvelles de Vassassinat de Jean, duc de Bourgogne,
Du lundi XI septembre 1419.
Ce jour, après disner, vindrent premièrement nouvelles en la ville et cité de Paris, de la mort du duc de Bourgoingne, lequel, après les aliances faiclez, juréez et passéez solempnelmenl entre lui d'une part, et le Dauphin de Viennois d'autre part, et pluiseurs barons officiers et serviteurs d une partie et d'autre, et après les traictiez de paix semblablement jurez, passez et accordez par lesdictes parties, publiez en pluiseurs villes et citez de ce royaume, et céans enregistrez le xx' de juilet derr. passé, et après asseurances et seurlés renouvelleez et juréez, estoit au mandement dudit Dauphin de Viennois aie à Monstereau-ou-fourc-d'Yonne, en intencion d'entretenir lesdiz traictiez des aliances, paix et union dessusdictes et pour pourveoir de commun assentement au gouvernement à la garde et con-
servacion de ce royaume, et pour ordonner officiers pour démener et conduire le fait de la guerre et aussi de la justice de ce royaume. Et pour ce faire dévoient convenir et assembler lesd. parties sur le pont dudit lieu de Monstereau. Et, combien que pour aucuns rappors lors vraisemblables et pour aucunes conjectures assez apparens, ledit duc de Bourgoingne doubtant estre déçen, eust délayé aucunement d'assembler audit lieu en la disposicion qu'il estoit et entrer dedens lez barrières où ledit Dauphin en ses gens estoient retrays, néantmoins, confians desdictes aliances et traictiés ainsi solempnelment juréez et des assurances renouveller, afin que on ne lui peust rien imputer et que à lui ne tenist que lesdictes aliances et traictiez ne faussent accompliz , comme mal conseillé , vint le x® jour de ce mois, après disner, sur ledit pont où devoit estre faicte ladicte convencion. Et, environ cinqheures après midy, entra dedens la barrière où ledit Dauphin et ses gens estoient retrais, et en entrant se humilia moult envers ledit Dauphin et lui fist la révérence qu'il appartenoit. Et incontinent après ce que messire Archambaut de Foix, le sire de Saint-George, le sire d'Aulrey, messire Anthoine de Vergy et autres de sa compaignie jusques à dix ou douze, furent dedens ladicte barrière, elle fu fermée et post pauca verba^ exquisita occasione fu tué et mis à mort, en la présence dudit Dauphin, par ses gens et ceulz de sa compagnie, qui long temps ps^ravant avoient machiné ladicte conspiracion , si comme on disoit communément en ladicte ville de Paris. Duquel fait les habitans de la ville de Paris, qui tant avoient esté désirans et joieulx de la publicacion des aliances et traictiez de paix et union dessusdiz,
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espérans yceulz traictiez ainsi solempnelment passez, accordez et jurez estre entretenus et observez, furent moult troublez de Tinfraction desdiz pais, union, asseurances et aliances, et reprindrent par commandement de justice l'enseigne et crois de Saint-Ândry que plusieurs avoient délaissié soubz umbre et en espérance du grant bien que on actendoit des traictiez et aliances dessusdiz. Dont et pour occasion duquel fait, pluiseurs gransinconvéniens et dommages irréparables sont disposez d'advenir et ensuir plus grans que paravant, à la honte dez faiseurs, ou dommage de monditseigneur Dauphin principalment^ qui actendoit le royaume par hoirrie et succession après le Roy nostre souverain seigneur, à quoy il aura mains d'aide et de faveur, et plus d'ennemis et d'adversaires que paravant. Pour occasion duquel fait et choses dessusdictes ainsi avenuez que dit est, lendemain, douziesme jour dudit mois de septembre, furent assemblez en la chambre de parlement le conte de Saint-Pol, lieutenant pour le I\oy, duquel la lieutenance est céans enregistrée, le cbancelier de France, pluiseurs nobles capitaines et gens d'armes , les prévosts de Paris et des Marchans et autres conseillers et officiers du Roy, quarteniers, cinquanteniers, dizeniers, bourgois, manans et habitans de ladicte ville de Paris en grant nombre. Lesquelz firent serement entre autreschoses, c'est assavoir de servir et obéir audit conte de Saint-Pol comme lieutenant dessusdil, de assister et entendre avec lui de tout leur povoir à la garde, conservacion et défense de ladicte ville de Paris et des habitans d'icelle, et généralment à la conservacion et défense de ce royaume ; de résister de corps et de toute puissance au damp-
nable propoz et entreprinse des crimineux , sédicieux et infracteurs de la paix et union de cedit royaume, conspirateurs, coulpables et consentans de la mort et homicide dudit feu duc de Bourgoingne derrenièrement mort ; dénoncier et accuser envers justice tous ceulx qui vouldront soubstenir, aidier et conforter les dessusdiz crimineux, conspirateurs et infracteurs de paix ; de non rendre ladicte ville et de non faire aucune convencion ou Iraiclié parcial sur les choses dessusdictes, sans le consentement l'un de l'autre. Pareillement le conte de Saint-Pol fist serement semblable aux dessusdiz et de non délaissier la ville de Paris, abandonnant, etc. La copie duquel serement, signée par maistre J. de TEspine, notaire du Roy, fu envoiée par ledit conte de Saint-Pol en pluiseurs villes et cités de ce royaume.
(Reg. XIV du Cons., fol. 193.)
CLXXXXIII
Prise de Sens.
Du jeudi 13 juin 1420.
Ce jour vindrent nouvelles à Paris que le roy de France, nostre souverain seigneur, et le roy d'Angleterre, qui tenoient le siège devant la ville de Sens, estoient mardi derrenier passé entrez dedens ladicte ville, qui leur avoit esté rendue et délivrée par les gens de la garnison et babitans d'icelle ville, qui le tenoient auparavant par Charles, soy disant Régent et Dauphin de Viennois.
(Reg. XIV du Cons., fol. 217.)
Jeudi iiii^jour de ce mois de jiillet, y ot processions générales de l'église de Paris à l'église Saint-Martin des Champs, pour prier Dieu pour le bon estât et prospérité du Roy et de son royaume.
(Reg. XVr du Cons. Fol. 218'°.)
CLXXXXIV
Mort cTEustache de Laitre^ chancelier de France,
Du mardi 18 juin 1420.
Ce jour vindrent nouvelles au palais de la mort et trespas de maistre Eustace de Lailre, chancelier de France, esleu évesque de Beauvès, qui le vendredi précédent estoit trespassé épidémie {sic) ou dyocèse de Sens, ou service et en la compaignie du Roy. Et le jour précédent avoit esté dit et relaté communément à Paris que l'élection dudit de Laictre avoit esté confermée par le pape. Qui lui a plus cousté que proufité. LUinam proficiat ad salutem anime^ cui misericorditer parcat Deus justus judex misericors in sempiternum.
(Reg. XIV du Cons., fol. 217'°.)
Entrée des deux reines à Paris.
Du lundi 2 décembre 1420.
Ce jour, les roynes de France et d'Angleterre retournèrent et entrèrent à Paris, lesquelles paravant avoient esté en la ville de Corbueil durant le siège que avoient tenu les roys de France et d'Angleterre devant la ville de Meleun, la quelle avoit esté réduite et re-
mise en la puissance et obéissance du roy de France et dudit roy d'Angleterre, héritier et régent de ce royaume. Lesquelz estoient le jour précédent, premier jour de ce moys, retournez à Paris, acompaignez de pluiseurs ducs, contes, barons et nobles desdiz royaumes de France et d'Angleterre; lesquelz furent moult joyeusement et honnorablement receuz en la ville de Paris, et furent les rues parées et tenduez à grant so- • lempnité, selon la possibilité et puissance des bourf'ois, manans et habitans de ladicte ville de Paris, qui estoient moult diminuez et en toutes manières, tant de nombre de personnes que de leurs chevances, par le fait des gueires et mortalités.
(Reg. XIV du Cons., fol. 224.)
CLXXXXVI
Prise et reprise de Meulan, Du mardi 7 avril 1421.
Ce jour fu faicte défense de par le Roy que sur certaines paines ne renchérist vivres ne marchandises à Paris pour occasion de la prinse de Meurlenc, qui avoit esté et estoit prinse et occupée par les Dauphinois, dimenche v^'jourdece mois d'avril. Qui la rendirent le XV* jour dudit mois aux gens du Roy estant devant en siège.
(Reg. XIV du Cons., fol. 2b0.)
Jeudi XVI® jour d'avril vindrent nouvelles de la recouvrance de Meurlenc , qui avoit esté occupé le V' de
ce mois.
{ibïd.)
CLXXXXVIl
Entrée du roi d'Jn^Ieterre HeJiri VI a Paris. Du vendredi 4 juillet 1421.
Ce jour, le roy d'Angleterre, régent et héritier du royaume de France, qui nouvellement estoit retourné d'Angleterre où il avoit menée et laissée la royne d'Angleterre sa femme, fille du roy de France, vint de Gisors au giste en la ville de Paris, acompaignié de petit nombre d'archiers et gens d'armes. Et disoit on que il faisoit passer son ost et autres gens d'armes en grant nombre à Mante et à Meurlenc, en la compaignie d'un sien frère et du roy d'Escoce, en inlencion de faire guerre aux gens du Dauphin de Viennois qui tenoient, si comme on disoit, siège contre la ville de Chartres. Lesquelz nouvellement, par siège et puissance d'armes, estoient entrez en la ville de Galardon, et, par traictié, en la ville de Nogent-le-Roy.
Du 5.
Ce jour, le roy d'Angleterre, acompaigné des chevaliers du conseil du Roy, des prévosls de Paris et dez Marchans, et d'aucuns segneurs et gens anglois, en peut nombre, vint en l'église Nostre-Dame de Paris.
Mardi viii® jour de jullet, le roy d'Angleterre parti de la ville de Paris, acompaigné de grant nombre de gens d'armes, et ala au giste à Pontoise, en intencion de assembler ses gens d'armes et capitaines pour aler
combatre le Dauphin et ses gens, qui estoient assez près de la ville de Chartres, si comme on disoit.
Ce jour, le Roy et la Royne de France se partirent de Paris et alèrent logier ou chastel du Bois de Vinciennes, en intencion si comme on disoit, de y demourer jusques au retour du roy d'Angleterre aut aliter quousque , etc.
(Reg. XIV duCons., fol. 236.)
CLXXXXVIII
Victoire remportée par le duc de Bourgogne près de Saint-JValery
Lundi premier jour de septembre (1421), la court se leva et parti entre vu et viii heures du Palais, pour aler à l'église TNostre-Dame, où estoient ce jour les processions générales assembléez pour prier Dieu pour le salut et prospérité du Roy et de ce royaume , etc.
Ce jour, vindrent nouvelles qui furent publiéez ou sermon desd. processions, comment le duc de Bourgoingne avoit levé le siège qu'il tenoit devant la ville de Sainl-Riquier, pour aler combatre ses ennemis qui venoient contre lui, ausquelz il estoit venu audevant et les avoit desconfiz et vaincuz en bataille, assez près de la ville de Saint-Wallery, le samedi précédent, xxx^ jour d'aoust.
(Reg. XIV du Cons.jfol. 239'-.)
GLXXXXIX
Prise de Villeneuve sur Yonne,
Du samedi 27 septembre 1421 .
Ce jour, la ville de Villeneusve sur Yonne, ou dyocèse de Sens, fu, par les gens de la garnison d'icelle ville, rendue et mise en Tobéissance du roy d'Angleterre qui tenoit le siège devant ycelle ville , et dist on qu'il n'y tint siège que deux ou trois jours. Et deslors ordonna, si comme on disoit, de faire approuclier ses gens d'armes de la ville et cité de Meaulz, pour y mectre et tenir siège contre les gens de l'adveu du Dauphin estans èsdictes ville et cité , lesquelz avoient par long temps grandement grevé et dommagié les habitans de Paris et du pais environ et autres pluiseurs.
(Règ. XIV du Cons., fol. 241.)
ce
Lettres de Charles FI au duc de Lorraine^ sur le droit d' Henri VI , roi d Angleterre , de lui succéder à la couronne de France,
' . 25 mars 1422. i ♦
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. A nostre ttès chieret amé cousin Charles, duc de Lorrainne et marchis, salut et dileccion. Nous vous faisons savoir que nous avons ordonné à tous noz hommes et féaulz,
qu'ilz vueillent faire sairement qu'ilz tenront et aront après nostre décès nostre trèschier et trèsamé fil Henry, à présent roy d'Angleterre, nostre héritier et régent de France, pour Rois du royaulme de France. Se vous prions, requerr ons trèsacerles et mandons sur la féaulté qu*aveis à nous, toute lonour et plaisir que nous désirés affaire, que ledit sairement veiulliés faire, en tant que touche à la condicion et nature du fief que tenés de nous. De ce faire vous donnons licence, pleine puissance, auctorité, mandement et commandement espécial. Donné etc. le xxv^ jour de mars, l'an de grâce mil quatre cens et vingt et ung avant Pasques, et de nostre règne le xlii®.
(IMiuute sur papier. — Bibl. imp. fs Moreau 1423, pièce 109.)
CGI
Dons faits à Perrinet Leclerc et à ses complices.
Meaux, 30 mars 1422.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à tou'j présens et avenir, que nous, aians considéracion à ce que Jehan de Lisle et Michel le Maçon , prestres , nostre amé et féal clerc , notaire et secrétaire maistre Grégoire Ferrebouc , Perrinet le Clerc, Guillaume de Foletemps, Jehan Dieuparl, Guillaume Bourdin, Jehan Gile, nostre varlet de chambre, et Mathieu Holant , habitans de nostre ville de Paris, furent cause de faire ouverture et baillier entrée en nostredicte ville aus gens de feu nostre trèschier et trèsamé cousin Jehan, en son vivant duc de Bourgongne, en fan mil
un'' xvni, oiiquel temps nous estions détenus es nnains et puissance de plusieurs rebelles et désobeissans à nous....
(Don à chîicun de 200 p. de revenu ou 2000 une fois payées, à prendre sur les confiscations.)
Donné àMeaulx, lexxx^ jour de mars, Tan de grâce mil luf XXI et avant Pasques, et de nostre règne le xLii®. Ainsy signé. Par le Roy, à la relacion du conseil tenu par le Roy, héritier et régent de France.
J. MlLET.
(Jrch. deTEmp. Reg.JJ. 172, pièce 64.)
Extraits d'un compte d'une taille de marcs d^ argent mise sur la ville de Paris.
L'an U21.
C'est un vol. in-4° en parchemin, de 136 feuillets, conservé aux Archives de l'Empire , sous la cote KK 323. Nous en avons tiré tout ce qui nous a paru le plus utile, en ayant soin de faire précéder chaque article extrait, du folio du manuscrit.
Fol. 1.
Charles, par la grâce de Dieu Roy de France. A nos amez et féaulx conseilliersles gouverneurs de toutes noz finances , tant de demaine comme des aides, aians cours pour la guerre, salut et dilection. Savoir vous faisons que pour la bonne relacion qui faicte nous a esté de la loyaulte et bonne diligence de Jehan Courtillier, changeur et bourgois de Paris, icelluy, par l'advis de nostre Conseil, avons commis et ordonné, commectons et ordonnons par ces présentes , à ceuil- Hr et recevoir les mars d'argent ordonnez estre levez
pour l'admendement de noz monnoies, es quartiers de Guillaume de Buymont, Lambert Kalhelin et Michiel le Moyne, en nostre ville de Paris, à telz gaiges et prouffiz qui par nous en nostre Conseil lui seront tauxez et ordonnez. Si vous mandons, etc....
Donné à Paris le xxiiif jour de mars. Tan de grâce mil ccccxxi.
Mandement des gouverneurs des finances à ce sujet ^ portant au ils ont reçu le serment du comptable.
Paris, 2 avril li2!.
Charles , par la grâce de Dieu Roy de France. A noz amez et féaulx conseilliers les gens de noz comptes à Paris et les trésoriers et généra ulx gouverneurs de toutes noz finances, salut et dilection. Reçeue avons la supplicacion de nostre amé Jehan Courtillier , commis de par nous à recevoir une partie des mars d'argent pieçà par nous et nostre grant conseil ordonnez estre ceuilliz et levez en noslre ville de Paris pour l'amélioracion de noz monnoyes, contenant : Que comme les imposez et assiz ausdiz mars d'argent es mectes de sa recepte soient venus devers lui pour paier leur impôt desdiz mars d'argent en plusieurs et diverses manières, tant en argent du nouveau poinsson , du vieil poisson et d'autre de dehors et en fretin (ou; en billon à deniers et à grains et aussi en argent comptant (de) cent solz parisis par marc. Et il soit ainsi que aucune ordonnance ne lui ait esté baillée sur ce déclarative desd. manières , fors seulement de recevoir lesdiz mars d'argent en termes généraulz; pour quoy il se double que à la reddicion de ses comptes ce ne lui soit préjudi-
416 • . PIÈCES IISÉDITES.
ciable se sur ce ne lui estoit par nous pourveu de remède convenable, requérant humblement icellui. Pour ce est-il que nous, ces choses considérées et voulans tousjours le plus que nous povons envers noz bons et loyaulx subgiez préférer doulceur à rigueur. Et mesmement que longtemps a ils ont eu moult de pertes et dommaiges pour le fait de noz guerres, avons par Tadvis et délibéracion de nostre grand conseil , voulu et ordonné , voulons et ordonnons par ces présentes , que lesdiz imposez ne soient aucunement contrains de paier leur assiette en autre argent que ainsi qu'ilz en ont peu et pourront finer selon les manières dessus dictes. Et que ledit receveur soit tenu pour quicte en nous rendant ou à noz commis , les diz mars d'argent par lui receuz ou à recevoir, en telle espesse et nature qu'il les a receuz. Dont nous voulons qu il soit creu par son serement. Si voulons et vous mandons et à chascunde vous si comme il appartendra, que ledit Jehan Courtillier vous faites , souffrez et laissiez joyr et user de nostre présent octroy plainement et paisiblement , sans lui faire ne souffrir estre fait aucun destourbier ou empeschement au contraire. Donné à Paris le xf jour de mars , Tan de grâce mil cccc vingt el ung et de nostre règne le xlh". Ainsi signées. Par le Roy, à la relacion du Grant Conseil,
Bordes.
Lettres d'attache des trésoriers et gouçerjieurs généraux
des finances.
Fol. 4.
Paris, 26 septembre 1422.
(Fol. 2.)
Compte de Jehan Courtillier j changeur et bourgois de Paris , par le Roy nostresire et par ses lettres données le xxnif jour de mars mil cccc xxi expédiées le if jour d'avril ensuivant oudit an, desquelles la coppie est escripte au commencement de ce présent compte , commis à ceuillir et recevoir sur les églises , collieges, prélas et autres gens d'église, nobles, bourgois, manans et habitans de la bonne ville de Paris es quartiers Guillaume de Buymont, ?viichiel le Moyne et Lambert Kalhelin, esquelz quartiers est comprinse la Cité et tout ce qui est outre la rivière de Seine du costé de l'Université, les mars d'argent ordonnez estre levez esdiz trois quartiers en ensuivant la délibéracion et appointement prins par les gens des Trois Estas assamblez pour ce ou mois de décembre mil cccc xxi en ladicte ville de Paris devers le Roy nostredit seigneur et le Roi d'Angleterre héritier et régent de France, par lesquelles gens des Trois Estas fut conclut et accordé certaine quantité de mars d'argent estre cueilliz et levez généraulment par tout le royaume de France sur tous les subgez , manans et habitans d'icellui, de quelque estât ou condicion qu'ilz soient, ayans puissance de y contribuer , et sur chascun d'eux selon son estât et faculté , pour iceulx mars d'argent tourner, convertir et employer en l'amélioration de la monnoye nostredit seigneur. Ladicte recepte faicte par le-
dit commis selon la forme et teneur de certain kayer de pappier contenant xxv feuilles en escripture , audit Jehan Courtillié baillié par révérend père en Dieu monseigneur l'évesque de Beauvais, et Jean de Pressy, conseiller du Roy nostredit seigneur. ( Fol. 4^°.)
Fol. 5. Recepte.
QUARTIER GUILLAUME BUYMONT.
Dudit Guillaume Buymont quartenier assis oudit quartier à ung marc d'argent.
cmQUATn:AiiŒ jehan de thoury.
Fol. .V°. Dixaine Jean Le Beau,
W Gilles des Moulins 20 marcs.
Jehannetle de Hollande, pati-
nière ^ onces.