‹ Choix de poèmes;Chapitre 3 sur 95 · L'ABREUVOIR · texte numérisé non relu

L'ABREUVOIR

En un creux de terrain aussi profond qu'un antre,

Les étangs s'étalaient dans leur sommeil moiré.

Et servaient d'abreuvoir au bétail bigarré.

Qui s'y baignait, le corps dans l'eau jusqu'à mi-vontre

Les troupeaux descendaient, par des chemins penchants : Vaches à pas très lents, chevaux menés à l'amble. Et les bœufs noirs et roux qui souvent, tous ensemble, Beuglaient, le cou tendu, vers les soleils couchants.

Tout s'anéantissait dans la mort coutumière.

Dans la chute du jour : couleurs, parfums, lumière,

Explosions de sève et splendeurs d'horizons;

LES FLAtlANDBS l3

Des brouillards s'étendaient en linceuls aux moissons, Des routes s'enfonçaient dans le soir — infinies, Et les grands bœufs semblaient râler ces agonies.

Page 1