‹ Choix de poèmes;Chapitre 9 sur 95 · CROQUIS DE CLOITRE · texte numérisé non relu

CROQUIS DE CLOITRE

Sous un pesant repos d'après-midi vermeil. Les stalles, en vieux chêne éteint, sont alignées. Et le jour traversant les fenêtres ignées Etale, au fond du chœur, des nattes de soleil.

Et les moines dans leurs coules toutes les mêmes,

— Mêmes plis sur leur manche et mômes sur leur froc.

Môme raideur et même attitude de roc —

Sont là, debout, muets, plantés sur deux rangs blêmes

Et l'on s'attend à voir ces immobilités Brusquement se disjoindre et les versets chantés Rompre, à tonnantes voix, ces silences qui pèsent ;

Mais rien ne bouge au long du sombre mur qui fuit. Et les heures s'en vont, par le couvent, sans bruit, Et toujours et toujours les grands moines se taisent.

LES SOIRS

A Georges Rodenhach.

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