REPONSE
On dit qu'au ciel là haut, au devant de la porte, 11 y a deux tonneaux de différente sorte : L'un est plein de tous biens, l'autre est plein de tous maux1 Que Dieu répand çà bas sur tous les animaux * : Il nous donne le mal avecque la main dextre, Et le bien chichement avecaue la sénestre 3. Si faut-il prendre à gré ce qui vient de sa part : Car sans notre congé ses dons il nous départ.
Les poètes premiers dont la gloire connue A défié les ans, avaient mauvaise vue : Thamyre, Tïrésie, Homère, et celui-là Qui au prix de ses yeux contre Hélène parla 4 ; Et ceux de notre temps à qui la Muse insigne Aspire5, vont portant la sourdesse pour signe : Témoin est du Reliai* comme moi demi-sourd, Dont Thonneur mérité par tout le monde court.
Pourquoi fais-tu courir si faussement de moi \ Que je suis un athée infidèle et sans loi? \Si tu es si ardent et si brûlé d'envie
D'informer de mes mœurs, de mon fait, de ma vie,
Je ne suis inconnu : tu pourras aisément v
Savoir quel j'ai vécu dès le commencement.
J'ai suivi les grands rois, j'ai sujvi les grands princes,
J'ai pratiqué les mœurs des étranges provinces
J'ai longtemps écolier à Paris habité6;
Là tu pourras savoir de moi ^ la vérité;
Lors tu pourras juger, sans plus me taire injure,
» Allégorie emprunté* à Homère. InCamis Helen» Gwtor otttmm *k
a Animaux : êtres an me». «£» « ^ ^^ IuBin,
* Sénestre : gauche; do latin , rtnirtn». Hd*a.c«, *!«*, X vu. j» )
* Stésichore, né à Himère en Sicile.
Castor et Pollux l'aveuglèrent parce * Ceux que la Muse anime des»
qu'il avait écrit des vers contre leur souffle.
.œur Hélène, cause de la guerre de * Pour ces détails, wjf. U \* *
Troie. Quand il eu* chanté la palino* Ronsard.
die, ils lui rendirent l'usage de la vue. ' De moi : Sur moi.
*ar la seule raison, non par la conjecture.
Ne conclus plus ainsi : Ronsard est bien appris, I a vu l'Évangile, il a vu nos écrits r
:t n'est pas huguenot, il est donques athée : / *elle conclusion est faussement jetée :
!ar tous les bons esprits n'ensuivent point tes pas, :t toutefois sans Dieu vivants ils ne sont pas : "elle injure redonde aux plus grands « de l'Europe, >ont à peine de mille un s'enrôle en ta trope.
'ai le chef élevé pour voir et pour connaître >e ce grand univers le seigneur et le maître : lar en voyant du ciel Tordre qui point ne faut, 'ai le cœur assuré qu'un moteur est là-haut, )ui tout sage et tout bon gouverne cet empire, lomme un pilote en mer gouverne son navire ; :t que ce grand palais, si largement voûté, >e son divin ouvrier ensuit la volonté.
Or, ce Dieu tout-puissant, plein d'éternelle essence, 'out rempli de vertu, de bonté, de puissance, l'immense majesté, qui voit tout, qui sait tout, ans nul commencement, sans milieu, ni sans bout, >ont la divinité très-royale et suprême ?a besoin d'autre bien sinon de son bien même, e commençant par elle,et finissant en soi ; ref, ce prince éternel, ce seigneur, et ce roi, >uî des peuples le père et le pasteur se nomme, yant compassion des misères de l'homme, t désirant qu'il fût du péché triomphant, tx ce monde envoya son cher unique enfant, ternel comme lui et de la même essence, yant du père sien la gloire et la puissance.
» Redonde aux plus grands : retombe sur les plus grands...
448 BBPORSS
Or ce fils bien-aimé qu'on nomme Jésus-Christ, (Au ventre virginal conçu du saint-Esprit) Vêtit sa déité d'une nature humaine, Et sans péché,- porta de nos péchés la peine ; Publiquement au peuple en ce monde prêcha ; De son père l'honneur non le sien il chercha, Et, sans conduire aux champs ni soldats, ni armées, fit germer l'Évangile aux terres Idumées. Il fut accompagné de douze seulement, Mal logé, mal vêtu, vivant très-pauvrement, (Bien que tout fût à lui de l'un à l'autre pôle) Il fut très-admirable en œuvre et en parole, Aux morts il fit revoir la clarté de nos deux, Rendit l'oreille aux sourds, aux aveugles les yeux ; Il soûla de cinq pains les troupes vagabondes, Il arrêta les vents, il marcha sur les ondes, Et de son corps divin, mortellement vêtu x , Les miracles sortaient, témoins de sa vertu.
Le peuple qui avait la cervelle endurcie, Le fit mourir en croix, suivant la prophétie ; Il fut mis au tombeau, puis il ressuscita ; Puis, porté dans le ciel, à la dextre monta De son père là haut, et n'en doit point descendre Visible, que ce monde il ne consume en cendre.
Quand vainqueur de la mort dans le ciel se haussa, Pour gouverner les siens une Église laissa, A qui donna pouvoir de lier et dissoudre, D'accuser, de juger, de damner et d'absoudre, Promettant que toujours avec elle serait, Et, comme son époux, ne la délaisserait.
Cette Église première, en Jésus-Christ fondée, Pleine d'un saint esprit, s'apparut en Judée :
1 Mortellement vêtu : vêtu d'une enveloppe mortelle...
is saint Paul, le vaisseau » de grâce et de savoir, fit ardentement en Grèce recevoir ; is elle vint à Rome, et de là fut portée ;n loin aux quatre parts de la terre habitée.
Cette Église nous est par la tradition
; père en fils laissée en toute nation
ur bonne et légitime, et venant des Apôtres :
ule la confessons, sans en recevoir d'autres.
Elle, pleine de grâce et de l'esprit de Dieu,
loisit quatre témoins, saint Jean, Luc, Marc, Matthieu,
tcrétaires de Christ, et, pour les faire croire,
jx peuples baptisés approuva leur histoire.
Sitôt qu'elle eut rangé les villes et les rois, )ur maintenir le peuple, elle ordonna des lois, t afin de coller les provinces unies, Dmme un ciment bien fort, fit des cérémonies, ins lesquelles longtemps en toute région e se pourrait garder nulle religion.
Certes il faut penser que ceux du premier âge, lus que ceux d'aujourd'hui avaient le cerveau sage, t que par ignorance ils n'ont jamais failli : ar leur siècle n'était d'ignorance assailli.
Or, cette Église fut dès longtemps figurée ar l'arche qui flottait dessus l'onde azurée, uand Dieu ne pardonnait qu'aux hommes qui étaient ntrés au fond d'icelle, et dans elle habitaient : e reste fut la proie et le jouet de Ponde, lue le ciel déborda a pour se venger du monde : ussi l'homme ne peut en terre être sauvé, 'il n'est dedans le sein de l'Église trouvé ;
1 raisseau: vase. ' Déborda: fit déborder.
4&0 BÉPOHSR
Si comme on citoyen n'habite dedans elle,
Ou s'il cherche autre part autre maison nouvelle.
Il est vrai que le temps qui tout change et détruit, A mille et mille abus en l'Église introduit, Enfantés d'ignorance,et couvés sous la targe ' , Des prélats ocieux qui en avaient la charge.
Je sais que nos pasteurs ont souhaité la peau Plus qu'ils n'ont * la santé de leur pauvre troupeau; Je sais que des abbés la cuisine trop riche A laissé du Seigneur tomber la vigne en friche ; Je vois bien que l'ivraie étouffe le bon blé, Et si n'ai pas l'esprit si gros ni si troublé, Que je ne sente bien que l'Église première , Par le temps, a perdu beaucoup de sa lumière.
Tant s'en faut que je veuille aux abus demeurer, Que je me veux du tout des abus séparer, Des abus que je hais, que j'abhorre et méprise : Je ne me veux pourtant séparer de l'Église, Ni ne ferai jamais : plutôt par' mille efforts Je voudrais endurer l'horreur de mille-morts.
Gomme un bon laboureur, qui par sa diligence Sépare les bourriers de la bonne semence, II faut comme en un van de l'Église trier Les abus , les jeter, et non la décrier, Et non s'en séparer, mais fermement la suivre, Et dedans son giron toujours mourir et vivre.
Donc, si je suis athée en suivant cette loi, La faute est à mon père, et le blâme est à moi.
Tu dis en vomissant dessus moi ta malice,
1 Targe : bouclier. ' Ellipse, de soukmité*
Que j'ai fait d'un grand bouc à Bacchus sacrifice Tu mens impudemment : cinquante gens de bien Qui étaient au banquet diront qu'il n'en est rien (*).
Muses, qui habitez de Parnasse la croupe, Filles de Jupiter, qui allez neuf en troupe, . Venez, et repoussez par vos belles chansons, L'injure faite à vous et à vos nourrissons.
Jodelle ayant gagné par une voix hardie L'honneur que l'homme grec donne à la tragédie, / Pour avoir, en haussant le bas style françois, { Contenté doctement les oreilles des rois : La brigade qui lors au ciel levait la tête, Quand le temps permettait une licence honnête , Honorant son esprit gaillard et bien appris, Lui fit présent d'un bouc, des tragiques le prix >.
Jà la nappe était mise, et la table garnie Se bordait d'une sainte et docte compagnie, Quand deux ou trois ensemble, en riant, ont poussé Le père du troupeau, à long poil hérissé : ■ 11 venait à grands pas, ayant la barbe peinte , D'un chapelet de fleurs la tête il avait ceinte, Le bouquet sur l'oreille, et bien fier se sentait De quoi telle jeunesse ainsi le présentait ; Puis il fut rejeté pour chose méprisée,
» Carminé qui tragfco «H«m rertaritob hirrmn...
( Hoe., Epùt. ad Pis., tio.) LA, le vin et U Joie échauffant les esprits, Da plus habile chantre un bouc était le prix.
( BotLtATi, Art Poit., III.)
(*) On avait accusé Ronsard et les poètes de la Pléiade d'avoir célébré les succès de leur ami Jodelle par une cérémonie mythologique et le sacrifice d'un bouc. L'anecdote, en admettant sa rigoureuse exactitude, témoignerait simplement d'une sorte de fanatisme littéraire, qui n'a rion de commun avec une impiété. L'envie seule et la méchanceté pouvaient y .Ict ouvrir l'intention de restaurer les croyances et le culte du paganisme.
4M JKEPOnSE
Après qu'il eut servi d'une longue risée, Et non sacrifié, comme tu dis, menteur, De telle fausse bourde impudent inventeur.
Tu te plains, d'autre part, que ma vie est lascive, En délices, en jeux, en vices excessive : Tu mens méchantement; si tu m'avais suivi Deux mois, tu saurais bien en quel état je vis. Or, je veux que ma vie en écrit apparaisse, Afin que pour menteur un chacun te connaisse.
M'éveillant au matin, devant que faire rien, J'invoque l'Éternel, le père de tout bien, Le priant humblement de me donner sa grâce, Et que le jour naissant sans l'offenser se passe : Qu'il chasse toute secte et toute erreur de moi , Qu'il me veuille garder en ma première foi, Sans entreprendre rien qui blesse ma province, Très-humble observateur des lois et de mon prince.
Après je sors du lit, et quand je suis vêtu Je me range à l'étude, et apprends la vertu, Composant et lisant, suivant la destinée Qui s'est dès mon enfance aux Muses inclinée : Quatre ou cinq heures seul je m'arrête enfermé ; Puis sentant mon esprit de trop lire assommé, J'abandonne le livre, et m'en vais à l'Église ; Au retour pour plaisir une heure je devise ; De là je viens dîner, faisant sobre repas, Je rends grâces à Dieu : au reste, je m'ébats.
Car si l'après dînée est plaisante et sereine, Je m'en vais promener, tantôt parmi la plaine, Tantôt en un village, et tantôt en un bois, Et tantôt par les lieux solitaires et cois '.
1 Cois .• tranquilles, solitaires ; du latin, quietui.
l'aime fort les jardins qui sentent le sauvage, l'aime le flot de l'eau qui gazouille au rivage.
Là, devisant sur l'herbe, avec un mien ami, Je me suis par les fleurs bien souvent endormi, A l'ombrage d'un saule, ou, lisant dans un livre. J'ai cherché le moyen de me faire revivre, Tout pur d'ambition, et des soucis cuisants. Misérables bourreaux d'un tas de médisants Qui font (comme ravis *) les prophètes en France, Pipant les grands seigneurs d'une belle apparence*. ,
Mais quand le ciel est triste et tout noir d'épaisseur, Et qu'il ne fait aux champs ni plaisant ni bien seur, Je cherche compagnie, ou je joue à la prime, Je voltige, ou je saute, ou je lutte, ou j'escrime, Je dis le mot pour rire, et, à la vérité, Je ne loge chez moi trop de sévérité.
, Puis, quand la nuit brunette a rangé les étoiles, Encourtinant3 le ciel et la terre de voiles, Sans souci je me couche, et là, levant les yeux Et Ja bouche et le cœur vers la voûte des cieux, Je fais mon oraison, priant la bonté haute De vouloir pardonner doucement à ma faute. Au reste je ne suis ni mutin ni méchant, Qui fais croire ma loi par le glaive tranchant : Voilà comme je vis, si ta vie est meilleure, Je n'en suis envieux, et soit à la bonne heure.
Tu dis que pour jaser et gausser * à mon aise, Et non pour m'amender, j'allais ouïr de Bèze. Un jour étant pensif, me voulant défâcher,
1 Ravis : inspirés. » Encourtinant : enveloppant.
5 Par une belle apparence. * Gausser : me moqaer.
454 BEPORSE
Passant par Saint-Marceau, je l'allai voir prêcher;
Et là me servit bien la sourdesse bénigne :
Car rien en mon cerveau n'entra de sa doctrine.
Je m'en retournai franc comme j'étais venu,
Et ne vis seulement que son grand front chenu * ,
Et sa barbe fourchue et ses mains renversées,
Qui promettaient le ciel aux troupes amassées :
Il donnait paradis au peuple d'alentour,
Et si pensait que Dieu lui en dût de retour.
Je m'échappai du prêche, ainsi que du naufrage
S'échappe le marchand qui, du bord du rivage,
Regarde sûrement la tempête et les vents
Et les grands flots bossus, écumants et mouvants * !
IN on pas qu'il soit joyeux de voir la vague perse 3
Porter ses compagnons noyés à la renverse,
Ou de voir le butin , ou les frêles morceaux
Du bateau tournoyés sur l'échiné des eaux :
Mais dedans son courage une joie il sent naître,
Voyant du bord prochain le danger sans y être.
Tu dis que si nos rois revenaient du tombeau, Ils se diraient heureux de voir le grand flambeau De ta secte allumé par la France oppressée, Et d'y voir de Calvin l'Évangile annoncée. Ah! terre, crève toi «! qui maintenant jouis De nos rois, et nous rends cet onzième Louis, Tel qu'il était alors qu'au bout de sa barrette s Portait dedans du plomb Notre Dame portraite.
Crève-toi, rends ce prince ; ah ! qu'il seroit marri
» Chenu : blanc. » Perte : verd&tre.
» Suave, mari magoo, turbantibus aequora 4 Crève toi : ranc toi.
[yentu, & Barrette : coiffta re, bonnet. U*» v
B terra magnum alterius apectare lahorem... portait «or Ma bonnet «OC IgiR H
f Luc* ici. De rmr. nmt.. II. 1-S.l nlnmh île la Vierte.
1 Mpiim iiKnn i|Rvure iiwim».,, portait BUr SOU DOOI
(Lvcaàca, De rwr. mmt.. II. 1-S.) plomb de la Vierge.
De voir, impiété! l'église de Cléry,
Sa dévote maison, détruite et saccagée,
Ayant souffert l'horreur d'une main enragée,
Sans lampes, sans autels, comme un lieu désolé,
Désert, inhabité, que la foudre a brûlé (*) ;
Ou comme on voit au camp, sur le bord des frontières,
Une grange où logeaient les enseignes guerrières,
Sans clef, sans gond, sans porte, et sans faite couvert,
Les pignons embrasés et tout le mur ouvert,
Et la place où Cérès gardait sa gerbe en presse,
Être pleine de fiente et de litière épaisse.
En Fart de poésie un art il ne faut pas Tel qu'ont les prédicantg, qui suivent pas à pas Leur sermon su par cœur, ou tel qu'il faut en prose, Où toujours l'orateur suit le fil d'une chose.
As-tu point vu voler en la prime saison L'avette1 , qui de fleurs enrichit sa maison ?
Tantôt le beau narcisse, et tantôt elle embrasse Le vermeil hyacinte, et sans suivre une trace, Erre de pré en pré, de jardin en jardin , Chargeant un » doux fardeau de mélisse ou de thym ?
Ainsi le bon esprit que la Muse époinçonne, Porté de la fureur, sur Parnasse moissonne Les fleurs de toutes parts, errant de tous côtés. En ce point par les champs de Rome étaient portés Le damoiseau 3 Tibulle, et celui qui fit dire Les chansons des Grégeois à sa romaine lyre *.
1 L'aveitê: l'abeille. * Damoiseau : galant.
* Chargeant un ; m chargeant d'an. * Horare.
(*) L'Église de N.-D. de Cléry (département du Loiret), construite par Louis XI et dans laquelle était place le tombeau de ce roi, fut ravagée par les calvinistes, en 1503.
456 BÉPONSE
Tels ne furent jamais les versificateurs,
Des Muses avortons, ni tous ces imposteurs
Dont l'ardente fureur d'Apollon n'a saisie *
L'âme d'une gentille et docte frénésie :
Tel bien ne se promet aux hommes vicieux,
Mais aux hommes bien nés qui sont aimés des deux.
Aussitôt que la Muse eut enflé mon courage, M'agitant brusquement d'une gentille rage, Je sentis dans mon cœur un sang plus généreux, Plus chaud et plus gaillard qui me fit amoureux. A vingt ans je fus pris d'une belle maltresse, Et voulant par écrit témoigner ma détresse, Je vis que des Français le langage trop bas A terre se traînait, sans ordre ni compas1 : Adonques pour hausser ma langue maternelle, Indompté du labeur, je travaillai pour elle ; Je fis des mots nouveaux, je rappelai les vieux, Si bien que son renom je poussai jusqu'aux cieux Je fis d'autre façon que n'avaient les antiques », Vocables 3 composés et phrases poétiques. Et mis la poésie en tel ordre qu'après Le Français fut égal aux Romains et aux Grecs.
Or, quand Paris avait sa muraille assiégée, Et que la guerre était en ses faubourgs logée, Et que les morions 4 et les glaives tranchants Reluiraient en la ville, et reluisaient aux champs, Voyant le laboureur tout pensif et tout morne, L'un traîner en pleurant sa vache par la corne, L'autre porter au cou ses enfants et son lit,
} Compas : règle, mesure. 3 Vocables : mota; do latte,
3 Les anciens poètes français. * Motions : casques.
A QUELQUE MINISTBE. 4*7
Fe m'enferme trois jours, renfrogné de dépit, Et, prenant le papier et l'encre, de colère, De ce temps malheureux j'écrivis la misère, Blâmant les prédicants, qui seuls avaient prêché Que par le fer mutin le peuple fût tranché ; Blâmant les assassins, les voleurs et l'outrage Des hommes réformés, cruels en brigandage : Sans souffrir toutefois ma plume s'attacher A.ux seigneurs « dont le nom m'est vénérable et cher.
1 Allusion aux seigneurs de Coligni, protecteurs de Ronsard.