DE LA JEUNE AMIE D^UN SIEN AMI C
La génisse n'est assez drue :
Attends que ses ans soient venus ; ni forte assez à la charrue, Ni pour le taureau qui se rue Lourdement aux jeux de Vénus.
~Ains mêlée avecque les veaux.
Folâtre d'une course vite, Ou dessous les saules nouveaux Se vautre à Tombre, ou près des eaux Les flammes du soleil évite.
Jamais n'endure qu'on la touche, Fuyant à bonds comme un chevreau, Ck>nu)[ie un jeune chevreau farouche.
Qui par le printemps s'escarmouciie Sur le tapis d'un verd préau.
Ne sois envieux du désir Des raisins trop verts, car l'automne
. i") paraplirase d'Horace , ' Orf. , I, 5.
526 POÉSIES DIVmSES*
Les mûrira tout à loisir; Lors tu pourras à ton ptaisir Manger la grappe mûre et tMmne.
Le temps ravissant ton vert âge Le lui donn'ra : voilà le point Gomme elle croîtra davantage, Tirant un gain de ton dommage, Donunage que l'on ne sent point.
Jà me semble que je la voi Mignarde en ton giron assise.
Te jurer étemelle foi, Et ne savoir partir de toi.
Tant en toi son cœur aura mise.
De toi pensive et idolâtre Tadorera quelque matin; Je prévois ta main qui folâtra Déjà sur sa cuisse d*âlbâtre.
Et sur Tun et l'autre tetin.
Mais quoi! pour néant tu prétends De vouloir violenter ores L'inexorable loi du temps, . Qui le plaisir que tu attends Ne te veut pas donner encore.