‹ Choix de poésies de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 3 sur 127 · ÉLÉGIE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE

Des princes, f es acquis louange par la plume, AlloDgeant au tombeau d'un renom éciairci Les ans victorieux de ton âge accourci.

Ta peine toutefois par ton livre semée Se fût en l'air perdue, ainsi qu'une fumée, Si le tien Villeroy, des muses le support, ^'eût arraché ton fils des griffes de la mort, Et ravi de ta cendre '. Ainsi la main fidèle De Silène sauva du ventre de Sémèle Bacchus, germe imparfait, par la foudre avorté. Et, si le sentiment là-bas ne t'est ôté , Aggravé > de la tombe et de la froide cendre Tu dois pour récompense un grand merci lui rendre , D'avoir forcé ta mort, ainsi qu'Hercule fit Jadis celle d'Alceste^ et cela nous suffit A tous deux, Villeroy, pour donner à connaître Que les bons serviteurs aiment toujours leur maître.

' Ravi de ta cendre : Et saavè do ton > Aggravé : chargé, Appesanti, bfteher.

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